Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Vert, j’espère ?
Dans l’immensité de la galaxie, un corps de garde de 3600 Green Lanterns veille au grain pour que la force de la peur ne gangrène aucune constellation. La seule menace, baptisée Parallax, a d’ailleurs été enterrée profondément sur une planète déserte pour assurer une paix intergalactique durable. Mais un concours de circonstances - le crash d’une navette - entraîne l’exhumation du Vilain (avec un grand V) Parallax contre lequel les tenanciers du pouvoir de la Volonté (avec un V presque aussi grand) vont devoir lutter afin de le renvoyer à la
vitesse grand V à ses occupations souterraines. Manque de bol pour notre planète bleue qui passait jusqu’alors inaperçue, l’un des Green Lantern s’écrase aux États-Unis (où d’autre ?) et son alliance émeraude sillonne tout le territoire à la recherche d’un successeur. Un être qui n’a jamais connu la peur. Chuck Norris étant overbooké niveau tournages et Davy Crockett porté disparu depuis trop longtemps, la satanée bague fixe son choix sur Hal Jordan (Ryan Reynolds, en ersatz bon chic bon genre inexpressif de Ben Affleck), un pilote émérite qui s’avère capable de crasher un avion de chasse à plusieurs millions de dollars en deux coups de cuillère à pot. Un chevalier sans peur, mais pas sans reproches donc.
Green lantern quitte alors ses aspirations extra-terrestre pour resservir une tambouille par trop connue des amateurs du genre super-héroïque : immersion d’un pauvre quidam dans les super-pouvoirs / montées de doute, d’appréhension et de surestime pour le pauvre bougre / apprivoisement de son omnipotence / combat singulier contre l’entité démoniaque invincible. Et l’accumulation de lieux communs dérive inévitablement sur le caractère de l’espèce humaine définie comme imprévisible, insaisissable, jeune et dangereuse à l’aune des simples caractérisations outrancières d’un savant-fou touché par l’énergie négative de la peur et l’adulescent Jordan dépeint comme un être sans peur qui fuit toutes les responsabilités (cherchez l’erreur). C’est là toute la sève de ce
nouveau super-héros qui aura dû attendre l’émergence de l’ultra-numérique pour voir ses aventures portées sur grand écran. Car, deux de ses camarades mis à part, le Green Lantern et la majorité de ses acolytes deviennent de jolis faire-valoir d’images de synthèse pas toujours du meilleur acabit.
Peu inventif (alors que les super-pouvoirs quémandent une puissante imagination) et trop traditionnel, Green Lantern ne bénéficie finalement que peu du savoir-faire de Martin Campbell, passé maître ès cinéma d’action (Le masque de Zorro, Goldeneye, Casino royale). Hormis une poignée de séquences menées pied au plancher qui finissent par s’évanouir elles-même dans le vertige qu’elles provoquent et des décors rendus à la perfection grâce à l’art du chef décorateur Grant Major, cette résurrection de l’un des fonds de placards de DC Comics tourne quelque peu à vide. L’abus de vert émeraude et les incessantes touches humoristiques souvent pataudes n’auront pu donner de l’éclat à ce super-héros tardif incapable de rendre vert de colère le très sombre Batman de Chris Nolan, mètre-étalon du super hero movie contemporain.
Côté bonus, si le DVD se montre plutôt radin (quelques passages de la série animée), le Blu-ray rattrape la donne en proposant une version étendue et une expédition totalement immersive dans l’univers des Green Lanterns, commentaires à la clef.
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