Critique de film

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Colour from the Dark

"Colour from the Dark"
affiche du film

Pietro et Lucia vivent dans une ferme isolée en compagnie d'Alice, la jeune soeur de Lucia. Un jour, en recueillant de l'eau dans le puits, Pietro et Alice libèrent quelque chose d'étrange enfoui dans le sol, une sorte de lueur furtive qui jaillit avant de disparaître. A partir de ce jour, des événements effrayants vont commencer à se produire dans les environs conduisant cette famille si paisible au paroxysme de l'horreur. Venue d'un monde inconnu, l'entité maléfique libérée par mégarde va prendre possession de tout ce qui l'entoure et pousser les êtres humains contaminés à commettre des actes d'une rare violence. Tour à tour les habitants de la ferme devront affronter cette force surnaturelle et lutter pour leur survie...

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Trailer - Colour from the dark (2008)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Colour from the dark - Nostalgie bis et hommage à Lovecraft
Par : Fred Pizzoferrato

Ivan Zuccon débuta sa carrière en l’an 2000 avec un Darkness Beyond très vaguement inspiré de Lovecraft, lequel fut suivi de deux adaptations plus fidèles aux écrits de l’écrivain, à savoir The unknown beyond et Shunned house. Zuccon enchaîna avec Bad rains, encore une fois tourné en vidéo digitale, et Nympha, tourné en 2007. Pour sa nouvelle réalisation, Ivan Zuccon revient aux écrits de Lovecraft et adapte une de ses nouvelles les plus connues, « La couleur tombée du ciel », qui eut déjà deux fois les honneurs du cinéma, une première fois en 1965 sous le titre Die monster die et une seconde en 1987 sous celui de The curse.

Cette troisième version reprend les éléments fondamentaux de la nouvelle originelle, transposée en Italie durant la seconde guerre mondiale. Pietro vit dans une petite ferme italienne en compagnie de son épouse Lucia et de la jeune sœur muette de celle-ci, la jolie Alice, mentalement retardée. Leur existence tranquille est un jour bouleversée par une étrange luminescence s’échappant d’un puits. Apparemment contaminée, l’eau va changer la personnalité des habitants de la ferme et en particulier celle de Lucia. Un prêtre, appelé à la rescousse, conclut que cette dernière est possédée par une force maléfique.

Pour atteindre une durée normale, Colour from the dark va ajouter l’un ou l’autre personnage et péripéties à l’intrigue de base mais, globalement, Zuccon reste fidèle aux écrits de Lovecraft. Pour en être à sa quatrième tentative sur le sujet, le cinéaste doit probablement être un fan authentique de l’écrivain maudit et cette honnêteté donne à son film de véritables qualités, en dépit de problèmes de budget évidents. Cependant, le choix de la nouvelle « La couleur tombée du ciel » s’avère heureux et évite de devoir investir des sommes colossales dans des effets spéciaux de toute façon incapables de transcrire l’indicible. Les créatures étant, ici, de simples effets lumineux, le métrage se concentre sur les personnages humains tombant sous leur emprise. Une solution élégante pour traduire à l’écran les monstruosités si difficilement visualisables de Lovecraft.

Contrairement à la plupart des films d’horreur récents, Colour from the dark prend son temps pour présenter de véritables personnages et leur donner un minimum de caractérisation. Le rythme, pour sa part, reste assez lent et retrouve l’atmosphère du fantastique des années 70 ou 80. Zuccon marche fréquemment sur les traces des grands réalisateurs italiens de cette époque, en particulier de Lucio Fulci, son film rappelant quelque peu des chefs-d’œuvre comme L’au-delà ou Frayeurs.

Pour un petit budget, Colour from the dark réussit à ne pas se montrer trop pauvre et a reconstitué avec une certaine justesse l’atmosphère campagnarde de l’Italie de la seconde guerre mondiale. Les effets spéciaux, pour leur part, sont réduits au minimum, Zuccon préférant ne pas trop user de couteuses animations informatiques ce qui accentue l’aspect rétro de son film, tout comme l’utilisation de maquillages à l’ancienne plutôt réussi. Le gore, présent dans quelques scènes, n’est de toutes façons pas l’élément le plus important pour le cinéaste qui lui préfère une atmosphère putride et angoissante. Zuccon se permet également une petite critique à l’encontre des religions, le christianisme ayant cadenassé l’existence de la petite famille italienne qui voit dans les premières manifestations extraterrestres l’expression d’un miracle. Les habituels symboles religieux utilisés pour chasser le Mal (eau bénite, crucifix, prières, étoile de David) se révèlent, pour leur part, inefficaces car sans effet sur des forces cosmiques aussi vieilles que l’univers lui-même. Les scènes chocs, relativement peu nombreuses, sont toutefois bien menées et très efficaces, la tentative d’exorcisme menée par un prêtre aboutissant par exemple à une mort spectaculaire et sanglante.

Au niveau des interprètes, Debbie Rochon se montre particulièrement convaincante et prouve qu’elle peut, ayant dépassé la quarantaine, assurer sa reconversion et s’éloigner des simples rôles de scream queens de séries Z. Une jolie performance pour une actrice totalisant déjà plus de 150 longs métrages. Le reste du casting délivre également des interprétations globalement solides, en tout cas largement au-dessus de la moyenne de ce type de produit fauché.

Alors qu’on attendait une simple série Z se servant du nom de Lovecraft comme alibi, Colour from the dark prouve qu’il est possible d’adapter les récits de l’écrivain avec respect et d’aboutir à un vrai bon film horrifique à l’ancienne misant sur un climat étouffant et ponctué de séquences chocs efficaces. Une belle réussite dans le domaine de l’horreur à petit budget et, de manière plus générale, une jolie surprise méritant largement une vision pour les nostalgiques des eighties, les amateurs d’épouvante à l’ancienne ou les admirateurs de Lovecraft.


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