Critique de film

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Blackaria

"Blackaria"
affiche du film

Angela, une élégante jeune femme, passe ses nuits à fantasmer sur sa sensuelle voisine Anna Maria, une diseuse de bonne aventure au charme envoutant. Un soir, Angela retrouve son cadavre sauvagement mutilé. Sous le choc, elle brise accidentellement la boule de cristal de cette dernière. Un cristal qui a la réelle faculté de lire l'avenir. Mais saura-t-elle utiliser son nouveau don pour échapper à la mort violente qui lui est promise?

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Trailer - Blackaria (2010)
Par : Damien Taymans


Blackaria par lechatquifume

Les critiques à propos de ce film

Critique de Blackaria - La dame en rouge tua cinq fois
Par : Fred Pizzoferrato
Tags : Giallo

Fans de cinéma populaire (et des Misfits !), François Gaillard et Christophe Robin livrent avec Blackaria un bel hommage au giallo qui en respecte les codes tout en y apportant un point de vue plus moderne et personnel. Si le résultat n’est pas exempt de défauts, l’enthousiasme des deux cinéastes rend toutefois le produit fini des plus plaisants dans un morne paysage français dominé par la comédie bas de gamme et le pseudo intellectualisme « auteurisant ».

Une jeune femme, Angela, assiste au meurtre brutal d’Anna Maria, sa sensuelle voisine, une diseuse de bonne aventure bisexuelle aux soirées animées et volontiers délurées. Tentant de fuir, Angela brise accidentellement la boule de cristal de la voyante puis constate que les fragments de celle-ci lui permettent d’entrevoir le futur. Pourra t’elle échapper à l’assassin qui, dès lors, se lance à sa poursuite ?

Véritable œuvre de fan, Blackaria fut réalisé par des amateurs passionnés et bénévoles, le film ayant été financé sur fonds propres par François Gaillard lui-même. Difficile, dans ses conditions, de rivaliser avec les giallos de l’âge d’or nettement plus fortunés mais, pourtant, le résultat se révèle franchement satisfaisant, d’autant qu’il s’agissait, à l’origine, d’un court-métrage développé pour atteindre la durée réglementaire d’un long (certes de seulement 67 minutes).

Bien sûr, l’entreprise n’est pas exempte de scories comme une image parfois trop lisse qui manque du grain caractéristique des années ’70. Les cinéastes ont d’ailleurs compensés, en partie, ce problème en optant pour une photographie légèrement floutée qui accentue de manière bienvenue l’onirisme du récit. L’interprétation, pour sa part, manque parfois de conviction et certains acteurs déclament leurs répliques sans véritable implication. Une remarque surtout valable pour les comédiens masculins de second plan car les trois actrices principales, en plus d’être sacrément sexy, se révèlent, elles, nettement plus à l’aise devant la caméra. Toutefois, une fois encore, les cinéastes contournent habilement le problème en limitant les dialogues pour privilégier le visuel. Une initiative salutaire.


L’esthétique très travaillée renvoie, elle, aux plus belles œuvres d’Argento et de Bava et s’avère parfaitement réussie et efficace. Les couleurs chaudes rendent ainsi justice à cette mise en scène à la fois référentielle et inspirée qui, certes, ne rivalise pas encore pleinement avec Le corps et le fouet ou Les frissons de l’angoisse mais s’en rapproche néanmoins de belle manière. L’usage d’une autre technique incontournable des seventies, le split-screen, rappelle, de son côté, les débuts de Brian De Palma dans le thriller d’angoisse et montre les ambitions de François Gaillard et Christophe Robin.

Ces derniers ont, en outre, pris la peine d’écrire une véritable intrigue, certes assez simple mais cependant intéressante et originale (notamment dans l’utilisation des morceaux de la boule de cristal qui permettent de visualiser l’avenir) pour maintenir l’attention. Cet indéniable « plus », dont l’argument est puisé dans les bandes dessinées « pour adultes » des années ’70, rend l’ensemble plus digeste que le simple exercice de style, à la manière du très beau mais totalement vain Amer.

Le dynamique duo use, en outre, des ficelles de l’exploitation et développe un indéniable érotisme via ses jolies interprètes dévêtues tout en proposant une poignée de scènes gore adroitement réalisées aux effets de maquillages convaincants.

La musique, de son côté, constitue une totale réussite et mérite tout les éloges. Composée par le groupe Double Dragon, elle synthétise de superbe manière l’esprit seventies et les débuts de la pop synthétique (représentée, à l’époque, par les Goblins ou Moroder) revisité de façon plus actuelle avec des emprunts à l’électro et à la french touch. Cet excellent travail soutient magistralement ce Blackaria qui porte décidément bien son nom et culmine avec la chanson « Dragonfly », un véritable hit en puissance, immédiatement mémorable et entêtant.

En dépit de ses influences revendiquées de manière plus (le look de la tueuse est repris du classique La dame en rouge tua sept fois) ou moins (Argento, Fulci, DePalma) affichée, Blackaria constitue une très honnête tentative de giallo fantastique à la française. Un plaisant divertissement horrifico-sexy à découvrir pour les nostalgiques du cinéma populaire des années 70 que fait revivre, avec beaucoup de talent de passion, un duo de jeunes réalisateurs dont on suivra la carrière avec attention.


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