Critique de film

3 histoires de l'au-delà

"Saam gaang"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 2002
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Kim Jee-Woon, Nonzee Nimibutr, Peter Chan
  • Pays d'origine : Hong Kong, Corée du Sud, Thaïlande
  • Durée : 2h20
  • Scénariste : Teddy Chan, Matt Chow, Jo Jo Yuet-chun Hui (segment Going Home) / Ek Iemchuen, Nonzee Nimibutr, Nitas Singhamat (segment The Wheel) / Ji-woon Kim (segment Memories)
  • Musique : Sung-woo Jo, Peter Kam, Byung-woo Lee, Sinnapa Sarasas, Apisit Wongchoti
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  • Bande annonce
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  • Casting : Kim Hye-Soo, Komgich Yuttiyong, Eric Tsang
  • Récompenses : Mention spéciale au BIFFF 2003
    Golden Horse Awards du Meilleur acteur (Leon Lai) et Meilleure photographie en 2002
    HKFCS Award du Meilleur réalisateur (Peter Chan) en 2002

Trois réalisateurs de trois pays différents (La Corée du sud, la Thaïlande, et Hong Kong), trois histoires de fantômes, trois visions de l'au-delà : Souvenirs met en scène Sung-Min, un homme marié, atteint d'une soudaine amnésie et qui ne retrouve plus sa femme. La Roue raconte l'histoire d'une malédiction qui frappe Kru Tong, un marionnettiste. Et Chez nous se concentre sur l'enquête que mène un policier veuf pour retrouver son fils et sur la découverte qu'il fait dans un appartement.

Les critiques à propos de ce film

Critique de 3 histoires de l’au-delà - C’est toujours meilleur à trois
Par : Seb Lecocq






An de grâce 2002. Le Monde surfe joyeusement sur la vague de l’horreur à l’asiatique. Fantômes revanchards, fillettes aux cheveux noirs et sales, flaques d’eau envahissent les écrans du monde entier pour plonger dans l’effroi les spectateurs du monde entier. Jusqu’à l’overdose. Peter Chan, se dit qu’il serait intéressant d’exploiter le filon en rassemblant trois des réalisateurs les plus doués du cinéma asiatique émergeant. Il délaisse le Japon pour se concentrer sur la Corée du Sud et la Thaïlande, deux nouvelles places-fortes du cinéma asiatique. Il convie donc ses collègues Kin Jee-won et Nonzee Nimibutr, deux des réalisateurs les plus en vogue à l’époque et qui ont depuis largement confirmé leur talent. Bonne pioche donc.

C’est le coréen Kim Jee-won, réalisateur de Deux Sœurs et de l’excellent polar A Bittersweet Life qui ouvre le bal. Son segment, Memories, annonce Deux Sœurs. Stylisé à l’extrême, parfois hermétique et austère, il requiert plusieurs visions pour être appréhendé dans sa totalité. Kim crée un puzzle mental en nous narrant l’histoire d’un homme victime d’hallucinations et d’une femme souffrant de problèmes de mémoire incapables de se retrouver dans une ville déserte. Memories bénéficie de tout le talent de plasticien de Kim qui pousse chaque plan dans ses derniers retranchements. Chaque image issue de son film est d’une richesse graphique à tomber par terre. La mise en scène est impeccable, maitrisée et soignée. Chaque effet sonore ou visuel est calculé pour faire réagir le spectateur au moment opportun. Du travail d’orfèvre. Incontestablement, le gros points fort du film. Le scénario peut paraître abscons de prime abord et la conclusion un peu abrupte mais si on y revient à plusieurs reprises, chaque pièce se met alors en place et l’oeuvre n’en est que plus réjouissante, ce qui en fait le meilleur segment de l’ensemble.

Kim laisse le fauteuil de réalisateur encore chaud à Nonzee Nimibutr, son homologue thaïlandais, réalisateur du magnifique Nang Nak, somptueuse histoire d’amour à travers la mort. Pour son histoire, La Roue, il prend comme toile de fond les poupées traditionnelles thaïes et les marionnettistes chargés de les animer. Mais les personnages de bois, à l’instar de Chucky, semblent animés d’une volonté propre et d’intentions plutôt néfastes (saloperies, va !). Nimibutr déçoit avec son histoire. Autant esthétiquement que scénaristiquement, son film est le plus faible des trois. La trame emprunte celle du slasher basique avec quelques meurtres saignants et assez graphiques mais n’évitant pas l’écueil du grand-guignol. C’est à peu près tout au final. Son segment est le plus court sur papier mais, à l’écran, il parait bien long, souvent un signe qui ne trompe pas. Un coup dans l’eau pour Nimibutr.

C’est Peter Chan lui-même qui clôt cette trilogie avec l’épisode le plus acclamé. Going Home qui narre l’histoire d’un policier venu prendre possession de son appartement situé dans un vieil immeuble. Bien vite, le manège de l’un de ses voisins va l’intriguer au plus haut point. Going Home ne brille pas par sa mise en scène, qui reste très correcte mais plutôt par le scénario du très doué Matt Chow. L’histoire assez lente et atmosphérique se découvre peu à peu en suivant les déambulations de ses personnages. Une ambiance sordide se dégage du film, comme un parfum d’étrangeté exhalant de la photographie de Christopher Doyle et de la caméra de Peter Chan. L’histoire s’avère tout à tour inquiétante, déroutante, émouvante et angoissante. Un segment riche en saveur mais qui pêche par de trop grande velléités auteurisantes lors de certaines scènes. Heureusement, l’esthétique et l’atmosphère l’emportent sur ces quelques menus défauts et font de Going Home un segment tout à fait recommandable.

On peut considérer cette première levée de Trois histoires de l’au-delà comme une réussite, en partie gâchée, il est vrai, par l’échec de Nimibutr. Si l’entreprise permet de faire découvrir une autre culture et une autre façon d’aborder les fantômes asiatiques, il est légitime de se dire que cette création est avant tout vaine et commerciale. Mais ne faisons pas la fine bouche, l’ensemble est tout à fait regardable même si pas indispensable. On préférera s’arrêter sur les longs métrages des auteurs présents ici, plus intéressants et représentatifs de leur travail dans leur ensemble.

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