Critique de film

Animals

"Animals"
affiche du film
  • Genre : Drame, Fantastique
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Espagne
  • Durée : 1h34
  • Musique : Natalie Ann Holt
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Pol a un ami imaginaire. Son ours en peluche Deerhoof est son allié et son confident. Il lui permet de trouver une forme d’équilibre en cette période compliquée qu’est l’adolescence. Tout bascule lorsqu’un mystérieux nouvel élève chamboule leur quotidien.

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Animals - Not Another Teen Movie
Par : Damien Taymans


Pol a un ami imaginaire. Un ourson en peluche avec lequel il joue du rock dans son garage et auquel il confie ses secrets inavouables. Après tout, Mark Wahlberg a bien un compagnon du même acabit qui le protège sitôt qu’on orage gronde. Mais l’existence monotone que le jeune homme mène avec son ami inanimé se voit bouleversée par l’arrivée, dans son bahut, d’Ikari, un étrange élève, mystérieux et hermétique aux événements qui se produisent autour de lui...

Un adolescent se balade en forêt en compagnie de son ours en peluche qui le suit, quelques mètres en retrait. Les deux personnages discutent avant qu’un chien n’entre dans la danse et ne s’enfuie avec l’ourson dans la gueule. En quelques plans, le spectateur est plongé dans le monde étrange et fantasmé de Pol, adolescent marginal élevé par un frère sur-protecteur. Entre fantastique et réalisme, Animals évoque instantanément Donnie Darko dont il adopte jusqu’à la symbolique : au travers de la bouche du compagnon imaginaire (ou pas ?), l’on pénètre dans la vie émotionnelle du héros. Et de celle de ses congénères qui forment une faune hétéroclite. Des animaux au comportement humain (l’ourson Deerhoof), des humains au comportement animal (Llorenç, le grand frère), des créatures hybrides (Pol, Ikari) évoluant sur le fil sans conscience du bord qu’ils désirent rejoindre (la sexualisation est au cœur de l’œuvre).

Dans ce récit initiatique à l’esthétique léchée, l’Espagnol Marçal Forés laisse le champ libre à ses personnages qui, d’espoirs déçus en désillusions comblées, sondent leur psyché, se vivent, s’essaient dans un monde dirigé par des adultes qui ne les "savent" pas, pour reprendre Brel. Jusqu’à un dernier acte libératoire lorgnant, visuellement, du côté de Gus Van Sant durant lequel chaque personnalité se détèle du poids de la moralité, de la normalité pour s’accomplir enfin. Au mépris de sa propre sécurité (une idée évoque Elephant et sa tragédie de Columbine), de sa propre innocence, de son imagination, de son monde. Et des réserves émises par les garants de la norme. Le destin de Pol ne peut ainsi se réaliser qu’en récupérant le vieil ours ringard qu’il avait au préalable enterré, sur le conseil de son aîné, puis noyé pour se défaire des oripeaux de l’enfance.

Animals est un premier essai brillamment mis en scène et éclairé (le travail d’Eduard Grau qui avait déjà fait sensation avec le challenge Buried) mais qui pèche cependant par excès et se montre dès lors trop fourni, trop influencé même. Un défaut qu’il faut peut-être chercher du côté des nombreuses pattes qui triturent la même matière (trois scénaristes et trois monteurs, rien que ça !). Comme si, trop touffue et luxuriante, la flore scénaristique ne s’était pas accommodée aux animaux qui la piétinent. En termes de réalisation, le film laisse présager de très belles choses pour les travaux futurs de Marçal Forés.


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