Critique de film

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Colt 45

"Colt 45"
affiche du film

Armurier et instructeur de tir à la Police Nationale, Vincent Milès est expert en tir de combat. À seulement 25 ans, ses compétences sont enviées par les élites du monde entier mais dans la plus grande incompréhension de la part de ses collègues, Vincent refuse obstinément d’intégrer une brigade de terrain. Son destin bascule le jour où il fait la connaissance de Milo Cardena, un flic trouble, qui va l’entraîner dans une incontrôlable spirale de violence, plaçant Vincent au centre d’une série d’attaques à main armée, de meurtres et d’une féroce guerre des polices opposant son parrain, le commandant Chavez de la BRB, à son mentor, le commandant Denard de la BRI. Pris au piège d’une véritable poudrière, Vincent n’aura pas d’autre choix qu’embrasser son côté obscur pour survivre…

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Trailer - Colt 45 (2014)
Par : Samuel Tubez

Les critiques à propos de ce film

Critique de Colt 45 - Balle à blanc
Par : Seb Lecocq

Fabrice du Welz a toujours eu une place à part dans notre cœur de cinéphile. De par sa nationalité d’abord (un Belge qui fait du genre, ça n’arrive pas tous les jours), et sa personnalité ensuite. Mais ce qui nous a surtout séduit chez lui, c’est son talent, sa faculté de créer des univers, des atmosphères qui lui sont propres. En deux films, il s’est imposé comme l’une des fines lames d’un cinéma européen résolument autre. Du Welz, c’est un peu notre Refn à nous : la même exigence, la même culture cinématographique et la même manière d’appréhender le cinéma de genre. Colt 45 constitue, en bien des points, une première pour le metteur en scène. Il sort du genre réalisme fantasmagorique qui est le sien pour s’attaquer au polar hard-boiled. Il réalise un film dont il n’a pas écrit le scénario et qui est distribué par Warner Bros France. Colt 45 tourné depuis pratiquement deux ans maintenant et dont on est resté longtemps sans nouvelles sort enfin, à la sauvette, comme si tout le monde voulait se débarrasser de la patate chaude. A la vision du film, on comprend pourquoi.

Colt 45 présente tous les symptômes du film raté. Une narration chaotique, un rythme bancal, un montage assez aléatoire passant du très bon au totalement anecdotique en quelques minutes. Le principal défaut du film est de ne jamais trouver son rythme ou son style. Certains passages s’étirent en longueur quand d’un autre côté des sous-intrigues entières sont expédiées en deux plans. Il en résulte une absence criante de tension et de rythme malgré un bon enchaînement de scènes d’action et un suspense vite éventé. Vu que l’on sait dès le départ qui fait quoi, les scènes qui se voudraient tendues s’avèrent au final sans grand intérêt narratif. On sent les intentions de départ de l’auteur, Fathi Beddiar, grand spécialiste du polar urbain, dans un script qui a du subir moult réécriture et changements d’orientations. Les personnages sont inintéressants, caricaturaux ou vide de toute substance quand ils ne sont pas grossièrement esquissés. Milo, protagoniste central de l’intrigue est clairement mis de côté pendant tout le deuxième acte sans que l’on ne sache vraiment pourquoi et l’on a rarement vu d’aussi gros sabots que lors de la présentation de la fille du personnage incarnée par Alice Taglioni. Jamais, en tant que spectateur, on ne s’implique émotionnellement, la faute justement à ces personnages inexistants. Il peut leur arriver n’importe quoi, on suit ça sans sourciller, de façon ataraxique. C’est en grande partie ce manque d’implication qui provoque l’indifférence face à un produit pas foncièrement mauvais mais bardé de défauts d’écriture et dépourvu d’un vrai regard de metteur en scène, d’une ligne directrice cohérente et forte. Bref, en quatre mots comme en cent : on s’ennuie ferme.

Pourtant, Colt 45 n’est pas un film foncièrement mauvais, on y trouve par intermittence la patte de son réalisateur qui, au détour de quelques fulgurances visuelles, prouve qu’il reste un excellent manieur de caméra mais il ne fait aucun doute que le format pellicule, voire le format 16mm, lui sied beaucoup mieux. Le travail de Benoit Debie, son fidèle chef operateur ne possède pas cette profondeur, cette puissance habituelle, comme si le numérique aplatissait ses lumières plutôt que de leur donner du relief. Tout cela semble bien trop lisse esthétiquement par rapport à ce que le duo a l’habitude de nous proposer. Il reste bien entendu quelques jolis jeux d’ombres et Debie se situe toujours plusieurs coudées au-dessus de la majorité des chefs opérateurs français mais son travail s’exprime beaucoup mieux sur pellicule. Au niveau de la mise en scène pure, là aussi, on sent du Welz plus à l’aise dans les environnements hostiles et naturels que dans l’urbanité et la froide grisaille de la banlieue parisienne où il semble en perte de repères. On retiendra une excellente scène de gunfight tout au ralenti qui brille par la précision de ces cadres et un très bon design sonore. La précision de ces cadres, revenons-y justement, elle se démontre lors des scènes d’action et fusillades. Malheureusement, le montage vient trop souvent annihiler ce travail et réduit à néant la sécheresse du cadrage. Il en reste toutefois une noirceur terrible empreinte d’une violence soudaine et brutale. Les coups de feu font ici vraiment mal.

Là où Colt 45 parvient à surprendre et à combler les attentes, c’est au niveau de son casting. Lanvin fait du Lanvin et Joey Starr se montre très à son avantage dans un rôle pourtant ingrat. Son jeu tout en décontraction et en violence contenue fait des merveilles. Au niveau des seconds rôles, on retrouve quelques vieilles trognes familières d’un certain cinéma français bourru et couillu tels que Simon Abkarian, Joe Prestia, Philipe Nahon ou Antoine Basler. Mais la véritable révélation du film vient d’Ymanol Perset, jeune acteur en devenir qui jouit d’une présence et d’une intensité de jeu rarement vue chez un débutant. Par certains aspects, il rappelle beaucoup Tahar Rahim. Tous deux possèdent ce jeu à l’instinct et cette présence quasiment animale. Perset est la grande réussite de Colt 45 et démontre que du Welz est aussi un excellent directeur d’acteurs.

Malgré l’excellente distribution, l’esthétique soignée et quelques fulgurances visuelles, Colt 45 reste un film d’une grande platitude, qui ne décolle jamais. La faute à un script bazardé, un manque d’implication générale et une absence de tension, élément-clé de ce genre de film. Un polar mou du genou assez lambda sauvé du naufrage par sa mise en scène et son casting. Il faut se faire à l’idée que Colt 45 est un film de commande plus qu’une œuvre pensée, construite et conceptualisée par son auteur. Colt 45 est un film réalisé par Fabrice du Welz et pas un film de Fabrice du Welz.


Commentaires sur le film

3 etoiles

L’idée de départ est bonne mais l’ensemble est un peu bâclé autant dans le scénario que dans les dialogues. Ça reste divertissant grâce surtout à la durée du film, 1h20.

15 octobre 2014 à 20:10 | Par cinecitta

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