Critique de film

31

"31"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2016
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h42
  • Musique : John 5, Rob Zombie
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Le 30 octobre 1975, cinq personnes choisies au hasard ont été enlevées et retenues en otage dans un endroit appelé le monde du crime. La nuit d'Halloween, ils devront se battre pour survivre au jeu le plus violent qu'il soit. Un jeu nommé 31 où de dangereux maniaques déguisés en clown vont répandre la terreur...

Les critiques à propos de ce film

Critique de 31 - Halloween torture porn
Par : Samuel Tubez








Ayant fait appel à une campagne de financement participative permettant à ses fans d’obtenir des contreparties alléchantes issues de ses films mais aussi dans le but de livrer en toute indépendance son film le plus radical à ce jour, Rob Zombie nous assène un shocker aussi violent que déconcertant qui s’est révélé, en avant-première internationale (la seule et unique diffusion précédente étant à Sundace), à nos yeux ébahis lors du 34e BIFFF.

La première déconvenue vient du script même de 31, mix entre le très z Slashers de Maurice Devereaux et le Hostel de Eli Roth. Lors de la nuit d’Halloween, des personnes pour le moins perverses observent et parient dans un cadre très méphistophélique sur le sort de quelques personnes choisies au hasard qui devront survivre à un terrible jeu de massacre. Enfermées dans une usine désaffectée elles affronteront d’immondes psychopathes grimés en clown, poupée sexy, nazis survoltés, etc. Et…c’est un peu près tout ! Rob zombie, également auteur du scénario, ne s’embarrasse pas d’explication supplémentaire (après tout, d’autres l’ont fait avant lui donc pourquoi pas s’en passer) ni de véritable développement de ses personnages. Violence, torture, survie, folie, violence, torture, survie, folie. Point.

Les pauvres quidams avec qui l’on fait connaissance au début du film et qui se font capturer dans ce jeu mortel sont des espèces d’artistes forains répondant aux critères des précédents films du sieur Zombie (ils baisent, se défoncent et possèdent un langage bien fleuri), ambiance hellbillies garantie. Dès les premières minutes, on est donc en terrain connu et l’on pense autant à Massacre à la tronçonneuse qu’à The Devil’s Rejects. On n’en saura pas véritablement plus sur eux lorsque, après une bonne grosse ellipse faisant disparaître comme par enchantement deux d’entre eux (ils sont passés où les deux « fat black people » qui forniquaient à l’arrière du van ??), ils se retrouvent séquestrés et obligés de survivre par tous les moyens. A partir de ce moment, le réalisateur de House of 1000 Corpses verse dans la violence la plus crasse en balançant les psychopathes à leurs trousses. Pas de grosse caractérisation du côté des méchants non plus, tous plus déglingués les uns que les autres, même si le personnage de Doom-Head, incarné par un Richard Brake (Outpost, Halloween 2) effroyablement flippant, relève de manière significative le niveau de frousse. D’un côté, de la chair à saucisse (littéralement), de l’autre, des sick fuck finis. L’étalage de violence gratuite a alors lieu comme promis…dans un balai de shakycam indigeste. Bref, c’est crapuleux tout en étant illisible et, comble de tout, Zombie affiche une citation de Kafka en introduction de son film comme pour intellectualiser cette débauche de barbaque. Prétentieux vous dites ?

Où est passée la maîtrise formelle de The Devil’s Rejects ? L’ambiguïté de The Lords of Salem ? Rob Zombie a donc fait appel au financement participatif pour accoucher de son œuvre la plus radicale mais également la plus faible de sa filmographie. Pas sûr que ses fans apprécieront. Dans le même genre, on préférerait presque le très z Slashers.


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