Festival Fantasia (Canada)

Chronique du FanTasia 13 juillet 2008

De notre correspondante à Montréal

Par Beatroce

Dimanche 13 juillet

17.30

HOME MOVIE

USA Christopher Denham

3/5

Très chouette petite surprise. Le film en entier est le contenu d’une série de mini-vidéos prises en famille (des home movies). Ça commence avec un souper d’anniversaire familial à l’américaine, salle à manger décorée, hamburgers maison, parents ravis de la surprise faite à leurs deux rejetons qui doivent avoir 10 ans au compteur ; tout va bien, sauf que les deux enfants tirent une tête jusque par terre.

S’ensuit une série de petits films tournés par les parents, qui sont de véritables obsédés de la caméra. Les films sont parfois brusquement interrompus lorsque les parents, qui choisissent souvent leurs enfants pour sujet de vidéo, tombent par exemple sur un animal tué par les petites mains enfantines… Une grenouille, un chat crucifié le jour de Noël… et ça n’arrête plus…

Le film véhicule certes des clichés (le père est pasteur, la mère est psy, veut-on dire que c’est leur faute si leurs enfants sont dysfonctionnels ?) mais il a le mérite d’aller… jusqu’au bout.
La fin vaut tout le film, qui comporte des longueurs mais vaut très certainement la peine d’être visionné, si vous en avez l’occasion.

19.40

AKANBO SHOJO

Japon, Hirotoshi Kobayashi

4/5

Voilà le film sur mesure pour le BIFFF. Je n’ai qu’un regret, ne pas avoir osé (dans une salle comble tout de même) applaudir en scandant « Tamami ! Tamami ! » du nom de l’immonde petite créature (un croisement entre le jumeau coupé de Basket Case 2 et un gremlin).

Yoko, une jolie adolescente de 15 ans, quitte son orphelinat pour rejoindre son nouveau Papa. Mais l’ambiance n’a pas l’air d’être au rendez-vous. D’abord, la maison de Papa est située dans des bois remplis de chiens sauvages ; le taxi refuse de les emmener, elle et son tuteur, jusqu’aux abords de la propriété qu’on dit hantée, et ils sont bons pour faire le reste du chemin à pied, dans l’obscurité et sous une pluie battante (et donc à la merci des chiens). Pendant que l’accompagnateur de Yoko part rencontrer le papa avec l’odieuse gouvernante, Yoko se met à explorer la maison à la recherche de la provenance de mystérieux pleurs de bébé. Mais dans la chambre envahie de poupées anciennes qu’elle finit par dénicher, qu’est cette petite chose qui lacère le bas de sa jupe en faisant des bruits répugnants ?

Il ne faut pas voir Akanbo Shojo pour la photographie, assez moyenne, ni pour la musique, maladroite et à la limite (voulue ?) du ridicule, ni pour le jeu d’acteurs, même s’ils réussissent à nous rendre les personnages sympathiques.

Après un début lent, classique et intriguant, le film se transforme à mi-parcours et devient de façon très surprenante un jubilatoire alignement de tueries aussi invraisemblables que gores. Les héros luttent envers et contre tout contre la vaillante petite chose nommée Tamami, même après avoir perdu un bras et des litres de sang (quel courage !).

En résumé, un film inégal qui offre un excellent moment de rigolade.

22.00

Trailer Park of Terror

USA, Steven Goldmann

Le réalisateur est présent dans la salle, et c’est un ancien de l’école de cinéma Concordia – c’est ainsi que j’apprends que Fantasia se déroule dans l’école-même de cinéma. Je suis assise par hasard à côté d’un des amis du réalisateur, qui vit à L.A. et vient de la même école Guy Concordia. On discute un peu, ça fait penser à l’ambiance détendue et accessible du BIFFF.

Le film a été inspiré par un Comic Book et comme dit avec humour le réalisateur, c’est aujourd’hui un rêve qui se réalise pour les créateurs : « 2 nerds getting a movie made ».

Trailer Park of Terror, c’est une émission de télé au sein-même du film qui porte le même nom. Le film commence à l’intérieur du Trailer Park (= camping de caravanes résidentielles aux USA), qui vaut le détour avec ses nains de jardin, ses flamants roses et sa galerie de rednecks tous plus splendides les uns que les autres. Une magnifique jeune femme en sous-vêtements s’habille et se prépare à retrouver son chevaleresque petit ami. Mais après à peine 5 minutes de film, le petit ami meurt doublement empalé, par la faute de minables jaloux.

Dégoûtée de la vie, la jeune fille quitte le Trailer Park. Sur sa route, elle rencontre une sorte de gigantesque cow-boy vêtu de noir, santiags, longs cheveux noirs et chapeau. Cet homme n’en est pas un mais qu’est-il ? peu importe ; il donne à notre amie une arme surpuissante et elle retourne direct au Park pour y descendre tout le monde comme dans un jeu vidéo, créant - après quelques scènes bien gore - un incendie généralisé qui relègue le Park aux oubliettes, et tout cela, en à peine 15 minutes de film.

Les années passent et des gens disparaissent mystérieusement aux alentours de cette zone pourtant désormais abandonnée. Après cette belle introduction, nous suivons pendant le reste du film la survie dans le Park d’un groupe de jeunes débauchés enrôlés de force dans un camp religieux.

Des ingrédients qui paraissent peut-être familiers mais qui permettent une nouvelle cuisine remarquablement efficace. Des procédés filmiques originaux (par exemple, on voit à un moment comme si la caméra était placée au-dessus des nuages sombres et entre ceux-ci ; ou à travers les gouttes de pluie). Des tueries magnifiques (arrachage de peau, humain bouilli, zombies recollés et agrafés) orchestrées par la magnifique guitare électrique d’un grand zombie musicien de hard rock (quelle bonne musique !).

Les méchants sont sympas, il y a beaucoup d’humour, l’action avance bien, les images sont belles, bref, un excellent film, à voir absolument. Que demander de plus ?

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