Critique de film

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Les Chroniques de Mars

"Princess of Mars"
affiche du film

Un soldat US se retouve inexplicablement transporté sur Mars et tombe au beau milieu d'une guerre entre deux races Aliens...

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Trailer - Les Chroniques de Mars (2009)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les chroniques de Mars - The Asylum frappe encore... mais remonte la pente
Par : Fred Pizzoferrato

L’annonce d’une superproduction à gros budget inspirée du roman « John Carter of Mars » d’Edgar Rice Burrough (le créateur de Tarzan) ne pouvait laisser insensible les rusés producteurs de The Asylum comme le prouve ce métrage hâtivement emballé. The Asylum s’est, en effet, spécialisé dans le démarquage des blockbusters renommés au travers de titres complètement improbables se fichant totalement des copyrights. On vit ainsi débarquer sur les écrans (ou plus précisément sur les étagères des vidéoclubs) des décalques miteux comme Paranormal entity, The Terminators, Transmorphers, 666 the beast, Snakes on a train, Universal soldiers, The Da Vinci treasure et, carrément, un hallucinant Titanic 2. Cependant la compagnie a également su diversifier ses méfaits en adaptant (ou plutôt en massacrant) un certain nombre de classiques littéraires en vue de torpiller de plus respectables versions cinématographiques. Citons ainsi 30 000 leagues under the sea, I am omega ou Allan Quatermain and the temple of skulls. Bref, Les chroniques de Mars permet surtout à la compagnie un joli doublé commercial en s’adressant à la fois aux amateurs du roman original et en trompant sur la marchandise les futurs clients du blockbuster annoncé. Les copyrights sur l’œuvre de Burrough ayant expiré en 2000, soit 50 ans après la mort de l’écrivain, plus rien n’interdit ce genre d’exploitation commerciale et racoleuse et The Asylum ne n’est donc pas privé de sortir sa propre version du roman « Princess of Mars ».

A ce niveau de roublardise, l’existence réelle du film n’a plus guère d’intérêt tant l’entreprise transpire le souci de la rentabilité et du profit à tout prix mais, étonnamment, aussi bâclé et fauché qu’il soit, Les chroniques de Mars reste supportable à condition de se montrer très indulgent.

L’intrigue se veut une modernisation (aie !) du roman de Burrough et tente de donner une certaine crédibilité scientifique à l’aventure (on précise ainsi que la Mars dont il est question n’est pas notre Mars mais une certaine « Mars 216 ») ainsi qu’un contexte politique plus actuel.

John Carter, militaire américain d’élite stationné en Afghanistan, est abattu et laissé pour mort suite à un affrontement avec des trafiquants d’opium menés par le vil Sarka. A l’agonie, Carter se voit amené dans une base secrète où une nouvelle méthode expérimentale est testée dans le but de transporter un homme sur un autre monde. John Carter est ainsi « uploadé » sur la planète Mars 216, appelée Barsoom par ses habitants, sur laquelle il dispose de pouvoirs surhumains. Cependant, le Terrien est capturé par les Tharks, des humanoïdes reptiliens, avant de gagner l’estime et l’amitié de leur chef, Tars Tarkas. De péripéties en aventures diverses, John Carter finira par conquérir le cœur (et le corps) de Dejah Thoris, la princesse de Mars, et l’aider à rétablir la paix sur sa planète…Mais il trouvera sur sa route Sarka, lequel veut conquérir Mars.

Etonnamment, Les chroniques de Mars se montre fidèle à la source littéraire et le film ne se fiche donc pas du spectateur en collant un titre porteur sur un sous-produit bâclé. L’intrigue, même actualisée, conserve la structure globale du roman de Burrough et une fois John Carter sur Mars (ou plutôt sur Mars 216), le scénario aligne les différentes péripéties, toutes très pulp, escomptées. Toutefois, le budget réduit ne permet pas de reproduire les passages les plus épiques de l’œuvre littéraire, limitant les batailles et transformant les martiens à quatre bras de quatre mètres de haut en créatures verdâtres plus classiquement humanoïdes. Sans que cela nuise vraiment à cette petite production rappelant aussi, durant ses meilleurs moments, les séries B italiennes des années 70 / 80 mixant fantasy et science-fiction (à la STAR CRASH) ou même les serials antédiluviens comme Flash Gordon’s trip to Mars. Les péripéties, novatrices voici un siècle, sont, hélas, aujourd’hui routinières et déjà vues et revues, semblables à celles proposées par d’innombrables séries B depuis plusieurs décennies ce qui confère au métrage un côté prévisible et linéaire plutôt gênant. Heureusement le rythme, alerte, compense en partie les faiblesses du scénario et rend l’entreprise supportable.

Niveau casting, Les chroniques de Mars s’appuie sur les performances d’Antonio Sabato Jr et Tracy Lords. Le premier joue de son physique de beau gosse musclé et interprète le rôle de John Carter de manière routinière, en lui injectant cependant un certain humour proche des gros bras du péplum italien des sixties. Pas désagréable mais sans génie, loin de là, d’autant que Sabato délivre la plupart de ses répliques avec un manque patent de conviction. Tracy Lords, pour sa part, semble surtout s’ennuyer et ne pas trop savoir ce qu’elle fait dans cette histoire, affichant un air figé et quasi sinistre, comme dans pratiquement tous ses films d’ailleurs. Bref, une carrière post-X plutôt décevante pour la belle porn-star et, à plus de quarante ans, Tracy Lords commence à paraître un peu trop âgée (en dépit d’un corps toujours parfait) pour incarner les jeunes princesses en péril.
En ce qui concerne les effets spéciaux, Les chroniques de Mars alterne le raisonnablement convaincant et le médiocre (les maquillages sont grossiers et certaines scènes d’action approximatives voire même embarrassantes) mais dans l’ensemble – et compte tenu du budget disponible – cela reste d’un niveau acceptable et on a vu bien pire dans ce genre de série B.

Les chroniques de Mars constitue en définitive une toute petite réalisation sans beaucoup d’intérêt mais confectionnée avec un minimum de soin et de bonne humeur. Pris comme la version moderne des péplums fantastiques des sixties ou des films de fantasy à petit budget des années 80, Les chroniques de Mars demeure suffisamment distrayante pour se laisser regarder sans trop d’ennui. Mais il ne faut pas en espérer davantage qu’une très modeste production de science-fantasy sitôt vue et sitôt oubliée.


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