Critique de film

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Cannibal ferox

"Cannibal ferox"
affiche du film

Des étudiants en anthropologie se rendent en Amazonie pour étudier les mœurs des tribus cannibales. Sur place, ils rencontrent Mike et Joe, deux américains trafiquants de diamants et de cocaïne, ayant réduit des indigènes à l'esclavage, A la suite du viol et du meurtre d'une jeune fille de la tribu, les cannibales se révoltent contre leurs tortionnaires. Ces derniers vont être soumis aux pire outrages.

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Trailer - Cannibal ferox (1981)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Cannibal ferox - Assez ferox, en effet...
Par : Damien Taymans

Un an après le succulent Cannibal holocaust de Ruggero Deodato, Umberto Lenzi, autre grand représentant italien du genre sort son film sur le sujet, profitant de la publicité que les censures ont faite de l’œuvre précédemment citée. Ainsi, Cannibal ferox traite également des mésaventures d’Américains débarqués au cœur de la jungle amazonienne.

Il faut avouer d’emblée que par rapport à son prédécesseur, Cannibal ferox fait pâle figure et ne se cantonne qu’à exposer des scènes gores certes bienvenues mais omniprésentes, ce qui nuit considérablement à l’ensemble du film. Le ton était donné dès le départ : un film interdit aux moins de 18 ans lors de sa sortie en France et complètement prohibé dans pas moins de 31 pays. Un avertissement prévient gentiment les personnes sensibles de s’abstenir de visionner le film en raison de la nature violente et choquante des images. Aussi Lenzi a-t-il superbement la leçon du succès de l’œuvre déodatienne et a-t-il agrémenté son film de scènes gores à souhait afin de susciter le même engouement de la part des médias et des critiques. La seule donnée (et pas la moindre) que le réalisateur a oubliée lorsqu’il a créé son métrage est que Cannibal holocaust, en outre de ses étalages gores, proposait une véritable révolution cinématographique de par la beauté des images proposées et leur traitement documentaire. Différence minime me direz-vous. Sauf que cette différence distingue l’art de la série B, le génie de l’ânonnement, l’homme de la bête, Deodato de Lenzi.

Loin de moi l’idée de détruire l’image d’un réalisateur qui a su s’emparer de tout un pan du cinéma de genre en Italie ou de critiquer gratuitement et ouvertement le talent indubitable de Lenzi. Mais il ne ressort de son œuvre qu’un déploiement sans égal de boucheries abominables qui ne sont prétexte qu’à attiser le feu des censures et à exciter les brassées de carnivores se pressant à l’entrée des cinémas. D’autant que de nombreux passages semblent avoir été « empruntés » à Deodato comme cette tortue coupée vivante ou ces tortures infâmes pratiquées sur hommes et femmes. Reste également qu’à côté de cette apologie de la violence, le réalisateur voudrait nous faire gober une conclusion très gentillette confortant la thèse que le cannibalisme n’existe pas…

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Un message ontologique est bel et bien présent dans la présente œuvre. On retrouve sans avoir besoin de gratter à se casser les ongles le mythe de l’homme sauvage construit de toutes pièces par l’Occidental primaire, citoyen lambda qui tremble devant l’inconnu en affirmant qu’il en veut foncièrement à sa fortune ou à son intégrité. Le discours deodatien trouve une continuité dans le film de Lenzi et on pourra se gausser (sans paraître pour des manichéens bas de gamme) de voir les méchants plus punis que les gentils. En ce sens, soulignons le travail parfait réalisé par l’alliance Lenzi-De Rossi pour la réalisation des scènes de tortures. Un déballage assez agréable qui compense tant bien que mal la légèreté scénaristique de l’œuvre. Nous avons droit à une émasculation, une torture de seins féminins, un scalpage assez sympathique, une tortue découpée vivante, un tapir dévoré cru par un serpent, j’en passe et des meilleurs : autant affirmer qu’on n’est pas en reste au niveau du débauchage des autochtones.

A vous de décider désormais si l’œuvre mérite le coup d’œil selon ce que vous recherchez… Si votre appétit sexuel et carnassier déborde, contemplez Cannibal ferox. Si votre amour de l’art vous inonde, détournez-vous et reprenez Cannibal holocaust.

Critique de Cannibal Ferox - Stéréotypes féroces...
Par : Quentin Meignant

Le cinéma bis italien est connu pour avoir de tout temps recyclé à volonté la plupart de ses œuvres iconiques. Ainsi, lorsque Ruggero Deodato choque le monde entier avec son fabuleux Cannibal Holocaust, interdit dans de nombreux pays, son œuvre provoque un véritable raz de marée cannibale dans la botte transapline. Artisans ou stars, tous se mettent en quête de l’œuvre ultime ou, tout au moins, d’un métrage qui surfera tant bien que mal sur la vague instaurée par le maître. C’est ainsi qu’un an après la sortie du film de Deodato, Umberto Lenzi se retrouve à la tête de Cannibal Ferox reprenant exactement la même trame que son prédécesseur. Ainsi, des étudiants en ethnologie se rendent en Amazonie pour prouver que le cannibalisme n’est pas un phénomène tribal. Sur place, ils rencontrent Mike et Joe, eux américains trafiquants de diamants et de cocaïne, ayant réduit des indigènes à l’esclavage, A la suite du viol et du meurtre d’une jeune fille de la tribu, les cannibales se révoltent contre leurs tortionnaires.

Si le thème même de ce film d’aventures incite à la méfiance, le copié-collé étant proche, Lenzi confirme cet état de fait dès les premières secondes. Soucieux d’être dans le vent, ce dernier propose en effet une bande originale disco particulièrement dérangeante, là où Deodato signait l’un des scores les plus marquants de sa décennie. Dès lors, les comparaisons entre les deux œuvres s’arrêtent là tant on est à mille lieues du spectacle offert un an plus tôt. Lenzi, lui, en tâcheron, consciencieux, se borne dès les premiers instants à compiler un maximum de stéréotypes du bis italien. Américains demeurés et américaines chaudes comme la braise n’hésitant pas à coucher avec de répugnants autochtones civilisés se succèdent lors de séquences d’une platitude extrême.

Après un laps de temps indéfinissable passé dans la civilisation, le réalisateur se décide enfin à filmer des indigènes caricaturés au possible, véritables sauvages à la limite de la débilité profonde. Maque de respect s’il en est, cette constatation montre à elles seules les limites du cinéaste. Deodato, par le biais des soi-disant sauvages, avait mis sur pieds une critiques de nos civilisations occidentales, tandis que Lenzi, sous le prétexte d’un spectacle plus fort, se permet des allusions à peine pensables quant à une pseudo-supériorité mentale de notre société. Se servant du viol d’une indigène comme élément déclencheur, sans souligner pour autant la gravité des faits, Lenzi place donc son œuvre sous le joug du spectacle irréfléchi. Malgré quelques séquences gores assez divertissantes, l’ensemble ne décolle dès lors jamais et insipide de bout en bout.

Compilation de préjugés et de stéréotypes alignés devant la grande cause du spectacle facile, Cannibal Ferox est un non sens cinématographique. Resuce pure et simple de Cannibal Holocaust, les tripes en moins, le métrage se vautre dans un gouffre abyssal de mauvais goût. Reste dès lors à se délecter de rares fois devant une hémoglobine discrète, c’est tout ce dont le film a à se vanter…

Commentaires sur le film

bis (repetita) power !

3 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Un décalque pur jus de Cannibal Holocaust en 10 fois plus bis. Un film sans doute objectivement médiocre mais savoureusement goûtu au second degré.

7 avril 2009 à 14:04 | Par hellrick

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