Critique de film

Ablations

"Ablations"
affiche du film
  • Genre : Drame
  • Année de production : 2014
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Belgique, France
  • Durée : 1h34
  • Musique : Matthieu Gonet & Sylvain Goldberg
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Un homme se réveille dans un terrain vague, sans aucun souvenir de la veille, une cicatrice au bas du dos. Une ancienne maîtresse, chirurgienne, lui apprend qu’on lui a volé un rein. Obnubilé par ce vol, il va tout sacrifier pour le retrouver : sa famille, son travail… Jusqu’à sombrer dans la folie.

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Ablations - Plaie non cautérisée
Par : Damien Taymans


Au moment où naissent çà et là des constats accablants dressant le bilan tragique et macabre du cinéma de genre hexagonal émerge cet Ablations qui s’annonce forcément surréaliste, autre, eu égard au signataire du scénario Benoït Delépine, cette fois amputé de son collaborateur Gustave Kervern. Une amputation qui tombe plutôt bien puisqu’elle est au cœur même du récit, celui-ci étant tissé à partir d’un "bad trip" du Grolandais qui imagine un jour s’être fait voler un rein. Cette angoisse atterrit sur les épaules plutôt costaudes de Denis Ménochet qui campe l’une des victimes collatérales de ce trafic d’organes. "Oeil pour œil, rein pour rein" se répète son personnage qui se lance à la recherche de son bourreau, sacrifiant au passage femme, enfants et boulot. Obsédé par la perte de cette tranche de barbaque de 150 grammes ("Y a peu plus, je vous l’extrais quand même ?"), Pastor course les chirurgiens mis sur le carreau par le conseil de l’ordre pour confondre le boucher du dimanche ou, mieux encore, récupérer son dû.

En 2010, c’était Zoé Félix qui fricotait de près avec les traficoteurs d’organes dans le Captifs de Yann Gozlan. Malgré une volonté farouche d’éviter toute surenchère dans le gorasse, Gozlan avait composé une œuvre très ricaine dans l’esprit, se rapprochant davantage du diptyque Hostel (passons sous silence le troisième épisode) que des Yeux sans visage de Franju.

Pour l’heure, malgré une mise en scène louchant parfois vers le cinéma de Lynch, l’œuvre d’Arnold de Parscau se montre beaucoup moins chiche en passages poignants et suit à tort les méandres du scénariste Delépine qui compose un patchwork scénaristique des plus confus et fades qu’égaient quelques rares touches de folie (l’opération sous tente Quéchua). De folie justement, il en est trop peu question dans Ablations riche en trognes hélas trop peu exploitées qui ne parviennent, faute de moyens, à doter leurs personnages de la moindre profondeur. Ainsi en est-il du tandem zarbi composé de Philippe Nahon et Yolande Moreau qui ne bénéficie à l’écran que de rares interventions tout juste fonctionnelles. Tout comme leurs comparses, créatures excentriques (Florence Thomassin en chirurgienne cougar) ou loufoques (un vétérinaire pleurant la mort d’un alpaga) réduites à l’état de simples intervenants dans le parcours du héros.

Ablations, malgré des intentions souvent nobles et une résolution qui prend le contrepied de ce qui se fait d’habitude, se pose comme un demi-échec ou, pour être plus optimiste, une demi-réussite. Plus intéressant et mieux réalisé que la plupart des péloches françaises osant la sortie du mainstream ces dernières années, le film d’Arnold de Parscau se montre à la fois trop et pas assez riche et égare le spectateur à force de démultiplier ses intrigues et d’étoffer sa galerie de personnages. Un film transgenre (en pleine théorie du genre, décidément, c’est une œuvre de son temps) qui ne parvient pas à cautériser les plaies du cinoche de genre tricolore ...


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