Cinemafantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Unlucky Explorers
Rattrapage en Blu-ray du peu marquant Sanctum 3D (2011), chapeauté par le grand manitou James Cameron (Terminator - opus 1 & 2, Titanic, Avatar), officiant ici en tant que producteur exécutif, et réalisé par le « newcomer » Alister Grierson (les courts-métrages Bomb et Behind the Plastic Bubble, le film de guerre Kokoda). Le film nous relate les mésaventures d’une expédition spéléologique s’attaquant à la découverte d’une grotte, territoire vierge recelant nombre de dangers. Les forces de la nature ne tarderont d’ailleurs pas à se déchaîner sur ces pauvres hères…
Come on ! Keep moving !
Sanctum peut compter sur la présence à l’écran de l’aguerri Richard Roxburgh (Moulin rouge !, Van Helsing, Fragile de Jaume Balagueró), aux côtés de Ioan Gruffudd (La chute du faucon noir, King Arthur, Les quatre fantastiques), du gendre idéal Rhys Wakefield (Broken Hill), à la coiffure entre Justin Bieber et un surfeur californien de spot publicitaire, de la “bombasse” dans la fleur de l’âge Alice Parkinson (X-Men Origins : Wolverine, Max et les maximonstres) et de Dan Wyllie (l’uppercut Romper Stomper, Holy Smoke de Jane Campion, le biopic hargneux Chopper).

D’emblée, le film se pare d’un parfum d’aventure à l’ancienne plutôt plaisant, mais qui masque mal la vacuité de personnages tellement "américains" (archétypes du genre, dialogues minimalistes à l’appui), cherchant l’aventure dans des contrées exotiques. Une introduction pittoresque, qui n’esquive nullement les écueils de la carte postale « world » façon Ushuaïa (Nicolas Hulot, si vous nous lisez…). Le spectateur, assommé par des explications scientifiques par bien trop scolaires et appliquées, sort de sa torpeur l’espace de quelques prises de vue sous-marines à la beauté fugace. Il en faut certainement plus pour accoucher de chefs-d’œuvre ; sans cela, John Stockwell (Blue Crush, Into the Blue) serait l’égal de Kubrick…
Qui plus est, Sanctum s’avère atrocement prévisible et ses personnages stéréotypés en diable, Josh (Rhys Wakefield) le premier, ultra crispant dans la peau de ce post-ado en crise, révolté contre son paternel (Frank, campé par un Richard Roxburgh en mode « tough guy »), éternel explorateur « brut de décoffrage », peu porté sur les convenances habituelles. Ces deux-là finiront évidemment par se réconcilier dans l’adversité… Sortez les violons !

D’autre part, la filiation avec le fabuleux Abyss (1989) de James Cameron se révèle flagrante : les deux œuvres jouent sur un même registre claustrophobique ; la caméra s’immisçant dans des passages souterrains plus étroits que le con d’une nonne, à la suite de plongeurs se faufilant dans des orifices inexplorés (NB : toute métaphore sexuelle émergeant de ces lignes serait purement fortuite). Mais ces films ne boxent définitivement pas dans la même catégorie…
That’s it ! You got it !
Malheureusement, là où Abyss acquérait une portée symbolique (presque « ésotérique ») du meilleur effet, redoublant le suspense et renforçant les relations inter-personnages (proprement mises à nu), Sanctum ne décolle jamais mais exhale une platitude à toute épreuve, s’apparentant à un encéphalogramme désespérément plat… Et le caractère convenu des situations n’arrange rien, le spectateur gardant jusqu’au-bout plusieurs longueurs (ou dirais-je « langueurs », pour ce qui nous occupe) d’avance…

Reste la beauté grandiose d’une poignée de décors et un Richard Roxburgh convaincant en homme d’action charismatique, ours mal léché et un tantinet asocial.
Sanctum 3D s’apparente donc à un showreel de luxe pour ce nouveau matériel de prises de vue 3D (encore perfectionné depuis Avatar). Tout bénéfice pour Cameron et son futur Battle Angel (annoncé pour 2016), adaptation attendue du manga culte Gunnm.
PS : Visionné en 2D, le Blu-ray de Sanctum (édité par Paradiso Films) propose les deux « versions » du film : Blu-ray standard (2D) et Blu-ray 3D active. En guise de bonus, l’éditeur nous offre le trailer et quelques scènes supprimées… maigre butin ! Le film est aussi disponible en DVD.