Critique de film

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Les Cinq Légendes

"Rise of the Guardians"
affiche du film

L’aventure d’un groupe de héros, tous doués de pouvoirs extraordinaires. Emmenées par Jack Frost, un adolescent rebelle et ingénieux, ces cinq légendes vont devoir, pour la première fois, unir leurs forces pour protéger les espoirs, les rêves et l’imaginaire de tous les enfants.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Les cinq légendes - Croyez-vous encore au Père Noël ?
Par : Samuel Tubez
Tags : Animation, Conte fantastique, 3D

Gavés aux Shrek, Kung Fu Panda et autres Chat Potté, les amateurs d’animation ne pouvaient que se réjouir de voir l’écurie DreamWorks s’écarter de la parodie facile ou du spin-off racoleur pour tenter de nous raconter une histoire épique ayant pour objectif de réhabiliter le folklore lié aux fêtes et légendes de notre enfance. Démarche sincère ou calcul savant pour faire exploser les entrées à l’approche des fêtes de fin d’année ? Manquerait plus qu’on nous fasse croire au Père Noël…ah ben si !

A la manière des Avengers, les cinq plus grandes figures des contes et légendes de notre enfance s’associent contre une menace maléfique. Le Père Noël, le Lapin de Pâques, la Fée des dents (Tooth Fairy), le Marchand de sable et Jack Frost (dont la représentation gentillette n’a ici rien à voir avec le film d’épouvante de 1997) s’associent ainsi contre Pitch, sorte de maître de l’ombre dont le but est d’envahir les univers de nos légendes bienveillantes pour les inonder de force obscure et ainsi les faire disparaître à son profit. Ainsi, les enfants ne rêveront plus d’œufs de Pâques, de cadeaux et de belles licornes, mais ne croiront plus qu’à la peur et l’obscurité.

C’est donc une fois de plus rien de moins que le sempiternel combat du bien contre le mal que nous propose Les cinq légendes, avec la touche « I still believe » en plus. Le film de Peter Ramsay (illustrateur et story-boarder ayant œuvré sur Tank Girl, Batman Forever ou encore Minority Report) nous dit que croire c’est voir, car si l’on ne croit plus à ces légendes, elles deviendront invisibles à nos yeux. Sachant que Jack Frost, à l’instar de Pitch, lutte dans le film pour apparaître devant les enfants, vous devinerez aisément qui l’emporte et quelle sera l’issue finale. Malgré les efforts tout à fait louables qui sont déployés pour nous livrer un divertissement un tant soit peu sérieux et épique (le fait que Guillermo del Toro soit attaché au projet en tant que producteur exécutif n’a finalement pas dû peser bien lourd dans la balance), Les cinq légendes reste un produit de consommation prévisible et demeure avant tout destiné aux plus jeunes. D’un point de vue esthétique, le design général est assez peu agréable à l’œil et l’on constate une représentation des divers univers tout à fait inégale : le monde du Père Noël était plus innovant dans Mission : Noël, Tooth Fairy et ses colibris se contentent juste d’être « mignons », les pouvoirs de Jack Frost sont sous-exploité, les méfaits de Pitch se limitent à une série de sombres chevaux virevoltants,…seuls Le Marchand de sable (avec ses textures sableuses très réussies, pour le coup) et le Lapin de Pâques s’en tirent à relativement bon compte. Rien de très excitant pour les adultes, donc, et si l’ensemble reste plutôt bien emballé et animé (on se risquerait même presque à dire qu’une poignée de scènes valent le coup d’être visionnées en relief), ce nouveau Dreamworks satisfera avant tout les gamins qui se feront un plaisir de traîner leurs parents acheter un Happy Meal dès la sortie de projo. Et si l’on cessait de croire en la consommation, peut-être qu’elle aussi elle disparaîtrait…

Malgré les efforts émis par le studio DreamWorks pour livrer un divertissement plus épique et sérieux qu’à l’accoutumée, Les cinq légendes, contrairement à son apparente esthétique obscure et grisâtre, adopte un ton au final très gentil et inoffensif qui parlera avant tout au public jeune encore prédisposé à croire en de telles fantaisies. Alors, rien que pour eux : Joyeux Noël, joyeuses Pâques et brossez-vous bien les dents les enfants ! (dixit Tooth Fairy).


Critique de Les Cinq Légendes
Par : Geoffrey Marmonier

Alors que Dreamworks Animation semble s’enfoncer d’année en année dans la facilité en enchaînant les suites au rabais (Madagascar 3, Shrek 4) ou les films à l’humour tellement référentiel qu’ils sont périmés un mois après leur sortie (Monstres contre Aliens), il arrive parfois qu’un miracle se produise et redonne espoir dans la capacité du studio à proposer du neuf. En 2010, ce miracle se nommait Dragons, et cette année, il s’agit des Cinq Légendes, conte de Noël qui ravira certainement petits et grands.

La raison du succès de ce nouveau film est très certainement due à la présence au poste de producteur bienveillant de Guillermo del Toro. On retrouve ici les thèmes fétiches du réalisateur des Hellboy et du Labyrinthe de Pan : la famille recomposée, la quête d’identité, le besoin de trouver sa place dans le monde, et surtout de garder son âme d’enfant et de croire en la magie. Du coup, Les Cinq Légendes possède une sincérité et un souffle magique que l’on n’attendait plus chez un studio que l’on pensait gangréné par l’appât du gain et le cynisme. Certes, le film de Peter Ramsey ne révolutionne pas le genre du film pour enfants, mais fait montre d’un vrai attachement pour ses personnages (notamment le très beau personnage de Jack Frost), parfaitement doublés en VO par des acteurs de renom (Chris Pine, Hugh Jackman, Jude Law, Alec Baldwin, etc), ce qui fait qu’on s’intéresse vraiment à leur destin. Le réalisateur saupoudre le tout d’un humour bienvenu mais jamais cynique (dont un clin d’œil savoureux à la petite souris des dents bien française), et le film regorge d’idées visuelles (les rêves créés par le marchand de sable, le monde du Lapin de Pâques) et scénaristiques (les elfes idiots, les yétis qui les remplacent dans l’atelier du Père Noël). Enfin, visuellement, c’est un émerveillement de tous les instants, que ce soit au niveau des environnements variés ou des scènes dynamiques (les « glissades » de Jack Frost).

Au final, il manque juste aux Cinq Légendes un méchant digne de ce nom, le Croquemitaine du film s’avérant un peu falot à côté de ses antagonistes, malgré un plan des plus machiavéliques. Sans atteindre les cimes de Dragons ou d’un Pixar de la grande époque, Les Cinq Légendes est au final un divertissement plus que recommandable qui arrive à point nommé pour les fêtes de Noël.


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