Critique de film

Absolutely Anything

"Absolutely Anything"
affiche du film
  • Genre : Comédie, Science-fiction
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA, Angleterre
  • Durée : 1h25
  • Musique : George Fenton
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Neil Clarke, un enseignant désenchanté, amoureux de sa voisine du dessous qui sait à peine qu'il existe, se voit attribuer par un conseil extraterrestre le pouvoir de faire absolument tout ce qui lui passe par la tête. Neil l'ignore mais la manière dont il va se servir de ce nouveau pouvoir va dicter le destin de l'humanité. Un seul faux pas de sa part et les extraterrestres anéantiront la planète Terre.

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Absolutely Anything - 30 millions d’amis
Par : Seb Lecocq

Voilà le film qui marque le (presque) retour des Monty Phyton à l’écran. Associé à l’icône geek des années 2000, Simon Pegg, le club des Cinq s’est enfin de nouveau réuni à l’écran. Si effectivement ils sont bien présents dans cette histoire mise en scène par Terry Jones, c’est uniquement sous forme vocale que les fans pourront les retrouver. Terry Gilliam, Eric Idle, John Cleese, Michael Palin et Terry Jones prêtent en effet leurs voix aux belliqueux extraterrestres du film. Des apparitions secondaires en soutien de Simon Pegg qui, lui, est pratiquement de tous les plans et tient le film sur ses frêles épaules. Pas forcément gage de réussite commerciale...

Sur Terre, Neil est un prof de collège qui se rêve écrivain. Dans l’espace, le Conseil Intergalactique des Etres Suprêmes décide de tester les Terriens en confiant les pleins pouvoirs à un humain sélectionné au hasard. Neil se retrouve avec la capacité de faire absolument n’importe quoi, ce dont il ne va pas se priver. Sur un canevas proche de celui de Bruce Tout-Puissant, Jones signe quelques gags rigolos et ne se prive pas d’égratigner gentiment ses contemporains. Souffrant d’un manque de profondeur, tout le film tient sur ce simple concept : permettre à son acteur principal de faire tout ce qu’il veut. S’enchaînent alors de petites séquences plus ou moins réussies, certaines sont très drôles, d’autres moins. On se fait des clins d’œil entres amis au détour d’une hilarante séquence d’invasion de zombies déclenchée par Neil. L’esprit est bon enfant et le film se laisse suivre sans difficulté. Le tout est évidemment cousu de fil blanc mais l’énergie de Simon Pegg et l’humour des extraterrestres ainsi que du chien (le regretté Robin Williams prête son organe vocal à la bête) font le reste. Vu que le scénario est basique dans son déroulement et la mise en scène bien trop illustrative, la qualité de cette comédie repose entièrement sur son casting. Heureusement, sur ce point-là, Absolutely Anything est totalement réussi, du plus grand au plus petit rôle, chaque acteur apporte sa petite pierre à l’édifice.

Dans sa deuxième partie, le film de Terry Jones dévoile ses véritables intentions : si la comédie est toujours bien présente, on peut y lire en sous-texte une critique de l’égoïsme des Terriens et de la faiblesse des humains. On le sait maintenant depuis le premier Spider-man de Raimi : « De grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités » et Neil va l’expérimenter à sa façon. Disposer des pleins pouvoirs n’est point une sinécure car chaque acte entraîne son lot de conséquences inattendues et de questionnements moraux. A-t-on le droit de décider du sort d’autrui, d’influer sur sa vie, de lui dicter sa conduite ? Jones répond par la négative, la liberté avec tout ce qu’elle comporte de négatif et de complications sera toujours plus enviable qu’une dictature même éclairée. Ce qui fait l’humanité, c’est cette faculté de décision, de libre arbitre, la capacité de faire ses propres choix, ses erreurs. Mais dans le même temps, ce qu’Absolutely Anything nous dit, c’est que le pouvoir est une arme trop puissante pour un seul homme, mieux vaut le transmettre à un chien (!).

Une fin heureuse, certes, mais aussi pleine d’amertume si on la regarde de plus près. Les hommes semblent capables de gérer tant bien que mal leur petite vie mais la destinée de toute une planète est une tâche beaucoup trop ardue pour eux. Un message fort confirmé jour après jour par l’actualité. Mais loin de faire la morale ou d’être une œuvre prêchi-prêcha, Absolutely Anything est une petite comédie sans prétention, sympathique et enlevée portée par un Simon Pegg en forme qui fait ce qu’il fait le mieux : du Simon Pegg. Terry Jones ne sera jamais un grand metteur en scène mais il emballe la chose proprement pour livrer un divertissement fort agréable et drôle. A savourer tranquillement avec son chien mais sans oublier qu’au final, c’est lui qui décide !


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