Critique de film

Le Septième fils

"The Seventh Son"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 2014
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Kevin Lima
  • Pays d'origine : USA, Angleterre, Canada, Chine
  • Durée : 1h42
  • Scénariste : Joseph Delaney, Matt Greenberg
  • Musique : Marco Beltrami
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  • Bande annonce
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  • Récompenses : --

Une époque enchantée, où les légendes et la magie ne font qu'un…L’unique guerrier survivant d'un ordre mystique part en quête d'un héros prophétique doté d’incroyables pouvoirs, désigné par la légende comme étant le dernier des Sept Fils.Le jeune héros malgré lui, arraché à la vie tranquille de fermier qu'il menait jusqu'à présent, va tout quitter pour suivre ce nouveau mentor rompu au combat. Ensemble ils tenteront de terrasser une reine d’autant plus maléfique qu’elle a levé contre le royaume une armée d'assassins redoutables aux pouvoirs surnaturels.

Les critiques à propos de ce film

Critique : Le septième Fils - Mon fils, ma bataille
Par : Seb Lecocq


Le Septième Fils n’est pas l’adaptation cinématographique du mythique album d’Iron Maiden « Seventh Son of a Seventh Son », mais une énième adaptation d’une énième saga de fantasy qui encombre depuis quelque temps nos bibliothèques et salles de cinéma. La particularité de ce projet tient dans son metteur en scène, le talentueux Sergey Bodrov qui s’était fait remarquer chez nous avec les puissants Mongol et Nomad, deux œuvres qui sentaient bon les plaines arides de la taïga et le souffle épique des décors sauvages du nord de la Russie. A voir le trailer de ce film, on se doute bien qu’il n’en sera rien. Fonds verts et effets digitaux en pagaille se tirent la bourre dans un film à grand spectacle typique de la fantasy bas de gamme.

Adapté de la saga l’Epouvanteur débutée en 2005 par Joseph Delaney, Le Septième Fils suit les aventures de Thomas Ward, le septième fils d’un septième fils pris comme apprenti par Maitre Gregory afin d’affronter la terrible Mère Malkin, créature maléfique aux pouvoirs infinis. A l’instar des Hunger Games, Divergente, Labyrinthe et autres Twilight de sinistre mémoire, il s’agit d’une aventure qui s’adresse avant tout au public adolescent amateur de fantasy, d’aventures épiques et de récit d’apprentissage, trois composantes que rassemble le film de Bodrov. On s’en doute, le scénario, cousu de grosses cordes blanches, ressasse les anciennes recettes des récits initiatiques avec un Elu en guise de héros et des Forces du Mal en guise de méchants. Rien de neuf sous le soleil et ça, le réalisateur l’a bien compris. Il n’essaie pas de nous vendre son histoire comme le nouveau récit initiatique qui va révolutionner le monde du cinéma mais il s’en sert comme socle autour duquel il va articuler son film en insistant sur les points forts afin de rendre le tout le plus plaisant possible. Et le pire, c’est qu’il y arrive le bougre.
Le Septième Fils brille par sa mise en scène, bien que balisée et formatée, où l’on retrouve par instants, au détour de l’une ou l’autre scène, le souffle épique qui habitait les précédents métrages de Bodrov. Les scènes d’action, notamment, possèdent ce petit plus qui tire le film vers le haut. Bien aidé par une technique irréprochable, Le Septième Fils est globalement très beau et léché, le metteur en scène russe exploitant à fond les points forts du projet. On saluera donc la volonté de la production de choisir un metteur en scène de ce calibre, mais aussi un casting hyper solide articulé autour de deux monstres que sont Jeff Bridges et Julianne Moore qui se retrouvent 16 ans après l’incroyable The Big Lebowski. Ce sont eux qui tiennent le film sur leurs épaules : Bridges joue sa partition sans en faire des tonnes mais sa stature et son charisme naturel offrent un vrai surplus d’âme à son personnage de « vieux maitre » tandis que Julianne Moore, malgré un look numérique un peu foiré, prend du plaisir à interpréter une vraie méchante de conte de fées. Entre eux, on trouve un couple de jeunes acteurs (plus si jeunes d’ailleurs) qui s’en tirent pas trop mal dans des rôles pourtant clichés à mourir.

Voilà donc un film sans aspérité aucune, en pilotage automatique et prévisible mais qui possède une belle patte visuelle et une solide interprétation. Les scènes d’action et de pure fantasy sont réussies, on y ressent la maîtrise du réalisateur russe, et en sus Marco Beltrami se fait plaisir avec une partition épique qui donne de l’énergie à une histoire qui, sur papier, en manque singulièrement. Le Septième Fils est l’exemple typique du film qui grâce à sa technique parvient à rendre honorable un scénario pâlichon. A choisir si on a deux heures à tuer et que l’on ne souhaite pas trop se fatiguer intellectuellement.


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