Critique de film

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La Course à la mort de l'an 2000

"Death race 2000"
affiche du film

En l'an 2000, les Etats-Unis sont devenus une dictature où la violence extrême ne choque plus. Le nouveau sport national ? Une course automobile récompensant le concurrent qui écrasera le plus de piétons. Parmi les pilotes, Frankenstein et sa coéquipière, Annie, décident de saboter la compétition...

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Trailer - La course à la mort de l’an 2000 (1975)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Death race 2000 - « Les femmes valent toujours 10 points de plus que les hommes quelque soit leur âge »
Par : Fred Pizzoferrato
Tags : Course motorisée

Dans un futur proche, l’Amérique est devenue une dictature où le principal divertissement est le sport-spectacle. Une course transcontinentale dans laquelle les concurrents doivent s’entretuer et écraser un maximum d’innocents constitue le point d’orgue de ces jeux mortels. Pour cette cinquième édition, le héros défiguré Frankenstein remet son titre en jeu face à Machine Gun Joe Viterbo et trois autres pilotes tous plus tarés les uns que les autres.

Réalisé en 1976, Death Race 2000 met en scène la rivalité entre deux coureurs automobiles participant à la compétition mortelle de la « Death Race ». Dans cette course, tous les coups sont permis et une des manières les plus simples de remporter des points (selon un système complexe) consiste à écraser des passants innocents. Nos deux protagonistes principaux sont donc Frankenstein et Machine Gun Joe Viterbo. Le premier, héros du peuple, a survécu à plusieurs accidents et cache à présent son visage défiguré et ses terribles blessures sous une combinaison de cuir noire. Le second, surnommé Machine Gun, le jalouse et rêve de terminer premier de cette course folle à laquelle participe également la belle Calamity Jane, la blonde nazie Mathilda et le redoutable Nero the Hero. Tous sont accompagnés par leur navigateur chargés de les mener à l’autre bout des Etats-Unis. Mais on découvre également un mouvement de résistance mené par des citoyens américains outragés décidés à stopper une fois pour toute cette honteuse compétition.

Death Race 2000 s’inspire certainement de Rollerball, autre métrage décrivant les dérives du sport spectacle et la glorification de la violence à des fins politiques par des médias de masse ayant perdu tout sens des valeurs. Le classique de Norman Jewison étant sorti l’année précédente, il serait facile de ne voir en Death Race 2000 qu’un décalque supplémentaire, d’autant qu’il fut produit par Roger Corman, lequel allait ensuite se spécialiser dans les reprises de thèmes célèbres (Piranhas après Jaws, La galaxie de la terreur après Alien, Android après Blade Runner, Bataille au-delà des étoiles après Star wars, sans compter les innombrables produits d’heroic fantasy lancés suite au succès de Conan le Barbare). Mais, à l’image de la plupart des titres précités, Death Race 2000 parvient à trouver son identité et à s’élever au-dessus du simple plagiat pour aboutir à une œuvre forte n’ayant rien perdu de sa pertinence, bien au contraire, après trois décennies.

Pour incarner le pilote mutilé par de nombreuses courses, Paul Bartel a choisi David Carradine, lequel venait de triompher dans la série télévisée Kung fu. En face de lui, le débutant Sylvester Stallone s’approprie le psychotique Machine Gun et se lance dans un joli numéro d’acteur. Juste avant de triompher grâce à Rocky, Stallone trouvait enfin un rôle intéressant et important, non dénué d’un certain humour très noir. Les deux acteurs n’hésitent pas à se moquer gentiment d’eux-mêmes tandis que les seconds rôles s’avèrent encore plus caricaturaux et donc savoureux. Il faut d’ailleurs noter que Death Race 2000 ressortit en salles au début des années 80 afin d’exploiter la notoriété récente de Stallone et peut-être pour l’inscrire dans la vague Mad Max alors en plein essor. On le connut alors sous le titre Les Seigneurs de la route, qu’il garda d’ailleurs pour sa sortie en vidéo cassette.

En dépit de sa critique réussie de la société américaine en devenir, Death Race 2000 est aussi et peut-être avant tout un beau spectacle aux allures de bandes dessinées déjantées. Les véhicules de nos cinq coureurs sont personnalisés et ressemblent à de véritables monstres mécaniques. Quant aux pilotes eux-mêmes, ils s’affublent de costumes, de masques, de surnom et de toute une légende mi-inventée mi-réelle qui les rapprochent immanquablement des gladiateurs modernes que sont les catcheurs. Leurs interventions, aussi horribles soient-elles, bénéficient d’ailleurs de l’appui de spectateurs enthousiastes avides de carnage et parfois même ouvertement néo-nazis. Certes des résistants continuent de s’opposer à ce travestissement grotesque du sport mais ils sont peu nombreux et le Président les traite en quantité négligeable, les accusant d’ailleurs d’être des terroristes français, la France étant bizarrement pointée du doigt comme le grand ennemi des Etats-Unis dans ce futur fantasmé.

Malgré un budget restreint, Paul Bartel soigne donc le visuel de ce Death Race 2000 en proposant quelques courses poursuites, explosions et autres accidents de la route plutôt bien menés. Dommage que le métrage perde un peu de son intérêt lorsqu’il s’égare sur les voies d’un certain érotisme pas franchement efficace. Soucieux de se conformer aux dictats de l’exploitation et du tyrannique producteur Roger Corman, Paul Bartel place en effet une bonne dose de nudité gratuite au sein d’un film qui n’en avait pas vraiment besoin. Quelques effets gore aussi brefs que percutants, mieux intégrés et assez amusants par leurs côtés « cartoonesques » assumés s’avèrent, eux, plus intéressants et participent davantage à cet univers excessifs. Côté comédie, Death Race 2000 privilégie un humour satirique et mordant mais n’hésite pas non plus à se vautrer plus franchement dans la gaudriole. Un des meilleurs passages intervient lorsque des infirmières placent des malades sur la route en espérant les voir écrasés par le bolide de Frankenstein, mais ce dernier effectue un détour et écrase le personnel soignant. Un autre moment assez ridicule mais mémorable reste la danse d’un Frankenstein, tout de cuir vêtu, avec sa co-pilote et maîtresse dans une chambre d’hôtel. Death Race 2000 ne trouve pas toujours son équilibre lors de ces scènes un peu boiteuses mais il gagne en charme bis ce qu’il perd en efficacité. D’où cette curieuse impression de regarder un film à la fois sérieux et parodique, à la fois « artistique » et purement commercial.

Le rythme soutenu aide heureusement à accepter les défauts du métrage, Bartel emballant son intrigue en à peine 80 minutes et ne laissant guère au public le temps de souffler. Le résultat, qui aurait pu devenir pénible, s’avère pourtant totalement efficace et, en dépit de ses imperfections évidentes, Death Race 2000 demeure un film culte de bon niveau. Roger Corman, en producteur rusé, exploita d’ailleurs sa notoriété via deux pseudo-séquelles (Death sport et Cannonball, toutes deux avec David Carradine) et divers films de bagnoles comme Grand Thef Auto et Eat my dust. L’intrigue inspira ensuite un flipper, un jeu vidéo (« Death Race 2000 ») et, plus tard, la saga ludique « Carmaggedon » avant d’être déclinée sous un jour humoristique via des titres comme L’équipée du Cannonball qui en adaptèrent officieusement les principes pour aboutir à des comédies grand public. Sans oublier, évidemment, le remake réalisé en 2008 par Paul Anderson. C’est dire l’influence que cette petite série B a eu sur la culture populaire !

Avant la sortie d’un remake sans doute orienté vers le simple divertissement, la vision de cette production satirique et violente s’impose en ces temps dominés par la télé-réalité et le culte de stars fabriquées par les médias.

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