Festival Fantasia (Canada)

Chronique du FanTasia 18 juillet 2008

De notre correspondante à Montréal

Par Beatroce

Vendredi 18 juillet, 21.25

Un monde de gueux pour REPO. Je ne me rendais pas compte que c’était une première mondiale… Ceux qui possèdent un Passe ont une file spéciale, ceux qui ont un ticket, et ceux qui ont Passe + ticket aussi, ce qui fait trois files – les derniers à entrer étant ceux qui ne possèdent qu’un Passe.

Lorsque tout le monde est entré, il reste quelque chose comme 8 places pour nous… et nous sommes une quarantaine.
Une fois que les 8 chanceux sont entrés, il ne nous reste plus qu’à plier bagages. Que vais-je faire ? Rentrer chez moi ? C’est drôlement prendre le risque de ne pas revenir à minuit 15 pour voir la seconde projection de REC… Aller boire un verre ? Discuter avec des inconnus ?

Je sors, je fais quelques pas vers le métro. Puis, je me ravise, je ne sais pas pourquoi. J’attends « bêtement » devant les portes de la salle… ils sont en train de présenter les invités à l’interieur. A ce moment-là, un gars super sympa qui contrôle les allées et venues et avec qui j’avais déjà discuté me fait signe ainsi qu’au jeune homme à mes côtés. Il reste deux places. On est tout au fond de la salle sur des chaises pliantes et il fait crevant de chaud. Mais on s’en fout : ON Y EST !

Repo ! The genetic opera

USA, Darren Lynn Bousman

5/5

Le film ouvre sur un extrait de comic. Régulièrement il y aura des petits moments où l’action sera résumée par ce billet original qui comporte aussi l’avantage de permettre un récit concis et clair.

Suite à une sorte de dégénérescence d’organes, les humains ont besoin de se refournir en parties corporelles. GeneCo est une compagnie qui fournit des organes moyennant paiement. Ils possèdent un agent spécial, Repo Man, qui se charge de récupérer à même leurs corps les organes des mauvais payeurs.

Dans ce contexte, deux hommes rivaux vont s’affronter et nous découvrirons peu a peu ce qui les lie et les désunit. Il s’agit de Rotti Largo, directeur de GeneCo (admirable Paul Sorvino, tout aussi admirable dans la version de Romeo + Juliet de Baz Luhrmann), et de Nathan Wallace, chercheur, et père de l’adorable Shilo, 17 ans, jeune goth souffrant d’une maladie rare. Raison pour laquelle Shilo est cloîtrée par son père… jusqu’au jour où Rotti lui fait découvrir pendant la nuit le monde fascinant de la nuit et du Genetic Opera.

Souvent, les comédies musicales, c’est ennuyeux, invraisemblable et la musique est moche. Mais Repo a été construit avec le soin, les moyens et la minutie d’une série de vidéo clips. Chaque chanson a son propre décor avec pour thème central le macabre. Chaque titre est une excellente construction musicale goth, rock ou métal ; il y en a pour tous les (bons) goûts, avec pour dénominateur commun (et pour ceux qui verseraient moins a priori dans ces genres musicaux) un rythme excellent. Chaque chanson est un nouveau segment d’histoire, parfois introduit par l’extrait de comic. Les segments s’enchaînent rapidement, ayant pour effet d’éviter l’aspect invraisemblable « les gens parlent normalement mais tout a coup ils se mettent à chanter ! ».

Repo est un bonheur auditif et visuel, gore et sensuel. A voir absolument.

Minuit 40 et je travaille demain matin !!! Je me suis renseignée : est-ce que cela vaut vraiment la peine de rester pour REC ? La réponse est simple et unanime : oui…
Je me souviens également de la mise en garde d’Axelle (Carolyn - ndlr), visible en commentaire au tout début des comptes-rendus de ce festival : « j’espère que tu ne manqueras pas REC ».
Avec Hocico pour nous faire patienter, c’est un régal.

Évidemment, j’ai adoré REC. J’ai eu les larmes aux yeux de peur. La salle était en délire, hystérique. Rarement eu aussi peur. Je rentre en taxi et j’ai encore un bout à faire à pied. Quelqu’un m’aborde en rue et j’ai peur ! Il faut dire qu’on n’est pas dans la meilleure section de Montréal, et que le gars avance lentement, un peu voûté… Waouw. Je prends un petit comprimé pour dormir afin de pouvoir sombrer et performer le lendemain matin sans commencer à rêvasser sur des gens tapis dans l’ombre, ce qui n’était plus arrivé depuis King of the Ants.

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