CYCLES

CYCLE LARRY COHEN - Ma belle-mère est une sorcière (1989)

26 juin 2013 | Par : Damien Taymans

Durant deux décennies, Larry Cohen se taille une solide réputation de génie en emballant quelques low budgets fantastiques qui connaîtront une exploitation honorable sur le marché de la vidéo. Après avoir fait le tour de la condition monstrueuse (sa trilogie des monstres) et alarmé New York avec un dragon géant (Épouvante sur New York) et des meurtriers qui s’improvisent chevaliers de la volonté divine (Meurtres sous contrôle), Larry Cohen renoue avec la comédie, genre qui lui a permis de faire ses premiers pas dans l’industrie cinématographique avec Bone. La comédie fantastique, pour être plus précis puisque Ma Belle-mère est une sorcière met en scène une vieille ensorceleuse s’énamourant d’hommes veufs avant de les faire devenir excessivement riches et de les faire disparaître dans la foulée pour profiter du magot. Une veuve noire empreinte de magie noire.

Dans le rôle de la mégère, une Bette Davis squelettique, rongée par un cancer qui aura raison d’elle quelques mois plus tard. D’ailleurs, l’icône de l’âge d’or hollywoodien quittera le navire en cours de route pour des raisons de santé et artistiques, les changements scénaristiques qu’elle avait demandés n’étant pas rendus effectifs par Larry Cohen. Visiblement, le réalisateur croit à son produit et entend composer une comédie familiale apte à rameuter toutes les générations en salles. Mais ni la présence de Davis (Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?) au générique ni celle de son alter ego sexy, l’ex-James Bond girl de Jamais plus jamais Barbara Carrera (choisie sur le tard pour prendre la relève de la sorcière originelle) ne suffiront à sauver le métrage du naufrage le plus complet. L’articulation entre les deux parties du récit connaît de sérieux cahots quand les effets comiques (une pluie de gags visuels cocasses comme cette haie taillée à l’aveugle et de personnages niais, à l’image du privé gaffeur ou de l’inspecteur s’initiant à la sorcellerie) tombent irrémédiablement à plat, peu aidés par des effets de manche visuels ratés (voir la dernière séquence de la miniaturisation de la voiture).

Les onze dernières minutes de cinéma d’une Bette Davis décrépie et aigrie, mais sans aucun doute consciente que cet épitaphe n’était pas à la hauteur de sa brillante carrière. Une ornière dans le parcours de Larry Cohen qui reviendra à son genre de prédilection l’année suivante avec le thriller L’Ambulance. Un véhicule autrement rôdé pour faire oublier ce corbillard haletant...

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