Critique de film

American Ultra

"American Ultra"
affiche du film
  • Genre : Comédie, Action
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h36
  • Musique : Marcelo Zarvos
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Une comédie d’action à propos de Mike Howell dont la vie paisible et sans ambition avec sa petite amie Phoebe se retrouve soudainement chamboulée. À sa grande surprise, Il est en fait un agent dormant surentrainé dont la mémoire a été effacée. En un clin d’œil, son passé refait surface et Mike se retrouve au milieu d’une opération gouvernementale visant à l’éliminer. Il va alors devoir faire appel à ses capacités insoupçonnées d’agent secret pour survivre.

Les critiques à propos de ce film

Critique d’American Ultra - Du pur concentré
Par : Damien Taymans

Mike Howell est un fond de poêle, un résidu de l’humanité, une créature sans ambitions qui végète aux côtés de petite amie Phoebe dans un coin paumé de l’Amérique. Le bad trip américain en somme... Caissier dans une supérette déserte, il passe le plus clair de son temps à griffonner des esquisses de super-héros dans un vieux cahier, fume des pétards et ne s’avère même pas capable de quitter sa maisonnette délabrée pour quelques jours à Hawaï. Pourtant, un événement va mettre le feu aux poudres de cette existence morose... il appartient désormais à la liste noire de la CIA et sera exterminé dans les 24 heures. Le bourrin accro au hash révèle alors de sacrées compétences face à une armée de soldats armés jusqu’aux dents...

Bercé dans le cinéma des eighties par son paternel, Max Landis (Chronicle) dessine un trou du cul du monde fantasmatoire aux bicoques impersonnelles peuplées de zonards accros à la fumette qui vivotent dans l’espoir qu’un avenir meilleur vienne sonner à leur porte ou qu’un événement un tant soit peu intéressant se dresse sur leur chemin. Bolides extravagants destinés à d’autres projets, ils sont freinés par la perspective d’un arbre pour reprendre une métaphore utilisée par Mike (Jesse Eisenberg). Dès lors, sitôt qu’une vaste opération se produit dans la bourgade, l’univers est sens dessus dessous : le supermarché devient le lieu d’une guérilla, le poste de police se transforme en champ de ruines et toute la ville est bouclée à cause d’une épidémie imaginaire. Dans ce contexte, fidèle à l’imagerie d’un certain cinéma étatsunien, le plus insignifiant cloporte devient apte à renverser la situation et à déjouer les pièges tendus sur son itinéraire. Le péquenaud tient sa revanche sur le système qui tente de le pervertir dans un premier temps puis de le détruire. Rien de nouveau dans la grisaille ricaine.

Pourtant, American Ultra n’usurpe pas son titre et se montre bien plus pétaradant et séduisant qu’il n’y paraît. Grâce notamment à un script décomplexé qui se débarrasse du moindre réalisme dans son entreprise très "Jason Bourne" et dans son exploitation totale des décors dans lesquels se déroulent les principales scènes d’action, notamment le supermarché dans lequel le jeune Howell use et abuse de moult produits alimentaires pour venir à bout des tueurs lancés à ses trousses. Dans ce festival chiche en pyrotechnie, les conserves volent et les ustensiles les plus basiques composent un arsenal aussi alimentaire qu’élémentaire qui revigore des scènes d’affrontements rendues pâlottes par une série d’actioners estivaux sans inspiration.

Ultra-décomplexé, ultra-référencé, ultra-burné, ce second film de Nima Nourizadeh (Projet X, un autre feu d’artifice) se montre parfois pauvre dans ses saynètes comiques mais compense avec une vraie énergie et un tandem de comédiens qui se fondent à merveille dans ces personnages en pleine métamorphose du super-zéro au super-héros.


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