Critique de film

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Citadel

"Citadel"
affiche du film

Thomas et Joanne, jeune couple amoureux, attendent l’arrivée imminente de leur premier enfant. Sur le point de déménager de leur appartement glauque, Joanne se fait violemment agresser par des jeunes cagoulés, qui laissent la pauvre à moitié morte, une seringue plantée dans le ventre. Tommy assiste impuissant à la scène. Les médecins parviennent à sauver l’enfant, mais Joanne tombe dans un coma sans fin. Traumatisé et agoraphobe depuis l’incident, Tommy essaie tant bien que mal de survivre avec son nouveau-né. Mais les agresseurs de sa femme rôdent toujours dans le coin et ils semblent loin d’être des humains normaux. Une chose est néanmoins sûre: leurs intentions sont malveillantes.

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Trailer - Citadel (2012)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Citadel - Banlieue stress
Par : Damien Taymans
Tags : NIFFF 2012, BIFFF 2013

Thomas et Joanne, jeune couple amoureux, attendent l’arrivée de leur premier enfant. Et pour offrir un cadre plus heureux à leur petit héritier, ils prennent la ferme décision de quitter le coupe-gorge dans lequel ils se sont enterrés. Pas de bol : à l’aube de l’accouchement, Joanne se fait agresser par une poignée de jeunes cagoulés qui la laissent à moitié morte, une seringue plantée dans le bide. Les médecins parviennent à sauver l’enfant mais la jeune femme tombe dans un profond coma. La belle affaire : Thomas se retrouve jeune père consigné à domicile suite au traumatisme vécu qui débouche sur une agoraphobie aiguë. Mais les kaï-ras rôdent toujours dans le coin et menacent de s’en prendre à sa progéniture...

Rarement les bas-fonds de la banlieue n’auront semblé aussi sinistres et glauques, si ce n’est peut-être dans le Candyman de Bernard Rose et le Heartless de Philip Ridley, deux mètres-étalons dont le réalisateur Ciaran Foy confie l’influence qu’ils ont eu sur son Citadel situé dans une cité aux murs lézardés recouverts de lugubres sinistres et d’avis de disparition d’enfants. Un décor apocalyptique que hantent des ombres angoissantes, personnifications réalistes de la paranoïa qui habite les résidents des immeubles suburbains britanniques. La jeunesse encapuchonnée stigmatisée par Foy appartient au camp des ténèbres, contrairement aux petites frappes miteuses d’Attack the block ou des actioners crétins produits par Besson qui forcent une identification morte dans l’œuf. A contrario, en adoptant le point de vue d’un héros ankylosé par une agoraphobie légitime, Citadel renvoie le spectateur à ses propres peurs, le confronte à ses propres démons. Un sentiment que le cinéaste connaît bien pour s’être inspiré d’une expérience personnellement vécue (coups de marteaux et seringue enfoncée dans le bras, rien que cela).

Progressivement, le scénario cède quelques clés d’explication et éclaire la genèse et les motivations de cette horde de créatures que le héros et ses acolytes (un prêtre et un jeune enfant, seul apparemment capable de les affronter) vont tenter d’éradiquer en pénétrant au sein même de leur antre, cette citadelle aussi vertigineuse que la tour de Babel. Tiens, ça rappellerait presque un certain La Horde avec son immeuble peuplé de racailles et ses goules agonisantes aux alentours... A la différence près sans doute que Citadel est infiniment mieux écrit et plus atmosphérique. En clair : quand celui-là pétrifiait d’ennui, celui-ci au contraire glace le sang...


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