Critique de film

August Underground's Penance

"August Underground's Penance"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Gore
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Fred Vogel
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h24
  • Scénariste : Fred Vogel, Cristie Whiles
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Fred Vogel, Cristie Whiles, Shelby Vogel, Anthony Matthews
  • Récompenses : Aucune

Dans ce troisième volet, rien de neuf, on reprend les mêmes tueurs et on recommence: nous assistons ici à la suite de leurs tribulations façon snuff

Les critiques à propos de ce film

Critique d’August underground penance - La boucle est bouclée
Par : Chroniqueurs


Par Nicore

Après ses terribles August underground et August underground’s mordum, le réalisateur Fred Vogel pouvait-il aller encore plus loin dans l’horreur à tendance « snuff » ? Vraisemblablement non, puisque ce August underground’s penance, s’il gagne en netteté avec une image « propre », est quand même légèrement moins déviant, tout en restant quand même sérieusement gratiné.

Le script suit le quotidien d’un couple de tueurs en série s’acharnant sur des victimes torturées et mutilées dans une cave.

Après une courte séquence introductive nous montrant un homme attaché et bâillonné tentant de s’enfuir avant d’être rattrapé et assassiné, replaçant ainsi tout de suite le spectateur dans le contexte, le métrage s’attache à suivre le quotidien du tueur déjà vu dans les deux précédents films (et toujours interprété par Fred Vogel). Mais, cette fois-ci, celui-ci est affublé d’une compagne avec laquelle il se filme dans diverses activités quotidiennes banales ou souriantes (le ketchup), avant qu’une première incursion dans leur sous-sol ne vienne rappeler frontalement au spectateur qu’il est bien dans un August underground. Vogel nous donne tout le loisir de mater le tueur en train de s’amuser avec une victime déjà salement amochée (avec quelques clous plantés dans le corps en sus de sa plaie à la tête) dans un décor sordide aux murs couverts de sang et de photos pornographiques.

Ensuite, l’intrigue alterne les va-et-vient dans cette cave nauséabonde pour nous faire suivre de multiples sévices (un éventrement extrêmement réaliste exposant clairement ces boyaux sanglants, un fœtus extrait manuellement du ventre de sa mère, un reste de cadavre que les meurtriers finissent de découper à la scie) avec d’autres séquences en « extérieur » plus anodines. Ces dernières offrent en exemple une soirée entre amis pour sniffer de la coke ou nourrir un petit crocodile dans un vivarium avec une souris (qui elle sera une vraie victime du film), ou encore une visite au zoo où notre couple nourrit un énorme lion avec les membres d’une biche fraîchement découpée par leurs soins.

Mais au-delà des séquences sanglantes et glauques de la cave, qui constituent le tronc commun de la trilogie de Fred Vogel, le réalisateur arrive une nouvelle fois à choquer son auditoire. Plus seulement en abusant de tortures plus ou moins gores et déviantes (même si…), mais plutôt au travers d’une séquence particulièrement dérangeante au cours de laquelle notre duo d’assassins s’en prend à une famille en pleine période de Noël. Le père est assommé à coups de marteau et la mère violée et assassinée avant que Vogel nous fasse partager l’agonie de la petite fille de ce couple, qui n’avait rien demandé à personne, morte par strangulation. De la répulsion physique à la débauche morale, les deux protagonistes vont même aller jusqu’à violer l’intimité en ouvrant et saccageant les cadeaux disposés au pied du sapin, montrant bien ainsi leur inhumanité totale.

Pour bien se différencier des deux films le précédant, cet August underground’s penance s’appuie sur une image d’une netteté contrastant complètement avec celle dégradée et floue choisie auparavant. Le réalisateur laisse ainsi s’étaler devant la caméra les abominations avec une précision écoeurante, ce qui ne l’empêche pas d’opter à nouveau pour un style de mise en scène cherchant de manière affirmée et convaincante à faire croire à la véracité des faits exposés, même si cela implique à nouveau de brusques changements de sujets, au gré de ce que le couple voudra bien filmer.

Ensuite, pour la première fois dans la trilogie, le tueur est accompagné dans son odyssée sanglante par une véritable petite amie tout aussi dépravée que lui (elle n’hésite pas à se masturber pendant que son compagnon viole la mère au cours de la terrible séquence citée plus haut). Cette relation amoureuse « spéciale » (voir le coït violent dans les toilettes du concert) apporte également une dimension dramatique qui explose dans le dernier acte du film tout en augmentant encore le malaise occasionné par ces deux assassins.

Enfin, l’interprétation est ici bien plus convaincante, avec notamment la jeune Cristie Whiles dont la détérioration psychologique s’associe à celle physique bien réelle et visible. Mais surtout, les effets spéciaux réalisés en grande partie par Fred Vogel (dont il ne faut pas oublier qu’il a été à bonne école en travaillant avec Tom Savini) sont ici d’un réalisme étonnant et dérangeant en versant dans un gore nauséeux plus que volontaire et graphique, mais sans jamais tomber dans l’outrance.

En conclusion, ce August underground’s penance achève de manière largement appréciable cette trilogie définitivement « autre » et d’une extrême déviance, tout en étant quand même moins jusqu’au-boutiste que August underground’s mordum, le plus frappé des trois films !


Oeuvres liées :

August Underground (2001)

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