Festival Fantasia (Canada)

Chronique du FanTasia 14 et 15 juillet 2008

De notre correspondante locale

Par Beatroce

14 juillet , 20°, légère pluie. 19h45

Il y a de temps en temps de petits problèmes d’overbooking. Une histoire d’entre 5 et 10 places. L’équipe amène alors des chaises. Ceux qui n’ont pas trouvé mieux s’assoient sur les marches d’escalier, lorsque le film a commencé.
Ce soir, on demande à ceux qui ont des passes de céder leur place aux autres. Personne ne bouge. Je me dis : devrais-je me lever et céder ma place ?

Des garçons d’Europe de l’Est, assis à côté de moi, me demandent de quoi on parle. Je dis : « ceux qui ont un passe… comme moi… vous voyez, le passe, là… devraient céder leur siège aux autres ». Alors ils me font remarquer que personne n’a bougé, donc pourquoi le ferais-je…
À ce moment, le directeur de la programmation lui-même se lève et cède sa place. Je lui emboîte le pas… mais en fait, je dois quitter la salle, je n’ai pas le droit de m’asseoir sur les marches, ‘fire hazard’, en cas de feu.
Pour finir, personne ne prenant la place que j’ai libérée, je réintègre les lieux, le cœur léger. Ouf !

All the Boys love Mandy Lane

USA, Jonathan Levine

2/5

Mandy Lane est LA super sainte nitouche qui donne l’impression qu’elle ne se la pète pas mais qui se la pète 100% plus que les autres. Elle ne s’intéresse à rien ni à personne, elle est ‘différente’ (dixit elle-même). Tous les garçons de l’école voudraient sortir avec elle parce qu’elle n’en a encore connu aucun.

L’un d’entre eux va particulièrement péter les plombs, poussant une connaissance commune à plonger dans une piscine depuis… le toit de la maison. Ledit plongeur ayant imbibé une grosse quantité d’alcool, est-il encore capable de réussir ce saut audacieux ?

Après cette introduction, tout le reste du film se passe classiquement autour d’une fête nocturne liant Mandy et quelques-uns de ses non-amis dans une maison isolée à la campagne.

Pourquoi ce film archi classique bénéficie-t-il d’excellentes critiques ? parce que c’est vaguement la rencontre de Virgin Suicides, de Sofia Coppola, et de Elephant, de Gus Van Sant. En moins beau, en plus ennuyeux, et surtout en plus vide. Même musique pop 70ties aseptisée, jusqu’au morceau genre Air en prime ; pseudo-réflexion sur l’adolescence ; une jolie photographie, cependant lassante dans ses curieux tons sépia ; quelques vues originales cependant.

Un film pas mal en soi, mais il ne faut pas trop en attendre malgré une fin originale.

Mardi 15 juillet

22.00

RED

USA, Trygve Diesen et Lucky McKee

3/5

Avery (interprété par Brian Cox), un très authentique vieil homme avec les pieds bien plantés dans le sol du fin fond des Etats-Unis, est tranquillement occupé à pêcher devant un paysage somptueux lorsque son meilleur et unique ami, le vieux chien Red, est abattu par des ados désabusés et cruels.

Avery se lance alors dans une quête jusqu’au-boutiste à la recherche d’excuses (aucune chance), de reconnaissance (même pas, que du contraire), puis finalement de vengeance (ça fait du bien).
Voilà l’histoire toute simple mais bien construite de Red.

Sur un plan technique, Tom Sizemore joue le rôle effrayant de déshumanité du père juriste, protecteur aveugle de sa progéniture ; il est complètement à côté de la plaque et son personnage est inquiétant, bien plus que celui de Brian Cox auquel on peut facilement s’identifier à mesure que l’indignation et l’injustice s’amplifient.
Présence à signaler également de Robert Englund et Amanda Plummer.
La musique et la photographie font bien leur travail, sans autre mention spéciale.

Au niveau du fond, la minutieuse évolution de l’histoire, l’escalade de la violence et le puissant réservoir émotionnel de certains des personnages font penser à Stephen King.

Devant la méchanceté gratuite, on reste songeur. Mais le film dépose à certains moments des mots précis sur les réflexions existentielles suscitées, et c’est peut-être un peu dommage de faire faire cette réflexion-même aux personnages, comme si on nous la pré-mâchait. Cependant, c’est peut-être en vue de faire réfléchir un certain public, et dans ce cas, c’est tout bon…

En résumé, un film peut-être un peu lent, mais prenant, fort, et émouvant.

A plus, les amis, vais me coucher

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