Critique de film

Enragés

"Enragés"
affiche du film
  • Genre : Action, Thriller
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : France, Canada
  • Durée : 1h35
  • Musique : Laurent Eyquem
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses :

Un braquage tourne mal. Les 4 criminels trouvent refuge dans un centre commercial où éclatent coups de feu et mouvements de panique. Cernés, ils abattent un homme et prennent en otage une femme. Acculés, ils arrêtent une voiture et prennent la fuite. A bord, un père et son enfant malade, qu'il doit emmener d'urgence à l'hôpital. Hors de contrôle, leur fuite va se transformer en traque sans merci. Désormais, il n'y a plus aucun retour possible pour ces chiens enragés...

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Enragés - Une après-midi de chien
Par : Damien Taymans


Quand des branques braquent, ça tourne inévitablement au carnage. Quelques "poules" sont dégommées, un otage est abattu de sang froid et les zéros partent en cavale pour éviter la taule. Chemin faisant, ils mettent la main sur la voiture d’un péquenaud au volant d’une obscure tire. Jusque-là, c’est anecdotique. Le hic vient du passager que trimbale le conducteur : sa propre gamine qu’il doit d’urgence conduire à l’hôpital pour qu’elle puisse bénéficier d’une greffe...

Vrai-faux-lointain remake de Cani Arrabbiati de Mario Bava, Enragés se détache d’emblée de son modèle pour imprimer sur pellicule sa singularité. Comprenez : la tension au cordeau de la péloche du maestro, le huis clos claustro concentré sur l’habitacle de la voiture lors de cette journée de cavale, la touche giallesque qui prédominait disparaissent au profit d’un script aussi linéaire et monocorde que l’itinéraire qu’emprunte l’équipée sauvage.

Eric Hannezo s’escrime pourtant à faire de son œuvre un film de personnages, collant au plus près de chacun d’eux pour ne laisser au final qu’une galerie de caricatures lourdaudes. Cohabitants de fortune, les braqueurs rivalisent de niaiserie et s’invectivent à qui-mieux-mieux pour prendre le pouvoir au sein de la bande. Armé d’un casting faiblard renvoyant au Truands de Frédéric Schoendoerffer, Enragés utilise à contre-emploi Lambert Wilson et néglige carrément Virginie Ledoyen, contrainte à incarner la sainte-nitouche quasi mutique. Côté méchants, Guillaume Gouix et Franck Gastambide tirent tour à tour la couverture dans un style caïra pas crédible pour un sou. Doucement mais sûrement, le métrage s’enlise jusqu’à sombrer dans le naufrage total dans le dernier acte... Celui-là même qui conduit les personnages au cœur de la fête des ours, dans un village lambda (il est à noter qu’Enragés ne bénéficie d’aucune empreinte géographique, le réalisateur-scénariste ayant privilégié des lieux de tournage canadiens des plus neutres), ce qui donne lieu à un saisissant moment de tension (rires).

Le twist final ne permet même pas à l’œuvre de se raccrocher au ponton : la barque a pris l’eau de toutes parts, entraînant avec elle tous les membres du casting au fond du gouffre. En résulte un film de hold-up sans hold-up qui vire au road movie sans réel ancrage sur cette même route. Une production qui s’échine à reproduire certains gimmicks des prods hollywoodiennes, boude ses origines transalpines et ses racines françaises, une œuvre bâtarde sans âme.


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage