Critique de film

205 - Room of Fear

"205 - Zimmer der Angst"
affiche du film
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Rainer Matsutani
  • Pays d'origine : Allemagne
  • Durée : 1h40
  • Scénariste : Eckhard Vollmar
  • Musique : Wolfram de Marco
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Jennifer Ulrich, André Hennicke, Inez Bjørg David, Julia Dietze
  • Récompenses : --

Que s’est-il produit dans la chambre 205 ? Pourquoi personne n’y a vécu pendant plus d’un an ? Katrin s’en moque. Cette étudiante de 19 ans cherche juste son indépendance et à se faire de nouveaux amis. Mais, des choses étranges vont très vite commencer à se produire...

Les critiques à propos de ce film

Critique de 205 - Room of fear - La chambre des tortures
Par : Damien Taymans




Kathrin, jeune étudiante anonyme qui affiche 19 piges au compteur, emménage dans le dortoir des étudiantes et s’affranchit ainsi du paternel surprotecteur. Alors, bon, que sa nouvelle chambre - la 205 - soit restée inoccupée pendant un an et que personne n’en veuille, c’est franchement un moindre mal ! Et les rumeurs des fanas de Scream, elle s’en tamponne royalement, car la prude jouvencelle va enfin pouvoir se la jouer gourgandine ! Fête du string et Oktoberfest dès septembre, Kathrin sodome un peu, gomorrhe beaucoup, mouille le maillot en soirée et le sud du maillot en after intime. Jusqu’au jour où elle découvre, par hasard, le blog de la précédente locataire qui balance des révélations peu gouleyantes sur sa piaule...

Ah je les entends déjà, les résistants de Prisunic, vitupérant contre chaque nouvelle création teutonne, invoquant comme prétextes leur langue empestée jusqu’à la glotte de vibratos barbares ou encore évoquant les canons téléfilmiques policiers destinés aux neurasthéniques. Dans l’attente du duel dans l’arène de la ZDF entre Rex, le clébard de la flicaille et le Renard, seul commissaire assez lymphatique pour concurrencer le vénéré Horst Tappert, même les germanophiles les plus aguerris savent que la diffusion d’une pellicule allemande en clôture de la nuit du fantastique, ça sent juste la narcolepsie à plein nez. Mais ce serait oublier que, ces dernières éditions, les Fritz ont balancé au BIFFF quelques essais convaincants (Rammbock, Transfer) voire définitifs (The door) en contraste total avec les zèderies gore des fauteurs de trouble locaux, tels Olaf Ittenbach ou Timo Rose.

205 - Room of fear (205 - Zimmer der Angst dans la langue de Goethe) s’éloigne des plates-bandes du splatter pour s’illustrer dans le conventionnel pur et dur. Une sombre histoire de spectres avec une vilaine incarnation fantomatique héritée des ghost stories japonaises de la dernière décennie, une héroïne paranoïaque hantée par un traumatisme tenace, des camarades d’auditoire qui semblent cacher un lourd secret à l’origine de la malédiction qui occupe l’essentiel de l’intrigue. De la découverte de la piaule hantée au dénouement, Rainer Matsutani (récompensé au BIFFF du prix du public en 1996 pour son Over My Dead Body) propose une enfilade de séquences éculées où personnages mal dégrossis et mises à mort héritées de la pentalogie Destination finale (avec un penchant prononcé pour la trépanation) se disputent le bout de gras tandis que, à sa cadence, l’héroïne (Jennifer Nous sommes la nuit Ulrich) sème la mort partout où elle passe avec l’ectoplasme coriace, shampooiné au Dead&shoulders, qu’elle trimballe toute la sainte journée.

Si, visuellement, 205 - Room of fear montre quelques jolies choses (quelques raccords particulièrement soignés et inventifs), l’œuvre s’égare dans sa quête identitaire, quelque part entre la J-horror et le modèle américain, et ne livre au final qu’un concentré bâtard de ce que le cinéma horrifique draine depuis une dizaine d’années.


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage