Festival Fantasia (Canada)

Chronique du FanTasia 17 juillet 2008

De notre correspondante à Montréal

Par Beatroce

Montréal, Jeudi 17 juillet, 17h00

31°, légèrement gris dehors

Musique décidément excellente. Symphony X ? un retard de projection dans ces conditions est presqu’espéré.
Puis ils passent Hard Rock Alleluia : Lordi ! parce que nous allons voir Dark Floors, un film basé sur une idée de Lordi, souvenez-vous, le groupe scandinave sympa qui avait gagné l’Eurovision voici peu.

Avant cela cependant, le présentateur nous remercie une nouvelle fois d’être là. « 300 personnes à 5 heures de l’après-midi pour un film finlandais, je dis merci ben (‘bin’) gros tout le monde »

Suit un tirage au sort pour gagner des figurines. Pour cela, trois questions. Un titre de film joué en plein air samedi soir dans le cadre du festival ? « Santo contre le trésor de Dracula »
et c’est vrai, comme ils le font remarquer, que c’est un titre extraordinaire ! comment peut-on se battre contre un trésor ?
Deuxième question : « qui peut nommer le pire réalisateur de film de Batman ? » la réponse étant Joel Schumacher, en rapport avec la sortie, la veille, de Dark Knight. C’est vrai que l’homme a mieux vieilli physiquement que cinématographiquement. De Lost Boys au Fantôme de l’opéra quelle différence…
Troisème question : qui est le fondateur de Fantasia ? quelqu’un hurle : « ce n’est pas Daniel ! ».
Puis, Daniel arrive par faire son mot et quelqu’un crie : « Daniel, chante ! » il répond : « jamais ! »
(une chanson !!! on finira par y arriver…)

Je pense m’être trompée de salle (on est dans la grande) mais ce n’est que le trailer de A Tale of Legendary Libido. Une dame asiatique qui boit un alcool fort à même la bouteille prie devant une statue et se lamente d’être veuve depuis trente années, sans homme… la statue, clémente, lui lance une grosse pierre taillée de la forme d’un gigantesque membre masculin… puis, des dizaines de superbes jeunes garçons arrivent, presque nus, et entourent la dame…
ça promet !

Puis un court métrage allemand de vingt minutes, Kingz, un excellent et surprenant petit plaidoyer alienien contre la drogue. Où l’on cite à la fin le dealer : « moi, j’aime l’argent facile » alors qu’il gît dans son sang, transpercé de partout par la créature extra terrestre, super bien faite au demeurant.

Ca y est, c’est le film maintenant.
Quelqu’un cherche une place, la salle est déjà plongée dans l’obscurité. On lui dit : « sit down ! », l’équivalent canadien de “assis !”.

Dark Floors

Finlande, Pete Riski

3/5

Une jolie gamine d’une dizaine d’années subit un scanner, mais elle se met à gémir, elle a mal. On finit par la retirer précipitamment, juste avant que la machine prenne feu. On réinstalle la jeune fille dans sa chaise roulante, et c’est là qu’on réalise qu’elle est à la fois autiste et incapable de marcher. Pendant que son Papa la rassure, elle se met à demander sans arrêt son crayon rouge, qui est tombé sur le sol… on lui en donne un noir et elle se met à faire des dessins inquiétants…
Pendant ce temps, dans le couloir de l’hôpital toujours, on propose au père de placer sa fille en institution. Il refuse.

- Mais Monsieur, vous devez comprendre que c’est une décision importante à prendre…
- Toutes les décisions qui concernent ma fille sont importantes.

Clac ! pas besoin de discours, film efficace.
Le père décide de changer sa fille d’hôpital plutôt que de changer encore une fois sa médication. Ils prennent l’ascenseur. Mais celui-ci tombe en panne, et quand ils ressortent, la père, sa fille, l’infirmière, un homme d’affaires, une sorte de sans abri et un garde, il n’y a plus personne à l’étage de l’hôpital… une photocopieuse crache des dizaines de pages… en les faisant tourner comme les pages d’un livre, l’infirmière découvre un sombre visage hurlant. Ça donne froid dans le dos. En explorant l’étage déserté, le petit groupe tombe sur une dame énucléée… que s’est-il passé ici ?

Le groupe va tenter de rejoindre le rez-de-chaussée pour s’échapper de cet hôpital, dont chaque étage semble avoir été le témoin d’une nouvelle tragédie. Dehors, le temps s’est comme arrêté, renvoyant aux Langoliers de Stephen King.

Les décors sont splendides. Couloirs sombres, cadavres empêtrés, monstres effrayants et somptueux à vestes de cuir clouté, cheveux longs et piercing dans le nez (dans la droite ligne du groupe Lordi. C’est original mais ça passe bien).

Le film fait rêver et laisse beaucoup de place à l’interprétation : tout n’est pas expliqué, loin de là. Est-ce pour cela qu’une portion du public hue le film, à la fin ? ok, c’est sûr que cela peut avoir un côté frustrant. Mais la poésie effrayante des images, les multiples bonnes idées du scénario, la part glorieuse à l’univers mal connu de ceux avec qui il est difficile de communiquer, et qui ont dans Dark Floors (bon titre) un rôle puissant, occulte et visionnaire, font de ce film un moment fort plaisant et intelligent.

19h15. Nous voyons un court métrage du créateur de Rue Morgue. Un peu lent et des couleurs sépia fatigantes, mais une série d’allées et venues originales sur une sorte de photo présentant une scène étrange ; à mesure que l’on regarde la photo, les détails sont révélés.

The Echo

USA, Yam Laranas

2/5

Pour cette première mondiale, Yam Laranas est présent.

On rentre dans l’action directement avec un beau générique de vues d’appartement style new-yorkais et des voix étouffées, effrayées au point de glacer le sang.

Bobby sort de prison et se réinstalle chez sa mère, dans l’East Village à New York, là où « tout le monde est un peu twisted (bizarre) ». Sauf que sa maman est décédée. Il apprend qu’elle s’est enfermée chez elle plusieurs semaines avant de mourir… il découvrira plus loin des preuves peu agréables de cet étrange repli. L’appartement est resté tel quel. Dans la chambre, il y a du sang sur l’oreiller…

Très vite, le spacieux logement s’emplit de bruits comme provenant de chez les voisins. Meubles qu’on déplace, voix, bruits de pas… c’est abrutissant. Le gérant de l’immeuble explique à Bobby que ce n’est pas possible : c’est une construction d’avant-guerre, les murs sont épais ; d’ailleurs, il est le seul à entendre quelque chose… mais on découvrira que non, il n’est pas le seul à être frappé de cette folie auditive. Lorsque Bobby commence à avoir des hallucinations à son travail (une jeune femme recroquevillée et en pleurs), ça commence à faire très peur…

On rentre vite dans le vif du sujet et la photographie est très belle.
Mais le scénario lieux hantés par des fantômes défigurés, avec effets de surprise sur musique très forte, même s’il laisse ici la porte ouverte à des réflexions liées au passé ou au futur du héros, a malheureusement été déjà vu dans Grudge ou Dark Water ou d’autres encore dont le titre m’échappe. Mieux vaut ne pas avoir trop de films d’horreur à son compteur afin d’apprécier The Echo à sa grande et juste valeur.

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