Critique de film

Abductee

"Abudakuti"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 1h35
  • Musique : Nobuhiko Morino
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Atsushi Chiba se retrouve attaché dans un étroit container avec pour compagnons un portable et une grosse pierre.

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Abductee - Entre les murs
Par : Damien Taymans




Personne ou presque ne s’attendait à l’offensive de Pearl Harbor malgré un climat de tension aiguë entre les Américains et les Japonais. C’est que, dans le pays du Soleil Levant, on aime surprendre et attaquer par surprise. La preuve avec le dernier-né de Yudai Yamaguchi, spécialiste ès épouvante nippone et signataire de pellicules déjantées à base de base-ball (Battlefield Baseball, Deadball). Yamaguchi délaisse les terrains s’étendant à perte de vue pour un endroit plus resserré, un container en mouvement, balancé de gauche à droite par un véhicule non-identifié. Comme dans les huis-clos claustros Cube ou Buried, la caméra ne s’aventure jamais à l’extérieur et reste focalisée sur les faits et gestes du cobaye maintenu dans sa cage. L’intrigue emprunte d’ailleurs quelques éléments à l’une et l’autre des œuvres précitées puisqu’Atsushi Chiba, d’abord coincé dans une combi de plastique en compagnie de son seul portable, apprend bien vite que d’autres containers jouxtent le sien, chacun contenant un nouvel otage.

Plus intrigant qu’angoissant, Abductee demeure avant tout une vraie étude psychologique. Sans moyen de défense et de communication (le GSM ne capte plus aucun réseau), l’ancien mangaka doit recréer des liens sociaux avec de sombres inconnus et griffonner sur des papiers des silhouettes qu’il pense correspondre à ses interlocuteurs. L’être social, privé de ses repères habituels, réduit à un code rudimentaire tatoué sur le bras, est un individu décharné, déshumanisé, en proie au doute et à la parano (la rumeur circule bien vite que le responsable de ce monumental enlèvement doit être dans l’un des baraquements de tôle). C’est dans ce plus simple appareil que le héros, contraint de réduire sa propre vie et celle des autres à l’évocation d’un souvenir ou à l’intitulé d’une profession, devra reconstituer le puzzle pour comprendre les motivations de leur ravisseur.

Cette enquête occupe l’essentiel du récit et comporte assez de révélations différentes pour soutenir l’intérêt du spectateur quand la forme ne s’autorise quant à elle aucun sursaut, coincée dans ce cercueil d’acier. Si Abductee surprend dans un premier temps par le sérieux affiché par son auteur et l’ingéniosité toute relative de son intrigue, on pointera un sacré ventre mou dans l’œuvre qui aurait pu aisément e passer d’un bon quart d’heure. Et ce détour par Incassables rend le film définitivement inclassable...


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