Critique de film

pub

La Chose

"The Thing"
affiche du film

Un chien de traîneau poursuivi par un hélicoptère norvégien se réfugie dans une base américaine de l'Antarctique. Le pilote et son passager tentent d'abattre l'animal, blessent un des membres de l'expédition avant d'être eux-mêmes abattus par le commandant de la base. MacReady, le pilote de l'hélicoptère et le docteur Copper partent enquêter dans le camp norvégien. Ils y découvrent un cadavre gelé et une créature répugnante qu'ils ramènent pour l'autopsier. Le chien de traîneau enfermé se transforme alors brusquement en un monstre abominable avant d'être brûlé au lance-flamme par MacReady. La folie, la peur et le doute s'installent graduellement au sein de l'équipe car ''la chose'' venue d'une autre planète est capable de prendre une apparence humaine et les membres de l'équipe disparaissent successivement.

pub


Trailer - La chose (1982)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

La chose - Huis-Clos glacial...
Par : Quentin Meignant
Tags : Extra-terrestres, Psychologique, Remake, Monstres

La Chose est le premier volet de ce que Carpenter (New-York 1997, Cigarette burns, Piégée à l’intérieur, Le village des Damnés, The Fog, Christine,...) appellera lui-même « la trilogie de l’Apocalypse ». Les deux autres opus de cette trilogie sont les glorieux Prince des Ténèbres et L’Antre de la Folie.

Ce premier épisode lance donc une série de 3 films d’une grande qualité réalisés par un maître incontesté et incontestable de l’horreur. Un film qui est en fait un hommage en forme de remake à Howard Hawks qui avait réalisé La Chose d’un autre monde en 1951. Nous pouvons avancer qu’Howard Hawks, de là où il est, a de quoi être fier de l’hommage que Carpenter lui a rendu car, dans l’histoire du cinéma, rarement un film de monstres a été aussi réussi.


Bien sûr, le film n’égale pas La Mouche de David Cronenberg mais se positionne dans le sillage de celui-ci. Tout n’est pas parfait comme par exemple, un scénario manquant de logique à certains moments (construire une soucoupe volante en souterrain avec quelques pièces d’hélico et de tracteur, il faut vraiment avoir de l’imagination !) ou encore certains acteurs (surtout Peter Maloney) plutôt limités. Ces petits points faibles ont empêché le film d’atteindre le panthéon et surtout les récompenses espérées.

Mais parlons des points positifs car après tout, ce n’est pas ce qui manque ! Comme à son habitude, Carpenter a misé énormément et à raison sur la musique. Pour ce faire, il a engagé le meilleur en la matière : Ennio Morricone, qui a réalisé la bagatelle de 483 musiques de film dont le légendaire Fantôme de l’Opéra de Dario Argento. La musique est donc bien entendu réussie à merveille mais hélas, sans pour autant égaler celle que l’on avait pu entendre dans la première version de The Fog ou encore dans Ghost of Mars, New-York 1997 ou le Prince des Ténèbres, qui sont elles des modèles du genre. Ici, la musique se fait un peu plus discrète, sans doute pour nous laisser apprécier l’adrénaline qui découle de l’oeuvre.

Car c’est bien d’adrénaline dont il est question ! Sans spécialement nous stresser, Carpenter arrive à nous emmener sur un rythme effréné sur les traces d’un monstre extraterrestre qui peut prendre l’apparence de n’importe qui une fois que ce n’importe qui a été digéré. Le film ne serait sans doute rien sans des effets spéciaux exceptionnels qui font de ce monstre le monstre le plus effrayant de son époque. Le plus hallucinant est que Rob Bottin (Il a notamment travaillé sur The Fog première version, Hurlements, Piranha, Maniac, Total Recall, Seven, Fight Club) n’ait même pas remporté un prix pour la création d’une bestiole aussi effrayante que peu ragoûtante. Tout ceci sans compter les explosions en chaîne qui sont d’une efficacité remarquable.

Et que dire alors de ce blizzard qui souffle non-stop : il faut quand même savoir que tout a été tourné en studios réfrigérés, ce qui tient d’une véritable prouesse technique pour l’époque. Tous ces efforts auraient sans doute mérité bien mieux que de simples nominations... La mise en scène de Carpenter est comme à son habitude haletante avec de beaux mouvements de caméras. Le lieu de l’action est sombre à souhait comme nous aimons que Carpenter le fasse. Les acteurs (hormis Peter Maloney et, dans une moindre mesure, Thomas G. Waites) remplissent leurs rôles, certes sans coup d’éclat mais avec tout le mérite inhérent aux conditions de tournage.

Bref, un très bon Carpenter et surtout un très bon film de monstres. En un mot comme en cent, un film à posséder absolument !


Critique de The Thing - Le Mal en nous
Par : Samuel Tubez

« Douze hommes en proie à la chose ». Adaptation de la nouvelle écrite par John Campbell « Who goes there » (« La bête d’un autre monde ») et remake de La chose d’un autre monde réalisé par Christian Niby et Howard Hawks, The Thing est le premier grand film de studio de John Carpenter. Produit pour le compte de la Universal, ce chef d’œuvre de l’angoisse a mobilisé à l’époque une belle équipe d’artistes absolument fantastiques : des acteurs (dont un Kurt Russell impeccable, tout comme le reste du casting, le chien y compris !) au maquilleur (Rob Bottin et ses créatures cauchemardesques) en passant par le directeur photo (Dean Cundey) ou encore le compositeur (il maestro Ennio Morricone), tous ont excellés dans leurs activités. Des hommes en proie à la vision d’un des maîtres de l’épouvante.

