Festival Fantasia (Canada)

Chronique du FanTasia 19, 20 et 21 juillet 2008

De notre correspondante à Montréal

19 Juillet, 18.30

4Bia

2/5

Thaïlande

Banjong Pisanthanakun, Parkpoom Wongpoom, Paween Purijitpanya et Yongyoot Thongkontoon

Très simple et très bon dans l’ensemble. Générique original en forme d’esthétique bain de sang pour ces quatre histoires dont les quatre réalisateurs sont présents dans la salle. (waouw pour les présenter tous les 4 à la fois même ne fût-ce qu’en lisant les noms…)

La première histoire montre une jeune femme plâtrée qui s’ennuie dans son petit appartement. Elle entame une conversation avec un inconnu par messages textes sur son cellulaire. Il y a deux moments qui font respectivement très et TRES TRES peur. Pas mal du tout donc.

Suit l’histoire d’un ado harcelé par les stars du lycée et qui recourt à la magie noire pour devenir une brute sanguinaire aux pouvoirs violents. Pas mal du tout. Quelques images effrayantes.

Puis, l’histoire désopilante de 4 jeunes hommes en camping et qui jouent dans un premier temps à s’effrayer en se racontant des histoires de fantômes, jusqu’à ce que la réalité (réalité ?) prennent le pas.
Attention, cet épisode contient des spoilers de Shutter dont nous retrouvons ici les réalisateurs, et du Sixième Sens…

La dernière histoire parle de momies et d’hôtesses de l’air, mais je n’étais pas là, ma comparse québécoise Chantal est restée par contre, elle.

Elle regardera Tunnel Rats ce même soir et vous en donnera bientôt des nouvelles, moi je déclare forfait pour aujourd’hui…

20 Juillet, 17.45

The Butcher

Kim Jin-Won, Corée

1/5

Quelques personnes sont kidnappées et vont être torturées méticuleusement, ainsi que filmées, dans un abattoir abandonné.
The Butcher est une sorte d’Hostel, moins l’histoire, moins le suspens, moins les jeux d’acteurs, moins les décors, et avec plus de sang et de dégueulasserie.

Il n’y a pas d’atmosphère, c’est extrêmement lent, il vaut mieux venir avec son lecteur mp3 car le bruit se limite à des cris incessants. C’est tourné comme un documentaire (les protagonistes ont des caméras fixées sur la tête). Ça sent l’effort pour choquer. Un ramassis de tortures reste un ramassis de tortures, cela ne devient pas par magie un bon film. C’est là qu’on continue d’autant plus d’apprécier le subtil dosage et le génie d’autres films tournés caméra sur l’épaule, comme [Rec].
A noter, l’arrachage d’un œil (c’est ce que j’ai le plus vu cette année d’ailleurs, un peu comme le thème récurrent) ; à noter aussi dans le genre moche mais tout de même rudement choquant, attention spoiler, on ouvre le ventre d’une jeune femme, on en retire les excréments et on les lui fait manger…

Un peu de poésie suivra heureusement avec Alone.

J’ai mal aux pieds, j’en ai un peu marre d’attendre debout. Je n’ai plus beaucoup d’énergie, je ne fais que bosser, voir des films, rédiger et dormir. Je mange des peanuts m&m’s tous les soirs pour souper et je bois quelques gorgées aux fontaines. Comme tout bon festival, c’est une épreuve physique et morale. Par ailleurs c’est mon premier festival de cinéma seule et ma troupe biffienne me manque rudement, même si Chantal (bénévole), Daniel (organisateur et star-mascotte de Fantasia ; comme crie un spectateur dans la salle, « t’es fraiment l’fun Daniel ! ») et Ouahhab (geôlier des portes d’entrée) me paraissent de plus en plus sympathiques.

Mais on présente le film, il est 19.20 et déjà, je sens l’énergie affluer ainsi que l’excitation d’être dans une salle de cinéma pour en plus voir un film d’horreur. Youhouw !

Alone

Thaïlande

Banjong Pisanthanakun et Parkpoom Wongpoom

3/5

C’est l’équipe de Shutter, que j’avais personnellement adoré.
Les réalisateurs, encore présents ce soir avec nous, expliquent qu’ils ont voulu travailler profondément les personnages. Sans omettre les facteurs stressants apparemment, puisque le présentateur nous prie de ne pas mourir de peur dans la salle. Ça promet.

Alone raconte l’histoire de deux sœurs siamoises qui sont un jour amenées à être séparées. Pourquoi et de quelle façon ? puis, que s’est-il réellement passé ? c’est ce que l’on découvre peu à peu et avec intérêt.
Il y a beaucoup de belles images (excellente photographie) représentant les deux petits filles et leur proximité ; c’est assez touchant. L’analyse des personnalités est subtile et amenée de façon progressive ; par exemple, lors de leur adolescence, l’une des deux jeunes filles se déploie comme un beau papillon tandis que l’autre est un peu moins belle et s’enfonce lentement dans la jalousie et la négativité, ne faisant qu’empirer sa situation…

Les effets de peur restent de la même formule classique, visages affreux et effets sonores soudains et bruyants (cf. note sur The Echo). Le fait que les sœurs soient siamoises n’est pas vraiment utilisé comme source de peur (ce qui est pas mal d’ailleurs vu la qualité de ce film).

