Critique de film

13 Cameras

"Slumlord"
affiche du film
  • Genre : Thriller, Horreur
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h27
  • Musique : Paul Koch
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Le jeune couple formé par Claire et Ryan emménage dans une nouvelle maison, pour découvrir que leurs problèmes maritaux sont le cadet de leurs soucis.

Les critiques à propos de ce film

Critique de 13 cameras - Souriez, vous êtes filmés
Par : Damien Taymans

Dans cette ère de la technologie, l’être humain subit une surveillance continuelle qui permet à tout un chacun de savoir précisément où il se trouve, où il se rend et d’épier ainsi ses moindres faits et gestes, de connaître ses habitudes sans avoir à lever son derche de son siège. Hameçonné sur le web par de grandes enseignes publicitaires, harcelé par des sociétés peu scrupuleuses lui proposant de tromper sa conjointe ou d’allonger son pénis, surveillé sur les réseaux sociaux et via son smartphone, l’homme moderne est devenu un sujet dévoué à de multiples Big Brother dont il est le jouet inconscient. Pis, comme se plaît à le signaler le film, et ce, dès l’entrée, "plus de 30 millions de caméras de surveillance ont été vendues lors de la dernière décennie et, l’an passé, 8000 personnes étaient observées sans leur consentement".

C’est précisément le sujet de ce 13 cameras (qui annonce la couleur quantitativement grâce à son intitulé) puisque les héros brossés par Victor Zarcoff, un jeune couple qui attend famille, sont épiés par le propriétaire de leur nouveau logement qui a truffé le bâtiment de nombreuses paires d’yeux lui permettant de mater gratuitement de jeunes tourtereaux. Le voyeur n’est autre que Gerald interprété par un Neville Archambault inspiré qui confère à son personnage une attitude si trouble et malsaine qu’il provoque instantanément dégoût et horreur. Une horreur que travaille finement le cinéaste, la laissant s’insinuer lentement en offrant un montage méticuleux insérant les images de surveillance du voyeur dans la pellicule sans noyer le spectateur dans ce spectacle a-cinématographique. Suivant la même logique, il cultive la peur et le malaise en délaissant certains clichés propres au "home invasion" (présence de l’intrus surgissant çà et là,menace physique omniprésente) au profit d’une discrète indiscrétion : le proprio ne se pointe que lorsque les résidents sont partis et aménage l’endroit à sa sauce.

Autre intérêt de la bande : si le film épouse deux points de vue, alternant les passages voyeurs de Gerald et les moments de vie du couple, bénéficiant d’une mise en scène plus académique, il délaisse rapidement toute velléité manichéenne en propulsant une deuxième crapule sur le devant de la scène, à l’instar de Photo Obsession qui érigeait Robin Williams en pervers avant de lui prêter de nobles intentions. Moins abouti que le film de Romanek, 13 cameras reste cependant une agréable surprise qui procure son lot de frissons dans le dos.


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