Antarctique. Deux scientifiques norvégiens, à la poursuite d’un chien de traîneau, déboulent sur une base américaine et sont abattus par les hommes du camp. Parmi ceux-ci, McReady et le Dr Copper découvrent peu après la base norvégienne désertée et presque anéantie, ainsi qu’un cadavre à peine humain. Or, la chose qui a détruit tous les membres de cette équipe se trouve déjà parmi eux, pouvant prendre l’apparence de quiconque, et infecter tout organisme.

Après avoir mis en scène avec brio l’imperceptible et l’indescriptible (le Mal à l’état brut dans Halloween, le siège invisible dans Assaut) en travaillant presque exclusivement sur le hors champ, Big John pointe tout droit sa caméra sur l’horrible entité extra-terrestre agissant dans The Thing. Cette aberration organique et morphologique n’a en effet nullement besoin de se tapir dans l’ombre ou de surgir d’un coin du cadre pour effrayer le spectateur, son aspect terrifiant tient sa force dans sa forme inclassable et inattendue. Le mal surgit de là où on ne l’attend pas. Chez Carpenter, le mal est perfide, il se déguise. Dans The Thing, il peut prendre l’apparence de quiconque et même du plus banal des compagnons (un chien…meilleur ami de l’homme ?) pour vous surprendre à revers et ne vous laisser aucune chance. Un des nombreux moments incroyables du film évoquant parfaitement cela est cette scène hyper tendue où MacReady, dynamite et lance-flamme en main, tient en joue Childs tandis que le docteur assisté de deux hommes tente de réanimer Norris, victime d’une crise cardiaque. Un homme saisit discrètement un scalpel et s’apprête à attaquer MacReady…que va-t-il se passer ? McReady va-t-il pouvoir tenir à distance les autres ? Clark va-t-il tuer MacReady ? Personne ne se doute que l’horreur viendra en fait de la table d’opération où Norris va se transformer lors d’un effet littéralement estomaquant. De la tension et des effets de ce genre, il y en a des tas dans ce film magistral, la séquence du test sanguin étant la plus souvent citée.

A l’intérieur, on croirait être en sécurité puisque dehors, le climat est hostile et le froid mortel (la neige, source de peur et d’inconnu, est ici impeccablement mise en scène comme un personnage à part entière). Mais « la chose » va venir troubler cet havre de paix et de sécurité. L’occasion est alors trop belle pour Carpenter qui va filmer de la plus belle des manières l’isolement et balader sa caméra dans les couloirs de la base lors de plans séquences maîtrisés et diablement inquiétants. L’artiste utilise et place sa caméra comme personne. Il parvient à se tirer de situations délicates et à découper son espace filmique, si exigu puisse-t-il être, avec une précision et une efficacité incroyable. Il faut voir à ce sujet la scène des poches de sang déchirées où dix personnages sont debout dans un lieu relativement petit, et où les enjeux et les soupçons sont multiples. Une vraie leçon de cinéma ! Et c’est comme ça du début à la fin. La fin, justement. Un film de Carpenter sans une fin ouverte, pessimiste et/ou désespérée n’est pas véritablement un Carpenter de haute volée. Et avec The Thing, il nous offre l’un de ses plus beaux final, comptant avec Prince des ténèbres et L’antre de la folie parmi les fins les plus sombres et démoniaques vues sur un écran. Normal, me direz-vous, ces trois films font partie intégrante de sa « trilogie de l’apocalypse » ! Et comment !

Angoissant, étrange, paranoïaque, effrayant, cauchemardesque, effarant,… The Thing est un chef d’œuvre du film d’épouvante qui surpasse son modèle d’origine et qui est même parvenu à devenir une référence en la matière, souvent copiée mais jamais égalée. Accessoirement, l’auteur de ces lignes considère ce film comme l’un des meilleurs de toute l’Histoire du Cinéma.


Oeuvres liées :

La chose d'un autre monde (1951)
Princes des ténèbres
L'antre de la folie (1995)


Commentaires sur le film

Le plus grand film d’horreur du XXème !

5 etoiles

Le vraie coup de génie du film tient probablement à une idée radicalement simple : faisant un remake, John Carpenter concentre tout son film sur la notion d’imitation. La chose a la faculté de tout imiter, et le film l’art de renvoyer à la mimesis, qui est l’art antique des différentes formes poétiques selon Aristote. Oui, John Carpenter est un génie, qui d’instinct, construit des films à plusieurs étages. Dans The Thing, Carpenter joue autant sur le registre de l’image cinématographique, que sur celui des ombres chinoises. C’est lui, le Monstre, le visionnaire, celui qui nous donne à voir notre monstruosité. The Thing, c’était déjà la fin de la guerre froide. La fin du pétrole aussi. Et après ? Il paraît que la banquise est en train de fondre, et que la Chine est une chose énorme, issue de la guerre froide.

12 juin 2011 à 11:06 | Par Plug

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Galerie photos

photo 17356 photo 17357 photo 17358 photo 17359 photo 17360 photo 17361 photo 17362 photo 17363
Voir la galerie complète

Récentes critiques

affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016
affiche du film
Small Town Killers
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage