Critique de film

pub

Le Blob

"The Blob"
affiche du film

Une créature visqueuse tombée du ciel grandit à chaque humain qu'elle absorbe. Les scientifiques interviennent avec une étonnante rapidité, le soir-même. Loin d'être extra-terrestre, le blob est une nouvelle arme virale, qui a pris en orbite des propriétés inattendues...

pub


Trailer - Le Blob (1958)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Blob - Drive-in movie
Par : Damien Taymans
Tags : Extra-terrestres, Monstres

Steve et Jane prennent du bon temps sous le ciel étoilé, jouant à qui-mieux-mieux à vas-y que j’te bécote et que j’te pelote en déclamant des poésies apprises par cœur. Un événement vient bousculer leurs préliminaires tatillons : le plongeon d’une météorite sur Terre. Ladite météorite, d’origine extraterrestre, contient un amas visqueux rougeâtre peu amical qui se plaît à ingérer quiconque ose l’approcher. Un vieil homme en fait rapidement les frais. Courageux comme pas deux, Steve et Jane mènent l’enquête avec pour seul but de sauver leur petite ville du désastre…

Passé culte avec le poids du temps, Le blob version 58 demeure pourtant avec du recul une bizarrerie horrifique à la fois désopilante et étrange digne des meilleurs drive-in étatsuniens. Il faut dire que nombre d’arguments plaident largement en la faveur de cette aura d’amusement bisseux quasi nanardesque. Une masse gélatineuse, monstre improbable, qui envahit une petite communauté dont tout le monde se moque éperdument pour toute intrigue, des dialogues d’une légèreté indicible parsemés çà et là de quelques répliques savoureuses souvent involontaires, un cast aux inégales capacités, des décors en carton-pâte et des effets spéciaux antédiluviens (« Allez, encore un peu plus de confiture pour créer notre Blob, les gars ! »). Et, cerise sur le gâteau, la présence d’un Steve McQueen jeunot mais charismatique et charmeur comme porte-drapeau d’une jeunesse en plein désarroi qui se revendique via une culture rock n’roll sur le départ.

Car, outre ses aspects de bisserie horrifique écervelée, Le blob s’essaie tant bien que mal à la peinture sociale, confrontant nettement deux générations incapables de s’entendre. D’un côté, la jeunesse vagabonde des 50’s qui ne passe son temps qu’à écouter de la musique, rouler des mécaniques en voiture, faire des farces aux adultes en les humiliant et se rendre à la séance de minuit dans les cinoches du coin pour y peloter à l’aise la midinette louée à la journée que leurs beaux yeux et leurs cheveux gominés leur ont permis de conquérir. De l’autre, des adultes usés par les plaisanteries lourdingues de ces jeunots sans cervelle qui entament la ségrégation en accordant peu de crédits aux rigolards urbains (le sergent Jim Bert fraîchement tailladé dans une guerre anonyme se faisant le porte-parole de cet âge adulte désabusé). Un fossé creusé au centre du métrage tant l’intrigue utilise de faux-fuyants narratifs et de louvoiements scénaristiques pour repousser au mieux la prise de conscience de cette génération vieillissante presque gagatisante (le vieux qui ne sait quel casque enfiler, celui des bombardements ou des incendies, après avoir entendu l’alarme). Opposition timorée à peine entamée qui ne pouvait se clôturer que sur un sentimentalisme moralisateur lors d’un dénouement acadabrantesque durant lequel jeunes et vieux, expérimentés et imbéciles unissent leurs efforts pour venir à bout de la créature qui tente de ruiner leur train-train quotidien au sein duquel les zizanies et inimitiés sont devenues un rituel vital. Un sujet visiblement maîtrisé par le réal Irvin S. Yeaworth Jr. qui aborda déjà cette dimension dans son précédent The Flaming Teen-Age au titre évocateur. Yeasworth, persévérant dans la peinture sociologique en dépeignant, à l’instar d’Invasion of the Body Snatchers, la société maccarthiste des fifties, une société dominée par la paranoïa de l’ennemi rouge (tiens, tiens !) venu investir son espace pour tuer ses enfants et violer ses femmes, l’envahisseur communiste symbolisé par cette créature rougeâtre qui phagocyte chacun des citoyens américains croisés sur son chemin et qui ne cesse de s’accroître à l’image de la mourante URSS.

Le blob, malgré son apparence de divertissement mineur débilisant (le monstre à peine congelé se voit envoyé en Arctique sans que le gouvernement ou les militaires ne soient intervenus, fait plutôt rare en terre américaine...), n’en reste pas moins un classique des ciné-parcs qui charme par sa légèreté et la nunucherie de ses propos autant que par le pitch ovniesque qu’elle met en avant.


Oeuvres liées :

Le Blob (1988)


Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Galerie photos

photo 15951 photo 15952 photo 15953 photo 15954 photo 15955 photo 15956 photo 15957 photo 15958 photo 15959
Voir la galerie complète

Récentes critiques

affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016
affiche du film
Small Town Killers
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage