Critique de film

A l'intérieur

"A l'intérieur"
affiche du film
  • Genre : Thriller - Survival
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Alexandre Bustillo et Julien Maury
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 1h20
  • Budget : 3 millions de dollars
  • Scénariste : Alexandre Bustillo et Julien Maury
  • Musique : François Eudes
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Alysson Paradis, Béatrice Dalle, Nicolas Duvauchelle, Aymen Saïdi, François-Régis Marchasson
  • Récompenses : Prix du meilleur maquillage à Sitgès (2007)

Depuis la mort tragique de son mari dans un accident de voiture, Sarah est seule et malgré une mère omniprésente, c'est seule qu'elle passera son réveillon de Noël. Seule et enceinte. Cette nuit est la dernière que la jeune femme passera chez elle. Le lendemain matin, celle-ci doit entrer à l'hôpital pour accoucher. Dans sa maison, tout est calme. Jusqu'au moment où quelqu'un vient frapper à sa porte. Derrière, une femme prête à tout pour arracher l'enfant qu'elle porte en elle...

Les critiques à propos de ce film

Critique de A l’intérieur - Accouchement sans péridurale...
Par : Seb Lecocq




A l’Intérieur ou comment un journaliste de Mad Movies dynamite le cinéma de genre français. Jusqu’ici dans le paysage cinématographique horrifique français, il y avait Haute Tension, maintenant il y aura A l’Intérieur. Les deux jeunes réalisateurs que sont Alexandre Bustillo et Julien Maury ont réussi là un gros coup en signant, en France, un film d’horreur gore, brutal et hyper premier degré. Leur film parvient à mixer avec bonheur deux des grandes écoles de l’horreur : gore crasseux et tension. Le film commence lentement, par des scènes d’exposition bien amenées, permettant de mieux connaître le personnage principal, une jeune femme enceinte traumatisée par la mort de son mari dans un accident de la route. Impact de l’accident très bien rendu d’ailleurs grâce à un procédé astucieux et assez original. Le film est d’ores et déjà sur les bons rails.

Ensuite le quart d’heure suivant installe une ambiance étrange, pesante et presque malsaine même : on sent que quelque chose se trame, une présence néfaste rôde à l’extérieur.... Une fois cette introduction passée, surviennent les premiers signes de violence et là, le ton est donné. Ca va gicler grave et Alysson Paradis va morfler sévère. Et effectivement le sang va éclabousser jusqu’à la fin du film, accompagné de vrai gore qui tache très frontal absolument pas sabordé par un montage ultra cut (pas à la Saw III quoi !). Mais, et j’insiste sur ce « mais », ce n’est pas pour cette raison que le film verse dans le grand guignol. C’est gore oui mais ça reste tendu et sérieux tout au long. Les deux réalisateurs n’ont pas une approche du gore à la Peter Jackson qui fait du gore rigolard, eux ont plutôt privilégié un gore "giallesque et latin" imitant un cinéma rital qui évolue toujours sur le fil du rasoir… A l’Interieur est aussi un film permettant de bien cerner le mal profond qu’ont fait les films "d’horreurs grand public" initié par les Scream et autre néo-slashers. Le public lambda ne voit plus l’horreur que comme un genre mineur et rigolo, la violence démonstrative ne fait plus peur et c’est bien dommage. Mais le film du duo français est là pour remettre les pendules à l’heure et démontrer que oui la violence fait mal et le gore peut faire peur. Après, il ne faut pas oublier qu’À l’Intérieur n’est qu’un premier film et que, en tant que tel, il n’est pas parfait et paraît même bourré de menus défauts. La narration est parfois un peu disloquée et passe du coq à l’âne sans qu’on sache toujours pourquoi, le film est parfois un peu perdu au milieu de toutes ses bonnes intentions et ne sait pas toujours sur quel pied danser lors de certains passages tant les deux gaillards ont voulu mettre plein de choses à l’intérieur (c’est le cas de le dire - ndlr). Mais pas de panique cela n’entrave en rien le plaisir pris lors de la vision du film. Le gros point noir du film est ailleurs, dans la bande son qui est par moment vraiment insupportable : au bout d’une demi-heure, on a la tête comme un seau... Un bien maigre bémol pour un film bourré jusqu’à la gueule de qualités indéniables.

Les bons points venons-y justement. Les deux comédiennes sont impeccables, Alysson Paradis en tête, qui se tire à merveille d’un rôle pas facile à aborder sur papier mais son interprétation sur le fil en fait une amazone urbaine plus qu’une nouvelle scream queen de plus. Excellente prestation de la petite soeur de Vanessa. La mise en scène est bonne, utilise à fond la topographie des lieux et gère correctement l’entrée des différents personnages. L’ensemble est trés noir et possède un indéniable lyrisme "latin" comme le démontrera la scène de fin qui est juste magnifique de poésie macabre. A l’Intérieur est une œuvre vraiment très violente tout en parvenant à rester hyper tendue, même si quelques scènes tendent un peu trop vers le bis, surtout une en fait. Le film est bien sur-référencé mais pas sans tomber dans l’excès (Argento, Fulci, Carpenter et Romero répondent présents) et parvient à instaurer sa propre identité tout au long de l’oeuvre. Tout n’est pas parfait et l’ensemble est perfectible sur beaucoup de points, mais tellement bourré de bonnes intentions de la part de deux auteurs qui, pour une fois, n’ont pas menti sur leur approche frontale du gore.

A l’Intérieur constitue une véritable réussite horrifique digne des meilleurs vidéoclubs. Le film n’a peut-être pas marché outre mesure en salles mais son avenir dans les rayons dvd semble radieux. Pas aussi définitif qu’un La Colline a des Yeux ou The Devil’s Rejects en somme mais bien plus fréquentable que Hostel ou Wolf Creek.


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage