Critique de film

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Coraline

"Coraline"
affiche du film

L'histoire d'une fillette qui pousse une porte secrète dans sa nouvelle maison et découvre alors une version alternative de sa propre vie. Au premier abord, cette vie parallèle est étrangement similaire à la sienne - en bien meilleure. Mais quand cette aventure fantastiquement déjantée commence à devenir dangereuse et que sa fausse mère essaie de la garder avec elle à jamais, Coraline n'a d'armes que son ferme entêtement et son courage, et la complicité de voisins et d'un chat noir parlant, pour venir en aide à ses vrais parents et aux autres enfants fantômes et rentrer enfin à la maison.

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Trailer - Coraline (2009)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Coraline - De l’autre côté du miroir
Par : Damien Taymans
Tags : Animation

Le déménagement n’a décidément rien amené de positif dans la lamentable vie de Coraline. Ses parents se consacrent toujours autant à la rédaction de leurs articles sur le jardinage, quitte à arborer de gigantesques cernes, et délaissent leur fillette. Coraline s’ennuie ferme et, pour combler les interminables après-midis, compte les gouttelettes qui ruissellent sur la fenêtre de sa chambre et entame un recensement des portes et fenêtres de sa nouvelle demeure. Lors de son investigation, elle découvre une petite sortie dérobée, savamment planquée derrière le papier-peint. Au bout d’un couloir, un monde alternatif où vivent des clones de ses parents. Des clones plus joyeux qui gambadent et s’amusent dans un univers bariolé et fleuri. Bien sûr, ce monde-là comporte aussi ses petites malformations. Tout le monde a des boutons… à la place des yeux…

Coraline est, selon la formule consacrée, un film adulte. En ce sens qu’il témoigne de la maturation de son auteur, Henry Selick, qui s’affranchit pour la première fois des influences de ses mentors et prend seul les rennes de cette adaptation. Fou absolu du roman original de Gaiman, le réalisateur de L’étrange Noël de monsieur Jack (souvent attribué à tort à Tim Burton) s’est précipité sur les droits cinéma du bouquin avant que d’autres ne s’alignent sur les rangs. Retranscription fidèle mâtinée de quelques clins d’œil propres au cinéaste, Coraline s’articule autour de deux mondes, séparés par un long corridor dans lequel la stature debout est impossible à maintenir. Deux univers que Selick voulait à la base diamétralement opposés autant au niveau du fond que de la forme. Le monde réel en stop-motion traditionnel et le monde onirique en animation stéréoscopique afin de fournir davantage de relief et de forme à cette alternative fantasmée. Entreprise abandonnée en cours de projet étant donné que le monde vers lequel tendait à revenir l’héroïne revêtait moins d’intérêt que celui dont elle cherchait à s’échapper. En lieu et place, la stéréoscopie est disséminée sur l’ensemble de l’œuvre, permettant à Selick de sublimer cette fable visuellement enchanteresse.

Un enchantement formel qui contrebalance un fond plus proche de l’horreur que du fantastique. A ce titre, Coraline est un film adulte pour les adultes même si le pendant réel s’avère moins glacial et désespérément noir que celui dressé dans les films de Del Toro (Le Labyrinthe de Pan et L’échine du diable, sur fond de guerre où les enfants sont les victimes principales d’une cruauté des adultes qui se décline tantôt en abandon tantôt en rapiècement familial). Le monde parallèle peuplé de personnages aux yeux boutonnés, leur mainmise sur Coraline et les autres enfants piégés renvoient aux contes sombres et ténébreux d’Andersen avant qu’une refonte politiquement correcte dictée par la sacrosainte bienséance ne les épure de toute dramaturgie horrifique. A l’instar desdits contes, l’œuvre comporte son lot de concepts moralisateurs qui poussent à la réflexion tout en conservant une certaine distance afin de ne pas sombrer dans la surexplication édificatrice pour gobeurs crédules. Mieux, subrepticement, Coraline dresse un constat cinglant de la société actuelle, donnant le rôle dominant à la mère d’un côté du miroir comme de l’autre et décalquant les dérives de la société actuelle via les comportements des parents et de l’étrange voisinage. Au point de quitter le parallèle inévitable avec les œuvres de Lewis Carroll, Coraline se pose lui-même comme un reflet à peine déformé d’une réalité quasiment fictionnelle.

