Critique de film

3AM 3D

"3AM 3D"
affiche du film
  • Genre : Horreur, Anthologie
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Thaïlande
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

La première histoire, réalisée par Thammajira, suit deux soeurs qui sont persécutées par des poupées diaboliques dans un magasin de perruques. La seconde, mise en scène par Kirati Nakintanon, conte l’histoire d’un homme engagé pour ramasser les cadavres de gens se jetant d’un pont, tandis que le dernier segment, d’Isara Nadee, suit un homme presque aveugle qui est victime de curieuses visions.

Les critiques à propos de ce film

Critique de 3 a.m. - Florilège thaï
Par : Damien Taymans




Les Thaïlandais avaient prouvé avec Shutter qu’ils pouvaient trousser des films de flippe capables d’en remontrer à leurs voisins japonais et coréens. Conscients du potentiel que comporte l’industrie nationale en la matière, ils récidivent avec deux anthologies horrifiques réunissant chacune quatre segments et sobrement intitulés 4bia (homophone approximatif de Phobia) et 4bia 2. La nouvelle péloche omnibus explorant les tréfonds de la peur émanant du paysage thaï revoit la formule à la baisse en proposant trois sketches qui ne sont en réalité connectés que par un concept temporel : à 3 heures du mat’, alors que la majorité des bonnes gens pieutent, les forces des ténèbres se libèrent de leurs chaines et menacent les pauvres âmes qui ont préféré veiller tard pour ne pas manquer l’enregistrement de Chasse et Pêche.

Avec The Wig, les maudits postiches reprennent du service. Déjà à l’œuvre dans le film homonyme sud-coréen de Won Shin Yun où elle prenait possession d’une malade en chimio, la perruque hantée se retrouve pour l’heure noyée parmi ses congénères dans un magasin de confection artisanale de moumoutes. Pas question de couper les cheveux en quatre, le segment de Patchanon Thammajira (Colic et son poupon qui voyait des spectres) reprend à la lettre le leitmotiv des ghost stories nippones avec leur quota d’extensions capillaires. Un poil dans la main, le sketch reprend l’antienne et assure le minimum syndical en termes de jump scares. Plus engageant, The Corpse Bride de Kirati Nakintanon (la romance First Kiss) explore les amours troubles d’un homme et du cadavre d’une femme sur lequel il doit veiller, sous l’œil inerte du mari de la défunte, également décédé, qui habite le cercueil d’à côté. A la fois poétique et troublant, dérangeant et beau, ce plat de résistance de choix caresse de peu les déviances nécrophiles et privilégie sur le tard une horreur décevante mise au service d’une stéréoscopie de parc d’attractions. Le temps d’essuyer les quelques gouttes de sang qui maculent encore la caméra pour la réjouissance suivante.

En guise de dessert donc, Overtime d’Isara Nadee, un habitué des collectifs pour avoir œuvré sur Art of the Devil et sa suite en compagnie de compatriotes. "La magie noire pour les nuls" rangé dans la bibliothèque, Nadee prône le retour aux effets prosthétiques voire aux trucs et astuces d’un Méliès en compilant le b.a.-ba des mauvais tours prompts à effrayer le collègue de bureau. Au relief de l’image se superpose celui de la gaudriole. Deux employés qui ont pour habitude de s’offrir des heures supplémentaires font les frais de deux boss plaisantins rivalisant d’ingéniosité pour terroriser les naïfs. Mais, à l’heure fatidique, la blague risque de virer au cauchemar...

Un dernier acte qui conclut mollement (les CGI de moindre qualité enfoncent le côté grotesque de l’entreprise qui vire à la blague poussive) un florilège recommandable dans son ensemble. Une nouvelle illustration que la Thaïlande, comme l’Indonésie, ne mérite pas d’être reléguée en seconde division dans le panorama de l’épouvante asiatique.


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