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Club du Vendredi 13

29 juin 2008 | Par : Gore Sliclez

Pour la défense du cinéma de genre ?

Depuis peu maintenant, une association de professionnels prestigieux (Bustillo, Moreau, du Welz, Vestiel, Gens, Dahan, etc.) appelée Club du Vendredi 13 est apparue sur le Web censée défendre et promouvoir le cinéma de genre en France. Le récent cas de Martyrs est venu réalimenter la polémique concernant la place dans le paysage audiovisuel de ce cinéma dit « en marge ».

Entre une classification logique avec elle-même mais présentée comme rigide et d’un autre côté de nombreux réalisateurs, véritables passionnés du genre et désireux d’offrir un cinéma plus couillu, cet imbroglio culturel encourage ces derniers temps un appauvrissement certain de l’offre pour un public plus minoritaire et donc peu représentatif de ce cinéma conventionnel présenté à l’affiche.

Mais cette fameuse classification française est-elle l’unique responsable du problème ? Oui, selon Xavier Gens, pour qui l’interdiction est une censure et ne fait pas confiance à la responsabilisation du spectateur comme en Espagne où l’on préfère déconseiller certains films plutôt que de les interdire. Le système espagnol est très bien fait et c’est pourquoi leur cinéma de genre connaît un si grand succès. Pour Manuel Chiche, de chez Wilde Side Vidéo, ce n’est pas la classification qu’il faut revoir mais les mentalités. Un film peut être condamnable mais il faut juger le fond et la forme, pas seulement la forme. Mais cette nouvelle génération de réalisateurs, très minoritaire, décidée à sortir des conventions d’un cinéma recroquevillé sur lui-même dérange c’est certain. Parce ce qu’ils ont parfois beaucoup plus de talent que d’autres, que leurs films peuvent faire parfois pas mal d’entrées et que ces films, aux budgets habituellement assez maîtrisés, rapportent de l’argent…
Même son de cloche chez Fabrice du Welz mais pour qui également le pouvoir des exploitants de salles doit être urgemment redéfini. (Notons qu’en Belgique, cette classification n’existe pas puisque les films sont soit Enfants Non Admis (jusque 12 ans) ou soit Enfants Admis. Une méthode qui devrait permettre la sortie de Martyrs chez nous d’ailleurs. Mais quel propriétaire de salle acceptera de le diffuser, là est la question…)

Car selon Gens également, les exploitants préfèrent ainsi faire plus de séances sur des comédies qui rapportent de l’argent. Ils préfèrent deux séances de Ch’tis qu’une séance avec un film de genre à côté ; c’est purement financier. Finalement, on va finir par tous se casser aux US et faire des films là-bas vu qu’on ne veut pas de nous chez nous. On demande juste d’avoir une petite place au milieu des 200 films français produits par an.

Le retour des petites salles spécialisées dans le cinéma plus underground ? Dans un univers où le cinéma se consomme majoritairement en multiplexe et en illimité, cela me semble difficile, nous confie Manuel Chiche. De plus ce serait à nouveau faire rentrer ce type de film dans un ghetto, le contraire de ce que nous voulons… Et puis, il est peu probable que ce soit viable économiquement, rajoute du Welz.

Mais quelles sont les solutions alors ?
Pour Chiche : Changer les mentalités françaises. FRANJU, voire RENOIR ont essayé chacun à leur tour, pourtant aujourd’hui leurs films « de genre » sont un peu tombés dans l’oubli (le testament du Dr Cordelier, Judex, Les Yeux sans visage…). Tenter d’ouvrir les yeux des pouvoirs publics et des chaînes de cinéma (en dehors de Canal + et peut-être demain d’Orange, c’est-à-dire les Pay TV) pour accorder au film de « genre » une place plus importante, tant dans les subventions que dans la diffusion. Cette reconnaissance institutionnelle entraînera une plus grande ouverture des circuits de salles aux films de genre.
Pour Gens : aujourd’hui la classification – 16 ans est impossible à voir en salle, donc le public est poussé à télécharger par ce qu’il n’a pas accès au film. La rentabilité de ces films devient alors bancale. On veut aussi que le CNC rouvre l’aide aux nouvelles technologies et aux effets spéciaux. Nous avons de vrais artistes du maquillage et des SFX qui ne demandent qu’à s’exprimer. Enfin, que les chaînes hertziennes achètent pour une deuxième ou troisième partie de soirée des films de genre comme dans les années 80. je me souviens du carré blanc où l’on voyait l’Exorciste à 20h30 sur FR3.

Comme on le voit, le problème est loin d’être simple et surtout loin d’être réglé. Le chemin sera encore long…
Si vous aussi vous souhaitez soutenir le cinéma de genre et que vous partagez les opinions des membres prestigieux de ce nouveau club du Vendredi 13, vous pouvez vous inscrire sur le site Internet où tout vous sera expliqué en long et en large sur leurs projets.

Leur adresse : http://www.leclubduvendredi13.com/

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