CYCLES

CYCLE LARRY COHEN - The Stuff (1985)

23 juin 2013 | Par : Samuel Tubez

A l’occasion de la rétrospective que lui offre le festival de Neuchâtel, Cinemafantastique se replonge avec délectation dans la carrière de Larry Cohen...

Sorti tardivement chez nous en VHS (1990), The Stuff est réalisé par Larry Cohen en 1985, après les thrillers L’impasse sanglante et Special effects. Le réalisateur y renoue avec l’épouvante et la science-fiction, en adoptant cette fois une bonne grosse dose de dérision.
DansThe Stuff, on suit l’enquête de David « Mo » Rutherford (ses amis l’appellent « Mo » parce qu’il aime beaucoup l’argent et n’hésite pas à s’en vanter à la moindre occasion) à propos d’un produit alimentaire s’apparentant au yaourt mais dont la recette demeure mystérieusement secrète. Le dessert, qui rencontre un succès incommensurable, semble en effet être doté de vie et prend littéralement possession de ses consommateurs, les rendant totalement accro jusqu’à en perdre la raison…et la vie. C’est que ce proche voisin du blob (son origine serait également extra-terrestre, mais on n’en saura pas davantage), a la caractéristique d’être cruellement délicieux et addictif ce qui, grâce à un marketing bien balancé, le propulse dans toutes les chaumières. A l’instar du Coca-Cola et de sa fameuse recette tenue secrète (le film y fait d’ailleurs allusion sans ambages), le stuff se retrouve dans tous les frigos et une fois qu’on y a goûté on ne peut plus s’en passer (« enough is never enough » scande le spot publicitaire).

Très clairement, Larry Cohen s’attaque à la société de consommation et à ces industriels prêts à nous vendre n’importe quelle merde ou substance douteuse (d’où le choix d’intituler son produit « stuff ») dans le seul but de s’en mettre plein les poches. Le message est piquant mais reste léger tout en ne se prenant jamais au sérieux, le ton étant avant tout à la caricature et au second degré. Famille typique américaine sortie d’une pub, militaires idiots, industriels véreux, publicitaires irresponsables et spots mettant en scène des top models en maillots dégustant le fameux dessert font partie d’un spectacle peu subtil mais tout à fait réjouissant. La satire de Cohen fait des merveilles au cœur d’un récit plutôt soutenu qui ne souffre que de quelques légers flottements. Plus gênant, les effets visuels ne se montrent pas à la hauteur des ambitions malgré les efforts dégoulinants d’Ed French (Sleepaway Camp, C.H.U.D.). Budget restreint oblige (moins de deux millions de dollars), ces petits défauts n’entachent néanmoins pas trop la ferveur de Cohen à placer une fois de plus un bon coup de pied dans la fourmilière, d’autant qu’il est ici aidé par l’un de ses acteurs fétiches Michael Moriarty (Q the winged serpent, A return to Salem’s lot) dans le rôle principal et du non moins marquant Paul Sorvino (Cruising, Les Affranchis) dans le rôle d’un militaire bourrin. The Stuff, une bonne petite friandise bis à déguster avec une certaine modération, donc.

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