Critique de film

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Climax

"Climax"
affiche du film

La tuerie des peupliers. Voici maintenant 5 ans que cette affaire désoriente la justice. Arrestations, contre-enquête, valse des procureurs, pressions politiques. Que s’est-il passé cette nuit là, dans cette maison, au bout de la route des peupliers ?

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Trailer - Climax (2009)
Par : Damien Taymans


CLIMAX - trailer - bande-annonce par apparitor

Les critiques à propos de ce film

Critique de Climax - Amateurisme passionné
Par : Fred Pizzoferrato

David décide de faire une surprise à son épouse, Claire, en organisant un échange de logement pour un week-end. Quittant leur appartement, le couple se rend à la campagne pour passer deux jours dans une grande maison isolée située sur la route des Peupliers. Une idée qui ne plait guère à Claire d’autant que, sur place, la personne censée leur confier les clés de la propriété ne répond pas à leurs appels. Et pour cause, elle a été victime d’un tueur à gage…or celui-ci revient sur les lieux pour achever le travail.

Production artisanale et amateur confectionnée pour 7000 euros, Climax se présente comme la reconstitution d’un fait divers, organisée dans le cadre d’une émission télévisée. A l’instar des « Dossiers de l’écran » ou de « L’écran témoin » (pour nos lecteurs belges), Climax débute sur le plan fixe d’un présentateur se proposant de revenir sur une mystérieuse affaire non classée, la « Tuerie des Peupliers ». Le journaliste nous invite par conséquent à suivre une reconstitution des événements, laquelle offre une hypothèse parmi d’autre censée expliquer ce qui s’est réellement déroulé ce soir là. Au terme d’une petite heure de projection, nous retrouvons ce même présentateur et celui-ci nous explique que la piste évoquée n’en est qu’une parmi d’autre, d’ailleurs remise en question par un témoignage récent.

Déstabilisant, Climax ne se montre pas vraiment convaincant dans sa volonté de rendre hommage aux grandes heures de la télévision des années ’80 et des docu-fictions policiers. Le réalisateur ne pousse du reste pas la logique jusqu’à proposer une authentique affaire criminelle mais, au contraire, préfère imaginer une intrigue « originale ». Cette dernière, très simple, enferme un couple en crise (l’homme a fauté avec une amie de son épouse !) dans une vaste demeure hantée par un tueur à gages décidé à supprimer toutes traces de son passage.

Filmé en temps réel, Climax resserre au maximum l’action et tente de maintenir l’attention en dépit d’un script minimaliste. Malheureusement, l’ensemble parait souvent longuet, un comble quand on constate la durée du métrage, limitée à 70 petites minutes. Frédéric Grousset peine en effet à entretenir le suspense même s’il tente de caractériser un minimum les personnages principaux. Dommage que l’on n’échappe pas, non plus, au cliché très français du couple tentant de repartir sur de nouvelles bases après un adultère mal vécu par l’épouse. Malgré un script prévisible, le cinéaste prend son temps pour instaurer une ambiance et refuse la facilité du spectaculaire. Alors qu’on attendait un pseudo slasher, Climax choisit l’option du thriller sans parvenir réellement à ses fins. Le film marque cependant des points au niveau de la mise en scène, des cadrages travaillés et du visuel soigné tranchant avec une esthétique télévisuelle plus ou moins volontaire et assumée. Grousset rend aussi de subtils hommages au cinéma de genre (ses personnages regardent La nuit des morts-vivants à la télévision) et reprend quelques tics hérités du giallo lorsqu’il filme son tueur mystérieux et impitoyable. Au bout d’environ trois quart d’heures, le métrage aboutit finalement à un climax convenu mais sympathique, quoique gâché par des choix de mise en scène discutables, comme ces plans filmés en noir et blanc et au ralenti censé conférer un certain style à la violence mais sans vraiment y réussir.

La musique, efficace quoique primaire, compense en partie la pauvreté des dialogues, de toute manière réduits à l’essentiel, et soutient l’action avec a propos, donnant du tonus à un Climax en ayant bien besoin. La prise de son s’avère, elle, un peu défaillante mais reste acceptable vu les faibles moyens techniques disponibles. Notons à ce sujet la présence de sous-titres anglais sur le DVD édité par Artus. L’interprétation, pour sa part, se montre inégale mais, dans l’ensemble, les acteurs sont plutôt convaincants pour un micro-budget.
Au vu de l’investissement de chacun, Climax mérite l’indulgence même si la pauvreté du scénario handicape sérieusement la réussite de l’entreprise. L’histoire, trop simple et linéaire, parait plus appropriée à un court-métrage qu’à un long, même de durée réduite, et l’absence de péripéties se fait cruellement sentir, d’autant que le principe du « film dans le film » anéanti dès le départ toute notion de surprise et de suspense.

Cependant, Frédéric Grousset force le respect en emballant un long métrage personnel avec un budget ridiculement bas et évite de copier servilement les séries B américaines ou de proposer un énième torture porn tourné pour 3 euros. Rien que pour cela il lui sera beaucoup pardonné.


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