Un bon film agréable à regarder, sans plus mais c’est déjà ça !

21 Juillet, 19.30, pluie en honneur de la fête nationale belge mais 28° au compteur extérieur

Je regarde le tout début de

Dance of the Dead

USA, Gregg Bishop

qui semble l’enfant de Retour vers le Futur (plein d’humour et de chouettes idées) et de Vendredi 13 (beaucoup de sang et une photographie médiocre).
Des affaires importantes m’appellent à l’extérieur et j’en profite pour déguster une assiette de tofu grillé à la sauce d’arachides ; je ne verrai donc pas Dance of the Dead en entier, mais ça a l’air assez sympa.

Avant le film suivant, nous avons le droit de regarder un court métrage intitulé « Treevenge ». Il s’agit d’une première mondiale pour le film canadien de 15 minutes de Jason Eisener. Que dire de ceci sinon que l’action démarre tout de suite : de gros bûcherons découpent sans état d’âme des sapins en vue de Noël. Les arbres se demandent ce qui leur arrive et finiront par se rebeller dans les chaumières. Il y a plein d’humour (les arbres parlent leur propre langage, qui est sous-titré en couleurs différentes selon l’humeur) ; c’est politiquement totalement incorrect (une révolte de sapins de Noël + on voit mourir des enfants ET des bébés !), c’est gore à souhait et la musique est EXCELLENTE et donne au film un caractère d’horreur punchée des années 70.

En attendant la projection de Tokyo Gore Police, mon distingué voisin, qui est vêtu d’un costume noir et a le cheveu long et la barbe abondante, m’informe que la salle H où nous sommes (le Concordia Hall Theatre, la grande salle) a des tuiles acoustiques en bois franc le long des murs, ainsi que des panneaux acoustiques qui arrêtent le son pour le projeter ensuite dans le public. Il m’apprend aussi que le son est en 3D : il y a des colonnes de son jusqu’au fond de la salle.
C’est vrai que malgré avoir eu le dos collé au mur de fin fond de la salle pour Repo, j’avais entendu parfaitement. Egalement, à de nombreuses reprises, toutes sortes de bruits liés à différents films surgissaient de gauche et de droite, bien au-delà de la superficie de l’écran.

21.45

Tokyo Gore Police

Japon/USA, Yoshihiro Nishimura

2/5

L’action se passe au Japon à une époque où certains humains ont la capacité de transformer une blessure en arme redoutable. Belle métaphore de résilience ! Si vous êtes blessé aux yeux par exemple (vraiment, on pourrait dire le thème récurrent de cette année), il vous poussera d’énormes canons dans les globes, grâce auxquels vous pourrez liquider un maximum de gens. La nouvelle police de Tokyo a pour objectif d’éliminer ces super-héros trop puissants.

S’ensuit une multitude rougeoyante de morts toutes plus gores les unes que les autres. Le sang gicle à n’en plus finir.

A noter pêle-mêle :
Il y a des pubs à la télévision pour avertir des dangers de l’ara-kiri (« attention, l’ara-kiri, c’est aussi un suicide ») ou pour vanter les mérites de cutters ‘mignons’ qui permettent aux adolescentes de se couper superficiellement les poignets avec style et puis, « c’est tellement mode des cicatrices à cet endroit ! faites-en plein ! ».
Le chef de la police rigole en tirant la langue (c’est comique).
Un homme met la main aux fesses de la super-agente héroïne du film (genre de Beatrix Kiddo gore déjantée) et pour le punir, elle lui coupe les mains puis s’en va, protégée par son ombrelle, sous une pluie de sang : « molester est un crime » (wouais !!!).
Il y a une soirée fétichiste digne de ce nom (c’est-à-dire que ce n’est pas rigolo du tout) ainsi qu’une scène d’abus de mineure qui sera le seul moment de silence total de la salle.

Un chouette moment très gore. Un peu d’ennui (il y a tellement de gens à tuer !).

Quelqu’un crie dans le public :
« Tabarnac ! »

Voilà, c’était le dernier film.
Un immense merci à Axelle, qui m’a mise en contact avec Damien. Un immense merci à Damien pour sa confiance, ses leçons et sa patience. Un immense merci à l’équipe de Fantasia, si généreuse et tellement sympathique.

Je vous recommande chaudement ce festival organisé par de véritables fans tels qu’on les aime, dans une ambiance de simplicité, d’accueil et de passion pour le genre.
Les alentours permettent de se restaurer de mille façons et pour juste quelques dollars ; le métro est à trois minutes à pied des deux salles de projection, qui sont d’une qualité excellente. Les toilettes sont gratuites (tellement génial que je le répète).
Attention, il faut connaître un minimum d’anglais car les films ne sont pas sous-titrés en français, faute de temps vraisemblablement.

Montréal regorge de choses intéressantes à faire, il fait tout le temps beau, c’est la ville du métal et, quand vous achetez un billet de métro, la personne qui vous le vend vous dit bonjour et vous sourit.

Merci à chacun de m’avoir lue, au plaisir d’en reparler et d’échanger les points de vue.

A l’année prochaine !

Béatroce

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