Critique de film

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Borgman

"Borgman"
affiche du film

Camiel Borgman surgit dans les rues tranquilles d’une banlieue cossue, pour sonner à la porte d’une famille bourgeoise. Qui est-il ? Un rêve, un démon, une allégorie, ou l’incarnation bien réelle de nos peurs ?

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Trailer - Borgman (2013)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Borgman - Toc toc toc ? Entrez !
Par : Roxane de Quirini
Tags : Comédie

Film dérangeant de la sélection officielle du Festival de Cannes, Borgman fait le même effet qu’un coup de poing en pleine face. Peu de personnes s’attendaient à être autant bouleversées par l’œuvre de Van Warmerdam. Un mélange de Theorem, de Funny Games et de The Invasion of the Body Snatchers, le tout assorti de dialogues qui tiennent plus que la route, Borgman a de quoi faire pâlir les films un peu barrés de ces dernières années.

Le spectateur se perd du début à la fin de l’œuvre, tombant dans les pièges que le réalisateur lui tend. On se sent dupé, trompé, dindon de la farce que Warmerdam nous a concocté. A cela s’ajoute une qualité d’image, de photographie, un sens de la mise en scène très abouti, des cadrages époustouflants et des acteurs hors pairs.
Pourtant, malgré tous ces ingrédients de l’ordre du génie, le public sort divisé de la salle. Certains n’apprécient pas d’être baladés durant tout le film sans avoir réellement d’explication sur chacune des actions. Lorsque l’on parle de film sans intention, d’autres se soulèvent argumentant que ce film a la meilleure des intentions : celle de ne pas les montrer. Pourtant, le réalisateur ne sort pas de nulle part et les initiés connaissent déjà un peu son cinéma. Adepte de l’ironie, de l’humour noir, Warmerdam avait déjà fait parler de lui avec Habitants (1992) et La Robe et les effets qu’elle produit sur les femmes qui la portent et les hommes qui la regardent (1996).
Avec Borgman, il embarque dans un voyage qui sans en suivre tous les codes, possède malgré tout un faux air de fantastique. Une première fois qui a charmé la majorité du public, surprise par le jusqu’au-boutisme dont fait preuve le réalisateur dans sa volonté de la perdre. Cette œuvre aurait cependant été bien pauvre sans la maîtrise de l’image qui parfois relève réellement du génie (notamment dans les scènes aquatiques), celle de la bande originale qui insère un quelque chose bien inquiétant et surtout sans la performance artistique des comédiens.

Au final, une œuvre réussie si on apprécie la vision que Warmerdam peut insérer dans le cinéma. Comme un voyage dans lequel vous embarquez sans savoir ni la destination ni le moyen de transport. Mais un voyage en définitive bien plaisant.


Critique de Borgman - Incubus
Par : Samuel Tubez

Remarqué pour ses longs métrages ironiques et décalés (Les habitants, Waiter !), l’hollandais Alex van Warmerdam est revenu cette année avec Borgman, objet filmique on ne peut plus étrange qui a fait office de véritable ovni au sein de la compétition du dernier Festival de Cannes.

Camiel Borgman surgit dans les rues tranquilles d’une banlieue cossue, pour sonner à la porte d’une famille bourgeoise. Alors qu’il est rejeté brutalement par Richard, le père de famille, Marina va accepter de lui procurer gîte et couvert à l’insu de son mari. Peu à peu, le nouveau locataire va avoir une emprise grandissante sur cette famille, en particulier sur Marina dont le désir pour cet inconnu deviendra obsédant. Est-il un rêve, un démon, une allégorie, ou bien l’incarnation bien réelle de nos peurs ?

L’introduction du film nous montre le personnage de Camiel fuyant son terrier tel un Bugs Bunny coursé par Elmer Fudd dans un de ces bons vieux cartoons. Dans cette échappée, il retrouve ses comparses et finit devant la porte d’une famille aisée qu’il envahira insidieusement, mettant un joli bordel au cœur de cette bourgeoisie en apparence bien proprette. Escroc, SDF, meurtrier, messie ou incarnation du mal en personne, Alex van Warmerdam brouille les cartes dans cette relecture folle et originale du Boudu sauvé des eaux de Jean Renoir. Son incube tout droit sorti du Cauchemar de Füssli est une allégorie des maux de notre époque, de nos peurs, nos faiblesses, nos habitudes qui ont la vie dure. Rien n’est laissé au hasard (la photo est superbe !) mais tout n’est pas expliqué (n’en déplaise aux cartésiens : tant mieux !). Entretenant magnifiquement le mystère et porté par un casting irrésistible (Jan Bijvoet en tête), Borgman vous fera rire tout en grattant là où c’est souvent le plus gênant. Un grand moment de cinéma « autre » !

Succulent de bout en bout, voilà un film qui étonne, ose, choque et enthousiasme au plus haut point. De par son humour noir parfaitement dosé et l’intelligence de ses métaphores, Borgman est bien plus qu’une simple curiosité : une véritable pépite que le jury du FEFFS à très justement récompensé d’un Méliès d’Argent en septembre dernier.


Commentaires sur le film

5 etoiles

Intriguant, dérangeant, il vous happe du début à la fin

26 octobre 2014 à 07:10

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