Critique de film

Alien, le huitième passager

"Alien"
affiche du film
  • Genre : Science-Fiction
  • Année de production : 1979
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Ridley Scott
  • Pays d'origine : Etats-Unis
  • Durée : 1h57
  • Budget : 11 millions de dollars
  • Scénariste : Dan O'Bannon, Ronald Shusett
  • Musique : Jerry Goldsmith
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Sigourney Weaver, John Hurt, Ian Holm, Tom Skerritt, Harry Dean Stanton
  • Récompenses : Oscar des Meilleurs effets spéciaux en 1980
    Nominé aux Oscar des meilleurs décors en 1980
    Saturn Award du meilleur réalisateur (Ridley Scott) en 1980
    Saturn Award du meilleur film de Science Fiction en 1980
    Saturn Award du meilleur second rôle féminin (Barbara Cartwright)
    Bafta Award de la meilleure bande originale en 1980

Le vaisseau commercial Nostromo et son équipage, sept hommes et femmes, rentrent sur Terre avec une importante cargaison de minerai. Mais lors d'un arrêt forcé sur une planète déserte, l'officier Kane se fait agresser par une forme de vie inconnue, une arachnide qui étouffe son visage. Après que le docteur de bord lui retire le spécimen, l'équipage retrouve le sourire et dîne ensemble. Jusqu'à ce que Kane, pris de convulsions, voit son abdomen perforé par un corps étranger vivant, qui s'échappe dans les couloirs du vaisseau...

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Alien - Un monstre est né
Par : Gore Sliclez




Le Nostromo, navette spatiale commerciale, reçoit un message d’origine extraterrestre provenant d’une planète inconnue. Se rendant sur place, l’équipage retrouve une navette spatiale étrange dans laquelle les hommes découvrent des milliers d’œufs d’une espèce inconnue. Sautant de l’un d’eux, une étrange bête s’agrippe au visage d’un des membres qui doit dès lors être rapatrié d’urgence, au détriment des codes d’usage et du respect de la quarantaine. Ce que l’équipage ne sait pas encore c’est qu’un Alien redoutable est entrain de naître dans le corps du malheureux rapatrié et va devenir le cauchemar le plus terrifiant pour l’équipage du Nostromo obligé de se battre pour survivre.

1979, deux ans après le phénomène Star Wars, deux hommes, souhaitant surfer sur le succès de celui-ci se mettent dans l’idée de vouloir créer un film d’horreur qui se déroulerait dans l’espace. Encouragé par le relatif succès critique de Dark Star (1974), Dan O’Bannon est persuadé de tenir une histoire en béton capable de rivaliser avec les meilleurs films du genre. Il parvient à convaincre Ronald Shusset du projet et à deux ils vont tenter d’imposer non sans mal leur idée aux nouveaux producteurs de chez Brandywine. Après moult discussions scénaristiques, le pari est pris, reste à trouver le réal capable de mettre tout cet univers en images. Charmés par l’atmosphère et la virtuosité du film Les duellistes (1977) sorti à Cannes un an plus tôt, les producteurs désignent le tout jeune Ridley Scott comme maître d’œuvre de ce premier opus d’une tétralogie devenue culte. Émerveillé par les peintures d’un artiste que Dan O’Bannon lui présente, Ridley Scott fera tout pour imposer le bestiaire impressionnant de l’artiste suisse H. R. Giger. Désormais, l’équipe des créateurs d’Alien est au complet et l’aventure peut enfin commencer.

Œuvre visionnaire par excellence, le film est comme un tableau géant du créateur helvétique avec ces décors vertébraux et squelettiques qui nous montrent l’antre de l’extraterrestre. Jamais un monstre n’avait acquis une telle « personnalisation » devenue mythique depuis. Cette double mâchoire dégoulinante d’une bave gélatineuse et collante, ce crâne profilé (elle vous gagne une course des six jours avec record mondial à l’appui), son sang acidifié, sa queue virevoltante (!) et cette morphologie très "Tyrannosaurus rex" contribuent à rendre ce monstre terrifiant, véritable argument de poids à la réussite du film, confectionné par des artistes talentueux (Oscar des effets spéciaux en 1980) comme Nick Allder, Denys Ayling, Brian Johnson ou le regretté Stan Winston. « Sa perfection structurelle n’a d’égale que son hostilité » lance le docteur Ash (Ian Holm) comme pour nous certifier du terrible danger qu’encoure l’équipage du Nostromo .

Mais la scène la plus spectaculaire, celle appelée d’ « intubation » est à mettre à l’actif de cette bête arachnéenne à la queue disproportionnée (!) qui étouffe ses victimes et pond directement dans le corps offrant une vision horrible d’un masque accroché au visage.
L’atmosphère est lourde, une fause lenteur accompagnée d’une sonorisation monocorde (Jerry Goldsmith) rend la tension pesante. Nos héros évoluent dans des décors de toute beauté (influencés directement des œuvres du Necronomicon de Giger) envahit par des panaches de fumée et baigné dans des lumière artificielles éclairant à peine l’obscurité glaçante de la planète abandonnée.

Parmi ces héros, neuf acteurs confirmés ou en passe de devenir cultes. Un équipage moitié britannique (Ridley Scott oblige), moitié ricain. En tête, Sigourney Weaver évidement, méconnue à l’époque, qui interprète avec maturité une femme de caractère et offre par la même occasion l’héroïne féminine la plus célèbre du cinéma. John Hurt, Ian Holm et Veronica Cartwright apportent la british touch, traversant tous les trois l’Atlantique pour lancer leur carrière internationale et étaler leur talent jamais démenti depuis.

Somme de tous les talents, Alien est sans nul doute une œuvre majeure du cinéma fantastique et de science-fiction. Un film révolutionnaire qui allait influencer bon nombre de réals actuels à commencer par Ridley Scott lui-même qui de par cette expérience réalisera son œuvre ultime avec Blade Runner un an plus tard. Film d’angoisse par excellence qui témoigne une nouvelle fois du génie et de l’audace de quelques précurseurs issus d’une décennie décidément riche en Chefs d’œuvres.

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