Critique de film

Alien 3

"Alien³"
affiche du film
  • Genre : Horreur, Science-fiction
  • Année de production : 1992
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : David Fincher
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h54
  • Budget : 50 millions de dollars
  • Scénariste : Dan O'Bannon (personnages) / David Giler, Walter Hill, Larry Ferguson (scénario)
  • Musique : Elliot Goldenthal
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Sigourney Weaver, Charles S. Dutton, Charles Dance, Paul McGann, Brian Glover, Ralph Brown, Daniel Webb
  • Récompenses : Nominé à l'Oscar des Meilleurs effets visuels en 1993
    Nominé aux Saturn Awards des Meilleurs costumes, Meilleure actrice (Sigourney Weaver), Meilleur réalisateur, Meilleur film de science-fiction, Meilleurs effets spéciaux, Meilleur acteur de second rôle (Charles S. Dutton) et Meilleur scénario en 1993
    Nominé au BAFTA Film Award des Meilleurs effets spéciaux en 1993
    Nominé au MTV Movie Award de la Meilleure séquence d'action en 1993
    Golden Reel Award du Meilleur son en 1993

Seule survivante d'un carnage sur une planète lointaine, Ripley s'échoue sur Fiorina 161, planète oubliée de l'univers, balayée par des vents puissants. Une communauté d'une vingtaine d'hommes y vit. Violeurs, assassins, infanticides, ce sont les plus dangereux détenus de droits communs de l'univers. L'arrivée de Ripley va les confronter à un danger qui sera plus fort qu'eux.

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Alien 3 - Il est né le divin enfant...
Par : Gore Sliclez


Une navette spatiale se crashe sur la planète Fiorina 161 avec à son bord quatre passagers dont Ellen Ripley, seule rescapée de l’accident. Recueillie par des prisonniers au passé très lourd, celle-ci et ses nouveaux comparses vont devoir affronter une nouvelle fois un Alien redoutable lui aussi survivant de la navette. Épargnée depuis le début par le monstre, Ripley prend conscience que grandit dans ses entrailles une Reine extraterrestre qu’il faut absolument détruire sous peine de coloniser la planète entière.

David Fincher, jeune réalisateur du troisième opus de la saga, n’acceptera jamais de reconnaître cette première œuvre, clamant à tout va que celle-ci fut trop souvent la proie de remaniements continus de la part des producteurs que pour se reconnaître dans cet Alien 3. Un statut de « série culte » devenu contraignant dans les nombreuses discussions artistiques et entraînant de nombreuses interférences avec une production soucieuse de la rentabilité avant tout. Résultat : de nombreuses versions pour un scénario dont l’intrigue était initialement prévue sur Terre et/ou dans un monastère, mais accident de décors oblige, le monastère devint alors prison sur la planète oubliée Fiorina 161 où séjournent à jamais les rebuts de la société comme les violeurs, les escrocs ou les meurtriers. Situation ridicule encore quand, rasée pour l’occasion (opération chèrement monnayée auprès des argentiers Caroll-Giler-Hill), Sigourney Weaver verra sa coiffure repousser alors que l’ébauche même d’un scénario définitif ne semblait toujours pas prendre naissance. Re-jackpot pour la star et cheveux blancs par contre pour les maquilleurs…

Face à ce fiasco annoncé, les aficionados de la série s’inquiétèrent logiquement du résultat. Et pourtant, si Alien 3 souffre évidement de la comparaison avec ses deux illustres prédécesseurs, force est de constater que le film s’en sort plutôt bien et respecte lui aussi l’univers unique créé par Dan O’Bannon et H. R. Giger. Mieux même, celui-ci incorpore dans le récit un autre monstre peut-être encore plus terrifiant : l’homme. En proie aux désirs pervers de certains prisonniers, Ellen Ripley, perçue comme une intruse trop appétissante, se trouve aux prises avec des personnages dangereux, sexuellement sevrés et qui aiment clamer haut et fort : « traite une pute comme une dame et une dame comme une pute » ! L’auteur de ces lignes vous laissant y réfléchir à votre aise… Une communauté dantesque rassemblée autour d’un leader religieux (Dillon) charismatique et puissant.

Mais ces forçats de la mine, véritable tableau allégorique du mythe de Sisyphe, se rendent compte très vite que seules la solidarité du groupe et la connaissance de Ripley sur l’espèce extraterrestre sont les seules armes face au danger, mis à part peut-être pour le feu, comme un rappel de cet élément protecteur utilisé depuis la nuit des temps. Un scénario mystique quelque peu complexe voire obscur qui occasionne malheureusement des cassures de rythme préjudiciables à l’action et particulièrement dans la version longue du coffret Alien Quadrilogy de 2004. Antithèse même de la version musclée de Cameron, Alien 3 n’en reste pas moins un film d’horreur spatial à la photographie soignée (mais étrangement en deçà du génie Fincher décidément ligoté par la prod) et aux ralentis impressionnants.

Sigourney Weaver, une nouvelle fois, porte le film sur ses épaules et devient définitivement une des rares incarnations cinématographiques les plus réussies et les plus impliquées du genre. Un personnage mythique menacé de disparaître à jamais puisque, subtilité du scénario oblige, Ripley est enceinte d’un Alien, offrant par la même occasion une scène finale de toute beauté. Malheureux également Charles Dance, acteur éminemment sympathique et atypique, qui disparaît un peu trop vite…

Œuvre maudite, film qui ne devait jamais voir la nuit des salles obscures, Alien 3 ne fait pourtant pas injure à la série. Film complexe autant que subtil dans le déroulement de son récit, ce troisième opus souffre certes de nombreuses lenteurs mais mérite de figurer dans cette quadrilogie géniale grâce une nouvelle fois aux interprétations sans faille de son casting et à une très belle photographie. Enfin, involontairement, la fin déroutante du film allait initier une idée géniale de résurrection contemporaine pour le quatrième Alien

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