Critique de film

28 Semaines plus tard

"28 Weeks later"
affiche du film
  • Genre : Horreur – Morts-vivants
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Juan Carlos Fresnadillo
  • Pays d'origine : 2007
  • Durée : USA
  • Budget : 1h31
  • Scénariste : Rowan Joffe, Juan Carlos Fresnadillo, Jesús Olmo, E.L. Lavigne
  • Musique : John Murphy
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Robert Carlyle, Rose Byrne, Jeremy Renner, Harold Perrineau
  • Récompenses : Fantastic's Award de la Meilleure suite (2007)

Il y a six mois, un terrible virus a décimé l'Angleterre et a transformé presque toute la population en monstres sanguinaires. Les forces américaines d'occupation ayant déclaré que l'infection a été définitivement vaincue, la reconstruction du pays peut maintenant commencer. Don a survécu à ces atroces événements, mais il n'a pas réussi à sauver sa femme et la culpabilité le ronge. Lorsqu'il retrouve ses enfants, Andy et Tammy, qu'il n'avait pas revus depuis la catastrophe et qui reviennent à Londres avec la première vague de réfugiés, il leur apprend la mort de leur mère. Partagés entre la joie des retrouvailles et le chagrin, tous trois tentent de se reconstruire et de reprendre une vie normale dans la ville dirigée par l'armée américaine. Pourtant, quelque part, un effroyable secret les attend. Tout n'est pas terminé...

Les critiques à propos de ce film

Critique de 28 semaines plus tard - Aussi bandant que le premier opus…
Par : Damien Taymans


Attention, soyons pointilleux sur les termes utilisés puisque Fresnadillo pas plus que Boyle ne veulent faire un film d’horreur mais plutôt un thriller apocalyptique traitant d’infectés. Et il est vrai que la différence est flagrante : il ne s’agit pas ici de morts-vivants mais plutôt d’humains malades (bien que leur état de démence atteigne souvent les manières des zombies romériens).

Après le chef-d’œuvre signé Danny Boyle, il était difficile d’imaginer une suite au magnifique 28 jours plus tard. Pourtant, cette suite, c’est Boyle lui-même qui l’imagine et qui en lance le projet. Seulement, pour le coup, l’ami Danny devient producteur et entend choisir lui-même le réalisateur qui s’attèlera à la tâche. Avec l’accord de la Fox, son choix se porte sur l’espagnol Juan Carlos Fresnadillo. Le réalisateur n’est pas novice dans le métier et Danny Boyle est particulièrement fan du métrage Intacto, du maître ibérique, qui a séduit toute la profession et a été énormément récompensé ainsi que son court-métrage Esposados (nommé aux Oscars et couronné d’une quarantaine de prix).

Et il faut dire, après avoir regardé le métrage, qu’on est impressionné par le savoir-faire de Fresnadillo. Fortement épaulé par Boyle dans son travail et par une équipe hispanique soudée (notamment Enrique Chediak, chef opérateur), le réalisateur a réussi à se placer dans la veine du premier opus et à en faire une digne séquelle, rehaussant définitivement le niveau de la franchise.

28 semaines plus tard reste dans la lignée de son grand frère et aborde d’une manière différente la même trame. Alors que le premier était une course effrénée pour arriver dans un endroit sûr et protégé (qui finalement ne l’était pas vraiment !), la séquelle est tout son contraire et reprend là où 28 jours plus tard s’était arrêté. Tout se déroule donc dans un endroit fermé, surprotégé par des GI armés jusqu’aux dents. Et malgré tout, l’ambiance dérape et laisse rapidement place à cette vermine décadente qui attaque les êtres humains.

Tout comme Danny Boyle, Fresnadillo a signé une œuvre engagée qui pousse à réfléchir et prend des positions politiques certaines. La scène initiale montrant un Londres décimé par les infections multiples témoigne dans ce sens. Et, intérieurement, on ne peut s’empêcher de tomber dans le sordide, frappés par le pessimisme instauré par le réalisateur. Mais c’est encore bien pire lorsqu’on gagne cette base militaire gigantesque où tout est banni et tous soumis à des tests médicaux stricts. Malgré toutes ces protections, malgré cet enfermement, l’homme ne peut s’empêcher de se mettre en contact avec l’infection, tout comme ce père décidé à se cloisonner dans sa maison pour échapper à la maladie. Se fermer sur soi, se replier dans son monde, c’est la meilleure manière de s’exposer au pire, de faire fausse route.

Se voulant le digne successeur du maître Boyle, le réalisateur espagnol opte pour des choix similaires. Ainsi, on saluera le tournage en DV permettant un style plus documentaire, plus réaliste, collant atrocement à l’ambiance du film. Que dire encore des prises de vue et de l’image satisfaisantes à crever… Excellent travail d’un néo-maître de l’horreur.

Ainsi, par sa théorie philosophique en arrière-plan, par ses touches politiques, par le jeu des acteurs (notamment Carlyle), par la pureté des images, par l’atrocité psychologique constante à laquelle nous sommes exposés, par toutes ces choses, Fresnadillo a réussi à nous enchanter et à nous effrayer, nous plongeant dans un désespoir total. Réussite totale donc…


Oeuvres liées :

28 jours plus tard (2003)

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