Critique de film

10 Cloverfield Lane

"10 Cloverfield Lane"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction, Thriller
  • Année de production : 2016
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h45
  • Musique : Bear McCreary
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Une jeune femme se réveille dans une cave après un accident de voiture. Ne sachant pas comment elle a atterri dans cet endroit, elle pense tout d'abord avoir été kidnappée. Son gardien tente de la rassurer en lui disant qu'il lui a sauvé la vie après une attaque chimique d'envergure. En l'absence de certitude, elle décide de s'échapper...

Les critiques à propos de ce film

Critique de 10 Cloverfield Lane
Par : Jonathan Chevrier

Depuis des lustres, nous ne doutons pas une seule seconde de l’audace de ce bon vieux J.J. Abrams, l’un des derniers grands maîtres du mystère à Hollywood (avec Christopher Nolan), lui qui a d’ailleurs bâti sa légende sur sa faculté à offrir de vraies surprises en salles - non sans avoir cultivé un méchant goût pour le secret durant des campagnes promos maîtrisées jusqu’au bout des ongles. Mais force est d’avouer que le bonhomme a fait ici très fort avec cette suite du buzzé mais fun Cloverfield de Matt Reeves.

Tourné dans le secret le plus total, à tel point que le film s’est permis de débuter sa campagne promo à peine deux mois avant sa sortie en salles, 10 Cloverfield Lane (dont le script est signé par Josh Campbell, Matt Stuecken et Damien Chazelle) était indiscutablement l’un des objets filmiques les plus mystérieux et alléchants de ces dernières années. Suite plus ou moins apparentée au film original mise en boite par l’inconnu Dan Trachtenberg, et portée par un casting vedette talentueux (John Goodman, Mary Elizabeth Winstead et John The Newsroom Gallagher Jr ), l’œuvre vendait du rêve ne serait-ce que parce qu’elle abandonnait l’aspect found footage du premier opus pour lui préférer une ambiance tendue façon huit-clos dans un bunker.

Le film, vrai/faux spin-off d’une réussite exemplaire (le film catastrophe laisse place ici à un huis-clos aussi dévastateur), s’apparente à un Misery sauce apocalyptique mais surtout à une œuvre férocement inspirée des classiques SF des 50’s - on pense instinctivement à la série La Quatrième Dimension -, transpirant l’amour pour le cinéma paranoïaque d’antan et un respect sans phare du genre. Sur un pitch à l’efficacité redoutable (suite à un accident une femme est tenue enfermée dans un bunker avec un autre homme par Howard, un hôte inquiétant, tandis qu’elle ignore le drame qui a frappé le monde extérieur), Trachtenberg déroule durant un tout petit peu plus d’1h30 une intrigue aussi soignée que maîtrisée. Il instille avec intelligence le malaise (de la simple claustrophobie du cadre principal au manque de notion de temps, sans oublier l’ambiguïté des intentions du personnage d’Howard) au sein d’une intrigue rythmée à la tension excessivement prenante.

Référencé, malin (le spectateur croit, faussement, tout du long avoir une longueur d’avance sur les protagonistes), fouillé (les personnages, même s’il ne sont que trois, sont finement scriptés), techniquement appliqué et d’une sobriété exemplaire, s’il ne renouvelle rien au cinéma de genre, 10 Cloverfield Lane n’en est pas moins un thriller haletant et généreux. En outre, l’œuvre est dominée par la partition remarquable d’un John Goodman totalement habité mais également de la sublime Mary Elizabeth Winstead (son meilleur rôle à ce jour, avec Smashed) et joliment empathique. On ne l’avait pas vue venir, mais la nouvelle production J.J. Abrams s’avère pourtant être l’un des meilleurs films de genre de ce premier trimestre 2016.


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