CYCLES

CYCLE KAIJUS - King Kong vs Godzilla (1962)

14 juillet 2013 | Par : Gilles Penso

La sortie ce mois de Pacific Rim nous contraint à exhumer certains des canons du genre kaiju, ces films mettant en scène des monstres colossaux délestant leur violence en plein centre-ville...

A l’instar des joueurs de football, les grands monstres s’échangent parfois d’une équipe à l’autre. Ainsi la compagnie nippone Toho a-t-elle racheté à la RKO les droits du personnage de King Kong pour qu’il affronte son champion national Godzilla, plagiant au passage sans vergogne un projet non abouti de Willis O’Brien, créateur des effets spéciaux du King Kong de 1933. En 1962, au cœur de la guerre froide, un tel affrontement était riche en symbole, les scénaristes ne se souciant guère, par ailleurs, de la mort des deux monstres dans les films les ayant mis en vedette auparavant. Mais en tel contexte, la logique, on le sait, n’a pas vraiment cours. Assez paradoxalement, la créature la plus réussie du film n’est ni le gorille géant, ni le dinosaure radioactif, grotesquement interprétés par des comédiens dans des costumes plutôt ridicules, mais une superbe pieuvre géante, visqueuse à souhait, contre laquelle lutte Kong sur son île, dans une première partie exotique où les indigènes s’expriment en bon français (ou anglais ou japonais selon la version).

Découvert par les envoyés d’une compagnie pharmaceutique sur une île du Pacifique, Kong est drogué avec des baies au narcotique puis ramené en radeau au Japon. Evidemment, il ne tarde guère à s’échapper et à causer maintes destructions. Quant à Godzilla, brutalement réveillé par un sous-marin nucléaire, il surgit d’un iceberg en Arctique et se dirige lui aussi vers le Japon. Le dinosaure saccage un train et le gorille attaque un métro, hommages respectifs au King Kong et au Godzilla originaux. Les deux créatures géantes semblant indestructibles, les autorités décident de provoquer un affrontement entre eux. Le manque de crédibilité des monstres vedettes est un peu rattrapé par la beauté des maquettes et la qualité des trucages optiques. Kong est endormi, transporté dans les airs par des ballons, dans une séquence quasi-surréaliste, puis c’est le vrai combat, moins palpitant que prévu.

Car le pugilat s’apparente bien plus à un match de catch maladroit qu’à un véritable affrontement antédiluvien. Et comme tout le monde a gardé en mémoire le magnifique corps à corps entre Kong et l’allosaure dans le chef d’œuvre de 1933, la comparaison est ici fort douloureuse. Comme toujours, les Américains ont cru bon de rajouter des plans explicatifs avec des comédiens occidentaux, où un « scientifique », en parlant de Godzilla, explique avec le plus grand sérieux que « cette créature de la préhistoire est un dinosaure. Peut-être est-il un mélange du gigantesque Dinosaurus Rex et du Spigosaurus, qui était une espèce de reptile descendant du Plésiosauridé (!!) ». A l’ issue du combat, tous deux tombent du Mont Fuji dans l’océan. Anecdote amusante : dans la version originale du film, c’est Godzilla qui gagne le combat, mais dans le montage américain, on nous laisse plutôt croire à la victoire de Kong. Jusqu’où le patriotisme va-t-il se nicher ! Dans ce nouveau montage, la bande originale emprunte des extraits musicaux de L’Etrange Créature du Lac Noir.

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