Essai réussi pour Selick qui signe avec Coraline son premier projet personnel (il endosse à la fois les casquettes de réal, de scénariste et de producteur) loin de ses mentors. Entachée de quelques menues longueurs (le dénouement tarde à venir et certaines digressions s’avèrent inutiles), cette pellicule constitue au final un concentré détonnant de ce qui se fait actuellement de mieux en matière d’animations.


Critique de Coraline - Sombre merveille
Par : Samuel Tubez
Tags : Animation

C’est une bien belle avant-première que nous proposait le 27ème BIFFF lors de son ouverture avec Coraline, le nouveau bijou d’animation signé par l’un des maîtres actuels de la stop motion, Henry Selick. Malgré une 3D absente des conditions de projection, l’immersion était toutefois bel et bien de la partie avec ce conte noir et macabre surtout destiné aux plus grands.

Coraline, 11 ans, s’ennuie terriblement dans la vieille maison où elle vient d’emménager avec son père et sa mère. Partie à la découverte des moindres recoins de la bâtisse, elle découvre une porte cachée sous le papier peint du salon. En la franchissant, la petite fille est propulsée dans une version alternative de son existence qui s’avère au premier abord merveilleuse. Mais cette réalité parallèle va bientôt dévoiler ses démons et plonger Coraline dans un monde cauchemardesque.

Ce qui marque à l’issue de la projection, c’est que Coraline est davantage un film d’épouvante qu’un conte enchanteur. Bien sûr, il n’y a rien d’effroyablement éprouvant pour susciter le dégoût des plus jeunes mais le film d’Henry Selick possède toutefois une aura macabre qui en perturbera plus d’un. Le superbe générique d’ouverture où l’on voit une poupée se faire découdre pour ensuite être retournée comme une chaussette donne tout de suite le ton. Peu à peu, Selick plonge dès lors sa petite Coraline dans un monde d’illusions relativement perturbant (ces boutons à la place des yeux, brrr) où manipulation, marâtre diabolique et âmes errantes sont de la fête. On est ici en présence d’un conte ambigu lorgnant sur Alice aux pays des merveilles, auquel de nombreux éléments font écho. Techniquement irréprochable, l’animation est d’une fluidité exemplaire et propose des chorégraphies d’une grande homogénéité. Le réalisateur de L’étrange Noël de Mr Jack apporte tout son talent et sa créativité pour livrer quelque chose d’unique (et tellement en marge des productions actuelles) lui appartenant à 100%. Certaines libertés prises par rapport au texte original signé Neil Gaiman en atteste, d’autant que Selick s’est également débarrassé de l’ombre de Tim Burton qui planait sur lui. Evidemment, leurs univers restent proches mais l’artiste semble avoir enfin trouvé toute sa plénitude pour livrer son bijou à lui et à lui seul. Il n’y a dès lors plus qu’à espérer que le film trouve son public lors de sa sortie pour que ce véritable artisan de l’animation puisse encore nous offrir quelques perles de cet acabit et, pourquoi pas, nous livrer son chef d’œuvre ultime.

Coraline n’est cependant pas exempt de défaut : quelques petites longueurs encombrent ainsi légèrement la trame principale mais son réel problème (qui est aussi paradoxalement sa principale qualité) est qu’il risque de n’attirer qu’un public conquis d’avance par les précédents travaux du réalisateur à cause de son atmosphère délétère. Le jeune public habitué aux animaux se trémoussant sur de la dance restera probablement de marbre devant ce spectacle pourtant très immersif. C’est donc aux adultes de jouer afin de faire exister ce film qui mérite une place de choix dans nos salles obscures.


Commentaires sur le film

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

perso g tro ate ke sa sorte(fo dir ke jmapel coraline, alor...).
100 lavoir vu je c ke je v ADORÉ !!!

10 mai 2009 à 16:05
Merveilleux !

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Ayant déjà vu l’étrange noël de Mr Jack des centaines de fois, je me doutais bien que j’allais aimer ce film.. mais à ce point là.. !
Que dire de plus qui n’aurait déjà été dit par d’autre ?
Je ne ferais que répéter..
Pour synthétiser, magnifique, envoutant, sombre.. du grand Selick !
Vivement que je trouve une séance au cinéma pour pouvoir aller le re-voir (!) mais.. en 3D cette fois =)
À conseiller à toutes vos connaissances, mais attention aux plus jeunes.. c’est vrai que certaines scènes peuvent.. "brusquer" un peu..

Bon film !

11 juin 2009 à 14:06 | Par Olfen

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