Critique de film

Balada Triste

"Balada triste de trompeta"
affiche du film
  • Genre : Drame, comédie
  • Année de production : 2010
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Alex de la Iglesia
  • Pays d'origine : Espagne
  • Budget : 7 millions d'Euros
  • Scénariste : Alex de la Iglesia
  • Musique : Roque Baños
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Carlos Areces, Carolina Bang, Antonio de la Torre, Manuel Talaffé, Manuel Tejada, Alejandro Tejerías, Enrique Villén, Gracia Olayo, Santiago Segura, Paco Sagárzazu,...
  • Récompenses : Lion d'Argent à la Mostra de Venise 2010

Dans l’enceinte d’un cirque, les singes crient sauvagement dans leur cage tandis qu’à l’extérieur, les hommes s'entre-tuent sur la piste d’un tout autre cirque : la guerre civile espagnole. Recruté de force par l’armée républicaine, le clown Auguste se retrouve, dans son costume de scène, au milieu d’une bataille où il finira par perpétrer un massacre à coup de machette au sein du camp national. Quelques années plus tard, sous la dictature de Franco, Javier, le fils du clown milicien, se trouve du travail en tant que clown triste dans un cirque où il va rencontrer un invraisemblable panel de personnages marginaux, comme l’homme canon, le dompteur d’éléphants, un couple en crise, dresseurs de chiens mais surtout un autre clown : un clown brutal, rongé par la haine et le désespoir, Sergio. Les deux clowns vont alors s’affronter sans limite pour l’amour d’une acrobate, la plus belle et la plus cruelle femme du cirque : Natalia.

Les critiques à propos de ce film

Critique de A Sad Trumpet Ballad - Un clown triste mais réjouissant
Par : Quentin Meignant


Présenté lors de la séance d’ouverture du BIFFF 2011 après un passage très remarqué à la Mostra de Venise, A sad trumpet ballad n’est autre que la dernière création de l’un des enfants chéris du public bruxellois, fidèle parmi les fidèles, Alex de la Iglesia. Après avoir évolué dans un registre très sérieux en 2008 avec son fabuleux Crimes à Oxford, le cinéaste ibère revient avec une œuvre se présentant comme plus primesautière et débridée. A sad trumpet ballad se présente comme une farce tragique où, en Espagne, pendant la guerre civile, un clown est contraint de combattre avec l’armée. Emprisonné puis tué, il laisse un fils, Javier. Celui-ci devient à son tour clown dans les années 70. Un clown triste. Il est alors embauché dans un cirque où il tombe amoureux de la compagne de son chef. Une sombre rivalité s’installe alors entre les deux hommes.

Débutant comme une fable historique, A sad trumpet ballad prend à revers le traitement habituel du clown dans les œuvres fantastiques. Certes, au bout d’un certain moment, l’amuseur public se retrouve armé d’une machette et décime les troupes franquistes à grands coups d’effets sanguinolents, mais de la Iglesia prend tout de même soin de faire conserver un aspect particulièrement humain à ses personnages. Proche du drame pur et dur dans sa première partie malgré quelques séquences plutôt amusantes, A sad trumpet ballad prend réellement son essence lorsque Javier devient adulte et trouve de l’embauche comme clown triste dans un cirque au bord de la faillite.

Procédant à la présentation de personnages hauts en couleurs, Alex de la Iglesia retrouve en quelques instants toute la verve humoristique qu’on lui connaît, enchaînant les gags de fort belle manière tout en disposant les jalons émotionnels de l’infernal trio amoureux. Car c’est bien de cela que traite avant tout A sad trumpet ballad : d’une romance tellement compliquée qu’elle s’approche de la culture sado-maso. A ce titre, de la Iglesia n’a pas son pareil pour mettre en valeur les généreuses courbes de son actrice d’épouse, Carolina Bang, qui, pour l’occasion, trouve un rôle qui lui sied fort bien. Enchaînant les péripéties à très grande vitesse, le cinéaste transforme ses personnages tant au niveau physique (ce qui donne lieu à une séquence particulièrement éprouvantes d’auto-mutilation) que psychologique de manière à ce que le bien et le mal ne fassent plus qu’un. Totalement réjouissant dans sa seconde partie, parsemé de gags réellement aboutis, A sad trumpet ballad souffre dans son final de l’application totalement inutile et moins travaillée de CGI un peu trop présents.

Hormis ce petit défaut visuel, Alex de la Iglesia prouve une nouvelle fois qu’il est au sommet, renouant de fort belle manière avec l’univers de la comédie déjantée. Aussi puissant que la plupart de ses œuvres, A sad trumpet ballad peut s’appuyer sur le génie du cinéaste ibère et sur la prestation d’une Carolina Bang plus en forme que jamais.


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