Critique de film

Espectro

"Espectro"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Mexique
  • Durée : 1h30
  • Musique : Alejandro de Icaza
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Après avoir été violée, Marta, une voyante qui n’a pas réussi à prédire son propre avenir, décide de se cloîtrer dans l’appartement inoccupé d’un ami afin de faire le point et surtout rester au calme. Pour s’occuper l’esprit, Marta calfeutre toutes les fenêtres, espionne sa voisine de palier, ou encore commande des caméras pour garder un oeil sur tous les angles morts de l’appartement. C’est là que Martha va découvrir qu’elle n’est pas seule...

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Espectro - JF cherche appartement
Par : Damien Taymans


Frappée très tôt par un sixième sens qui lui permet de voir ce qui est invisible à ses contemporains, Marta est devenue une medium renommée et a filé quelques coups de main à la police dans quelques affaires délicates. Seulement voilà : sa perception extra-sensorielle s’est soudainement mise en mode veille lorsqu’elle a rencontré l’homme qui allait, quelques heures plus tard, la violer sauvagement dans un parking. Alors, doublement traumatisée, la voyante se cloître temporairement dans l’appartement d’une amie, histoire de panser ses plaies et de recouvrer si possible sa seconde vue. Pour tuer le temps, elle observe la voisine de palier, névrosée à tendance psychopathe, qui ne voit pas d’un très bon œil cette intrusion voyeuriste dans son intimité. Et puis, Mario, le violeur semble traîner dans le quartier. Des détails en regard de ce qui se produit au sein même de l’appart’ : l’esprit de l’ancienne locataire se manifeste et essaie de faire passer un message à la medium...

Quel étrange mélange que cet Espectro, péloche horrifique d’origine mexicaine, au confluent du thriller serial-killer (Copycat et son héroïne agoraphobe en tête de gondole), de l’enquête paranormale (Intuitions ou Hypnose passent au crible) et de l’épouvante asiatique (une compilation de gimmicks post-Ring). L’ensemble dans l’espace clos d’un appartement filmé sous toutes ses coutures et dans toutes ses formes : le fantastique d’inspiration ibérique et son amour des buildings dans toute sa splendeur. Bâtard, Espectro n’en demeure pas moins une œuvre qui s’assume pleinement et caresse le dessein de faire frissonner l’assistance sans avoir la décence de l’acclimater. Fermement ceinturé, le spectateur effectue un prodigieux tour de train-fantôme et scrute les quatre coins de l’écran en 16/9 pour découvrir le détail explicitant cette soudaine envolée sonore. Alfonso Pineda Ulloa pousse le bouchon aussi loin qu’il peut et recourt même à la caméra de surveillance pour atténuer le dépaysement des accros du documenteur. Piégés en compagnie de Marta dans ce purgatoire, nous frémissons à ses côtés et la suivons pas à pas au sein de son calvaire, même lorsqu’elle entreprend de braver sa phobie du monde extérieur

Stupeur et tremblements momentanés cependant. Car, prenant à contre-pied les divinations de l’extra-lucide, le script la plonge en cours de route dans un étrange aveuglement et nous place dans la position de l’omniscient, précédant toujours de quelques pas les tâtonnements de l’héroïne et décelant même, bien avant elle, le twist hautement prévisible à venir. Constat identique concernant la dimension extradiégétique : surlignant à grands renforts de basses l’imminence d’une apparition, le traitement sonore désamorce l’effet de trouille au lieu de l’appuyer. L’immersion toute relative n’a plus cours et, pour enterrer encore davantage tout suspense, la narration s’encombre d’une histoire parallèle relatant un épisode de l’enfance de Marta que... rien ne viendra relier à la trame principale.

Espectro, à force de louvoiements et d’actionnements des traditionnelles grosses cordes (il ne s’agit plus ici de ficelles), voit sa flamme s’éteindre progressivement. Un film en demi-teinte alors qu’il possédait d’indéniables atouts comme l’aura d’une Paz Vega (The Spirit) littéralement habitée et quelques très belles séquences cauchemardesques (celle de la baignoire remplie de sang).


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