CYCLES

CYCLE "LET IT SNOW" - Jack Frost (1997)

20 janvier 2016 | Par : Damien Taymans

Un classique du cinéma d’épouvante ? C’est froid...
Un slasher dans la lignée des fleurons du genre ? C’est glacial...
Jack Frost n’est rien de tout ça. A peine un bon vieux nanar à consommer avec une kyrielle de potes devant un bon feu de bois. Car le contenu de ladite péloche, devenue culte pour une série de bissophiles déviants, a de quoi refroidir le plus caliente des amateurs d’horreur. Sorti un an à peine avant son homonyme qui voit Michael Keaton ressusciter sous les traits d’un bonhomme de neige, le film de Michael Cooney (scénariste en 2003 d’un slasher d’un tout autre style, Identity) s’appuie très vaguement sur le folklore anglo-saxon et expédie la légende lors de la séquence générique, le tout en voix-off avec vue sur sapin.

Passé cette introduction, le spectateur pénètre dans le cœur du sujet : Jack Frost est une gaudriole, assumée telle quelle comme l’illustre cet humour bas-du-front véhiculé de bout en bout de la pellicule. A Snomonton, dès qu’une blague salace est narrée par un citoyen, elle gangrène l’entièreté de la populace ("Quelle est la différence entre un bonhomme de neige et une bonne femme de neige ? Les boules de neige" - warf warf warf) qui s’alarme pourtant sitôt qu’un serial killer aux punchlines aptes à refroidir n’importe quel accro aux facéties de Toto sévit dans la bourgade. Mais pas n’importe quel tueur en série : Jack Frost est une crapule de la pire espèce, un assassin sanguinaire qui se joue de la police jusqu’à ce qu’un flicaillon ne lui mette la main dessus alors qu’il est en train d’uriner en pleine nature. Arrêté et condamné à mort, il parvient néanmoins à s’échapper lors de son transfert et reçoit, suite à un accident, une amibe qui le liquéfie et et transfère ses molécules dans ce qui se trouve à proximité... de la neige.

Devenu un bonhomme de neige capable de fondre et de se reformer à loisir, il se décide à continuer sa symphonie morbide et dégèle tout ce qui se trouve à sa portée avec, en ligne de mire, le condé qui l’a jadis fait tomber, le shérif Sam Tiler. S’enchaînent alors sous nos yeux ébahis des exécutions souvent glaciales à coups de pics gelés envoyés dans le gosier, de carottes létales et de décapitations. La mort la plus foutraque reste incontestablement celle de la mignonne Shannon Elizabeth (American Pie) qui voit l’eau de son bain se transformer lentement en neige jusqu’à ce que le glacial killer ne l’envoie au septième ciel via un viol mémorable puis au ciel tout court. Une séquence d’anthologie qui couronne une production aussi désargentée (les mouvements de l’animation sont tout sauf fluides et les effets spéciaux ne résident que dans un amas de créations en système D) que déjantée et qui offre en prime au spectateur son lot de moments cul-cul(tes)-la praline. Impossible que cette œuvrette vous laisse totalement froids...

Ajouter un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage