Critique de film

30 Nights of Paranormal Activity with the Devil Inside the Girl with the Dragon Tattoo

"30 Nights of Paranormal Activity with the Devil Inside the Girl with the Dragon Tattoo"
affiche du film
  • Genre : Parodie
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Le père de Dana a été envoyé dans un hôpital psychiatrique après avoir tué le casting entier de The Artist pendant qu'un exorcisme était pratiqué sur lui. Sa fille continue sa vie, se marie, a des enfants et se déplace dans le même maison (hantée) où elle a grandi. Mais à présent, elle doit combattre les mêmes démons qui hantaient son père avant elle...

Les critiques à propos de ce film

Critique de 30 Nights of Paranormal Activity with the Devil Inside the Girl with the Dragon Tattoo - L’oeil du six clones
Par : Damien Taymans


Le succès n’a pas que des avantages. Insidieusement, le revers de médaille se charge de vous ramener à la dure réalité. Aussi, les équipes techniques de The Girl with the Dragon Tatoo, de 300, de Batman Begins, de Little Miss Sunshine même étaient loin de se douter qu’elles verraient leur travail torturé par des bouffons à la solde d’un capitalisme rigolard. Le pillage met à nu les œuvres qu’il effeuille, la référence n’est même plus de mise, seule la caricature compte. Le genre parodique, au fil des essais de ces fanas de la cambriole pour la gaudriole, se nécrose et perd toutes ses lettres de noblesse. Le vernis qui ornait Le bal des vampires ou Mars Attacks se craquèle tandis que le plus digne représentant de cet art, Mel Brooks, ne saurait reconnaître le cadre dans lequel il a forgé l’essentiel de sa filmographie. David Zucker, après avoir dirigé les fourberies de Leslie Nielsen, participe à la décrépitude du pastiche en perpétuant la franchise des Scary Movie, si éloignées de l’esprit du Hamburger Film Sandwich qu’il co-scénarisait il y a 30 ans.

En marge, d’irréductibles gugusses usent le concept jusqu’à la corde, sans le moindre souci scénaristique. Le film parodique se métamorphose en une compilation de saynètes rarement drôles et souvent vulgaires où se succèdent des clins d’œil patauds aux blockbusters contemporains ou, pis, au gratin du people tendance Closer. Dans Spartatouille des crétins Seltzer et Friedberg, signataires de Sexy, Big et Disaster Movie ainsi que de Mords-moi sans hésitation (ce dernier réussissant à se montrer plus fatigant que son modèle, un comble !), Britney Spears était malmenée et expédiée dans un trou tandis que l’atmosphère générale suintait une Antiquité de pacotille. C’est là le drame de ces faussaires : inaptes à générer la moindre idée créative ou à restituer une ambiance (voir l’atmosphère savoureusement gothique du Bal des vampires), ils préfèrent saccager les créations des autres et les dénaturer sans vergogne. A ce jeu, Craig Moss n’est pas à son galop d’essai puisqu’il a au préalable agité un miroir déformant devant Twilight pour créer Breaking Wind dont l’humour porno-scatologique ne trouvait aucun écho dans son Bad Ass, vigilante plutôt habile et malin à défaut d’être pleinement convaincant.

30 Nights of Paranormal Activity with the Devil Inside the Girl with the Dragon Tattoo aura au moins le mérite d’afficher le pillage dès son intitulé. Car si les found footage paranormaux sont effectivement les têtes de turc de Mosset de ses acolytes, d’autres productions récentes font les frais de cette parodie du pauvre : Abe et son haut-de-forme sort de Abraham Lincoln : Chasseur de vampires pour quelques apparitions, les héroïnes de Resident Evil dévoilent leurs penchants saphiques, le Cygne noir de Black Swan est convoqué pour un déguisement d’un personnage en ballerine, Bane de The Dark Knight Rises bredouille quelques mots incompréhensibles.

Le plus alarmant, c’est qu’à force de vouloir devenir un rollercoaster de la vanne, 30 Nights of Paranormal Activity with the Devil Inside the Girl with the Dragon Tattoo ne parvient jamais à provoquer la moindre émotion chez le spectateur de plus de douze ans. Ni dans l’utilisation abusive du comique de répétition (le décompte saugrenu des jours) ni dans les allusions, fussent-elles moins éléphantesques (le héros rêve de devenir employé d’Umbrella Corporation), aux œuvres citées. Plus navrant qu’une quelconque séquelle de Paranormal Activity, c’est peu dire...


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