Critique de film

Elevator

"Elevator"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Stig Svendsen
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h24
  • Scénariste : Marc Rosenberg
  • Musique : Herman Christoffersen, Bjørnar Johnsen
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Christopher Backus, Anita Briem, John Getz, Shirley Knight
  • Récompenses : --

Elevator place son action dans un ascenseur où 9 personnes sont coincées. L’une d’elles est porteuse d’une bombe, de quoi ajouter un peu de piment à ce huis-clos.

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Elevator - L’ascenseur, niveau 3
Par : Damien Taymans


La banque Barton organise un souper mondain et tout le gratin capitaliste se presse aux portes pour la super nouba sur le toit de l’immeuble : neuf invités, dont le big boss, serrés comme des sardines dans l’ascenseur, sont prêts à s’envoyer en l’air quand, soudain, la machinerie s’enraye et bloque tout ce petit monde juste avant le 49e étage. Le claustrophobe (et xénomachin, par la même occasion) de service s’étrangle et sue à grosses gouttes en sentant l’air se raréfier au sein de la cabine tandis que la petite-fille du grand patron enfile caprice sur caprice. Vous voyez le tableau ? Rajoutez à cela une crise post-adultère, un obèse qui occupe une belle part du volume, un garde musulman à deux poils de barbe d’être terroriste et une bombe qui va pas tarder à péter à la gueule de tout ce beau monde. Qui reprendra du méchoui ?

"49ème étage, vous êtes presque arrivés à destination" A deux étages près, c’est ballot. Surtout si on est claustro et qu’on suffoque rien qu’à l’idée d’être enfermé des heures durant avec des quidams qu’on ne connaît ni des lèvres ni des dents. L’argument d’Elevator, décrit si sommairement, évoquerait presque les désastreux Blackout et Devil où des fadasses transformaient, en apesanteur, la parano en sport national. Mais l’aussie Mark Rosenberg et le norvégien Stig Svendsen, plutôt que de se focaliser sur un climax reposant sur du vent (le Diable est forcément trahi illico dans un lift vu qu’il se fringue chez Prada), révisent les œuvres des maîtres du suspense : Sidney Lumet et Alfred Hitchcock comme références, on a vu pire.

"Mais l’ascenseur dans tout ça ?" demande, collé au radiateur, le petit Dick Maas, épaté qu’on puisse réaliser un vrai thriller à base de machines infernales en-dehors de la circonscription amstellodamoise. C’est que la cage, plus qu’une simple astuce pour réduire au maximum les coûts ou un simple gimmick high-tech pour claustros rétrogrades (paraîtrait que ces cons empruntent toujours les escaliers, non mais on est au XXIème siècle !), se transforme en laboratoire idéal pour une étude de caractères. Bloqués dans ce purgatoire de ferraille, les individus se voient contraints de communiquer, de s’unir pour régler le problème et, conséquemment, de révéler, la tension aidant, la part sombre de leur personnalité. Elevator élève pourtant peu le débat en serrant comme des sardines des caricatures quelque peu grossières qui illustrent les tensions de la société contemporaine, comme ce garde musulman et un Juif un tantinet raciste ou encore un tout-puissant de la finance et des victimes de l’endettement. Vu du haut de l’habitacle ascensionnel, le cheptel lasse donc autant qu’il délasse et prend tout son sens sitôt que s’efface chaque individu au profit d’un instinct de survie que tous partagent.

Elevator gagne a contrario en tension et en légèreté sitôt que, dans l’ascenseur en pleine inertie, règne le chaos et avec lui l’affaiblissement des luttes intestines au profit du bien commun. En clarifiant leur démarche, les auteurs évitent l’écueil de la fausse tension paranoïaque et livrent une œuvre au climax tangible.


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