Festival Fantasia (Canada)

Chronique du FanTasia 11 juillet 2008

De notre correspondante à Montréal

Par Beatroce

Montréal, 11 juillet, 9.55

24 degrés, soleil

Quel glorieux matin que celui qui s’ouvre sur une projection de Midnight Meat Train !
Nous sommes au Cinéma du Parc, un petit ciné situé au sous-sol d’une galerie commerçante, genre cinéma de la rue des bouchers à Bruxelles.
Nous qui représentons la presse et les medias sommes super bien accueillis et recevons bouteilles d’eau et café. Et quel café ! il est biologique, équitable, et il coûte $30 le paquet. Pourquoi ? C’est du café David Lynch !!! Mon Dieu David, que nous fais-tu ? « C’est son branding ! » me dit-on, comme si ça justifiait automatiquement le prix hallucinant. J’essaie de savoir s’il l’a moulu lui-même, mais apparemment ce n’est pas le cas. Cette émergence breuvagière a coïncidé avec la sortie de Inland Empire, donc tout s’explique, puisque c’est à mon avis le seul film détestable d’un réalisateur que je continue cependant de vénérer. Mais reconnaissons une chose : il est très bon, ce café.
Ma tasse en main, je me faufile avec l’aide de mon écran de cellulaire super lumineux dans une salle totalement obscure et qui s’avèrera très grande (comparable à la grande salle du rez-de-chaussée de l’Arenberg galeries).

Nous sommes six, il est 10.00 pile.

Midnight Meat Train

Film américain de Ryuhei Kitamura

3/5

New York, la nuit, un wagon de métro - un ‘train’ comme on dit aux USA. Un homme au physique de rêve cinématographique (croisement entre un boucher et un Mafioso, costume aussi luxueux qu’impeccable et traits d’une dureté implacable) porte une belle sacoche noire qui semble bien lourde. Soudain, il se lève d’un bloc et abat une masse de métal sur la tête d’un pauvre voyageur. Le sang gicle, un œil sort de son orbite. Le film a commencé.

Scène suivante, on fait la connaissance d’un jeune couple insipide, Maya et Leon. La super petite amie Mannequin, Intelligente et Gentille décroche pour son copain complexé et mou un rendez-vous avec une artiste de renom interprétée par Brooke Shields, sorte de talent-scout pour les peintres et photographes new-yorkais. Mais Brooke n’aime pas les clichés de Leon. Il doit continuer de prendre ses photos après le moment où lui-même a jugé bon d’arrêter. Il ne faut pas photographier le sans-abri qui bascule sur le business man dans le métro, mais l’expression du business man au moment où le ‘filth’ (immondice) le touche. Il n’en faut pas plus pour pousser le jeune homme un peu plus loin dans son exploration de la vie, sur un schéma lynchien (encore lui) : on est beau et propre mais un jour on met un doigt où il ne faut pas et on ne s’en remettra jamais complètement… Il n’y a pas l’atmosphère mystérieuse et les personnages mythiques de Lynch, mais par contre, on va nettement plus loin en matière de violence et d’horreur. En fait, Leon ira jusqu’au bout de la route.

Armé de son petit appareil, il fouille le métro de nuit à la recherche de clichés intéressants et se lance peu à peu dans une passionnante traque : qui est cet homme en costume qui semble toujours prendre le dernier train de nuit mais travaille dans un centre de découpage et distribution de viande la journée ? L’enquête de Léon progresse, parallèlement à sa fascination pour la violence, et cette fois, ses clichés fonctionnent.

Justement dans ce film, la photographie est superbe. Chaque image est soignée, la lumière et les décors sont somptueux (le métro, les couloirs de l’hôtel où séjourne le boucher ainsi que sa suite, l’appartement du jeune couple, le café où ils semblent perpétuellement tous se retrouver) ; visuellement on se croirait dans un film d’Adrian Lyne et c’est extrêmement agréable. De magnifiques vues sur la viande, animale et humaine ; sa préparation, son découpage - enlèvement des ongles, des yeux ; quelques scènes de pulvérisations de crânes humains ; et un moment exquis d’automutilation que je ne suis pas prête d’oublier : MERCI !

La musique est diversifiée. Excellente, audacieuse, ajustée, elle magnifie les scènes sanglantes.

À noter la présence de Roger Bart, vu dans Hostel 2, Stepford Wives et Desperate Housewifes.

Pourtant, il y a deux gros bemols :

1) Il y a plusieurs moments longuets, entre autres ceux consacrés à l’évolution du couple. Bien sûr Maya a peur des sorties nocturnes de Leon et après lui avoir ordonné de s’améliorer photographiquement et de prendre des risques, elle exige qu’il revienne à ses habitudes anciennes ; bien sûr Leon se rebiffe et s’identifie au fascinant boucher à qui on ne la fait pas ; et ensuite ils se retrouvent pour affronter ensemble les méchants. Mais la fin sera originale.

2) C’est un beau film mais un peu classique dans son histoire ainsi que dans sa forme, malgré les scènes sanglantes. On sent la marque des films d’horreur holywoodiens récents, genre l’excellent remake de Massacre à la Tronçonneuse, qui a le défaut d’être un peu ‘propre’. Exemple pour MMT : les humains déchiquetés sont nus, mais leurs mains sont chaque fois réunies de façon bien commode devant les parties génitales. On est loin du nu frontal sur la gamine vampire de Let the Right One In - et je ne vous dis pas ce qu’on voit mais c’est surprenant, choquant, et certainement pas gratuit. Si l’image est censurée, je vous la décrirai !

A bientôt les amis, votre dévouée Béatroce vous retrouve très bientôt...

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