Critique de film

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Carré Blanc

"Carré Blanc"
affiche du film

Dans un monde déshumanisé, Philippe et Marie, deux orphelins, grandissent ensemble. 20 ans plus tard, ils sont mariés. Philippe est un cadre froid et implacable. Marie assiste impuissante à ce qu’ils sont devenus l’un pour l’autre : des étrangers. Leur destin bascule lorsque Marie décide de braver le système pour préserver ce qu’il reste de leur amour. Jusqu’où iront-ils pour continuer d’exister à deux, seuls contre tous ?

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Trailer - Carré blanc (2010)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Carré blanc - Tout ça n’est qu’un jeu
Par : Damien Taymans

Une future employée potentielle, dans les starting-blocks, s’apprête à décrocher une vingtaine de téléphones alignés sur une table devant elle. Un seul appareil sonne, l’interlocuteur est à deux doigts de raccrocher. Un examinateur dont l’ombre est projetée sur le mur, veille au grain. La sonnerie est assourdissante, l’agitation de la femme irritante, la situation malsaine. "Tout ça n’est qu’un jeu" affirme plus tard le héros de Carré blanc, film d’anticipation dystopique qui dépeint une société déshumanisée en termes physiques (standardisation et normalisation en sont les principes fondateurs), psychologiques (la relation humaine s’efface au profit d’attitudes vidées de toute émotivité) et statistiques (un message monotone encourage les jeunes filles de quatorze ans à adopter l’insémination artificielle pour alimenter le genre humain, en voie de disparition). Le monde n’est que quadrature, la société une organisation pré-formatée, un lieu de perdition pour les émotions, un lieu d’aliénation où l’identité se doit de disparaître au bénéfice d’un standard communicationnel réduit au strict minimum. Le vigile du parking, enferré dans sa guérite, doit afficher un sourire d’une blancheur éclatante, pour camoufler la détresse qui le hante ; la postulante accepte les humiliations de son futur employeur sans coup férir : l’individu ne survit que dans l’abstinence émotionnelle, affichant un sourire de circonstance.

L’œuvre de Leonetti tutoie l’absurde existentialiste de Camus, en même temps qu’elle emprunte, au niveau du style, beaucoup à Schlesinger. Froid et clinique, inexorablement rectiligne, Carré Blanc impose le doute et le malaise, crée un manque en multipliant les niveaux de lecture et en accordant autant de poids à ses multiples symboles (le carré blanc lui-même contribue à mystifier l’ensemble) qu’au traitement narratif traditionnel. Le couple placé sur l’avant-scène tend ponctuellement à se fondre dans l’arrière-plan pour céder la place - et, du coup, ses dernières pointes d’humanité - au Désespoir qui suinte de chaque plan, sourd de chaque détail. Paradoxalement, dans ce monde à la dérive, ce Nowhere of life (il est impossible de localiser les lieux du récit), Marie et Philippe (les éblouissants Julie Gayet et Sami Bouajila) semblent reproduire à l’infini le même schéma (la disparition de la mère de Philippe est rejouée pour servir d’électrochoc) et inscrire la quadrature de leur existence dans un cycle infernal.

Au final, Carré blanc séduit par sa polysémie autant qu’il frustre par sa constante obstination à ne faire qu’effleurer la foule de thématiques qu’il brasse.


Critique de Carré blanc - Soleil blanc
Par : Samuel Tubez
Tags : Psychologique, BIFFF 2012

Dystopie convoquant à la fois les écrits de George Orwell (1984) et de H.G. Wells (La Guerre des mondes, La Machine à explorer le temps), Carré blanc propose un récit de science-fiction sociale aussi déstabilisant que singulier dans le paysage cinématographique français actuel.

Dans un monde déshumanisé, Philippe et Marie, deux orphelins, grandissent ensemble. Vingt ans plus tard, ils sont mariés. Philippe est un cadre froid et implacable. Marie assiste impuissante à ce qu’ils sont devenus l’un pour l’autre : des étrangers. Leur destin bascule lorsque Marie décide de braver le système pour préserver ce qu’il reste de leur amour. Jusqu’où iront-ils pour continuer d’exister à deux, seuls contre tous ?

Prolongeant son déconcertant court métrage Le Pays des ours, Jean-Baptiste Leonetti nous prouve qu’il est un réalisateur en dehors des normes qui ose un cinéma carrément « autre ». Ambitieux, épuré, expérimental, Carré blanc nous représente un futur peu engageant, à la fois proche et terriblement éloigné de notre société. Dans cette contre-utopie, les mécaniques du quotidien ont pris le dessus, la notion de personnalité est bafouée et les relations sont devenues brutales. Glacial autant qu’amoral, le film trouble par son anti-conformisme total : la narration décousue de fil blanc, les décors minimalistes et pourtant terriblement symboliques, le jeu monolithique des acteurs (Sami Bouajila y est à la fois impressionnant et terrifiant),… Carré blanc est une œuvre sans aucune concession, à tous points de vue.

Fable futuriste sur notre déshumanisation, Carré blanc est constamment déconcertant, parfois bancal, voire même à plusieurs reprises lassant. Mais l’on accroche toutefois à la proposition de Leonetti de nous servir un cinéma hors des sentiers battus, même s’il ne tient évidemment pas la comparaison avec ces autres films d’anticipation « fous » que sont Soleil vert, Brazil ou encore THX 1138.


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