Critique de film

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Black christmas

"Black christmas"
affiche du film

Des étudiants basculent dans l'épouvante après avoir reçu un coup de fil leur annonçant une série de meurtres prévue pour les vacances de Noël...

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Trailer - Black christmas (1974)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Black Christmas - Noël aux tisons
Par : Damien Taymans
Tags : Slasher, Serial killer

Pension pour filles à l’approche de la Noël. Emoustillées, les donzelles qui cohabitent sous le même toit s’agitent dans tous les sens, fortement perturbées par leurs problèmes personnels autant que par les coups de fil incessants qu’un malade schizophrène passe sur le téléphone de la pension…

Quand il s’agit de dresser un historique fiable en matière de cinématographie, les spécialistes se toisent, les cinéphiles s’aboient dessus et les réalisateurs, préoccupés par une paternité qui ne leur appartient pas toujours, s’accusent l’un l’autre, antéposant pour les besoins de la cause la date de mise en chantier du scénario afin de donner l’ultime estocade prouvant l’immensité de leur génie avant-gardiste. Depuis quelques temps, pareille réflexion s’est développée à l’encontre de la genèse du sous-genre slasher que d’aucuns attribuent à Mario Bava et à sa Baie sanglante dont la trame giallique tend doucement à se rapprocher du serial killer conventionnel qui connaîtra une envolée majestueuse post-Halloween. Au centre des débats émerge un certain Black Christmas longtemps boudé par un public qui y voyait une relecture hasardeuse du classique de Carpenter. Sauf que cinq années séparent les deux métrages aux destinées diverses, le premier masqué par la réussite précédente de Bob Clark (Le mort-vivant), le second traversant les écrans des salles obscures pour se poser comme LA référence en la matière.

Faisant fi des ces débats inféconds, le spectateur ne retiendra de ce métrage que les multiples qualités (innovations ou non, peu importe) qui le parsèment de bout en bout. Fortement teinté de l’univers giallique (le tueur tapi dans l’ombre voire carrément invisible, les incessants jeux de lumière, les charabias incompréhensibles serinés au téléphone, les enquêteurs de fortune), Black christmas joue merveilleusement sur deux tableaux habituellement antagonistes que sont l’humour et l’angoisse. Sans cesse sur le fil entre des personnages à l’ouest (la gérante de la pension un tantinet alcolo, le flic naïf gobant les plaisanteries vachardes des plaignantes) et une atmosphère anxiogène effilée à l’extrême (le cadre frigide de la bâtisse victorienne aux décorations festives sans éclat), l’intrigue provoque autant de sourires que de frissons (mention spéciale notamment aux appels plurivocaux tendance schizo passés par le malade mental). En sus d’être extrêmement réaliste et de proposer un spectacle varié peu enclin aux redondantes successions meurtrières, l’œuvre régale par son casting irréprochable aux gueules bien connues du cinéma de genre (Olivia Psychose 4 Hussey, Margot Lois Kidder, John Freddy 3 Saxon et Keir 2001 Dullea) et l’absence de légitimations psychanalytiques aux motivations du tueur, écueil habituel gracieusement évité par le truchement des évocations absconses du pervers voilée d’une brume épaisse (Billy… Agnès … ?).

A la genèse d’un genre, cette perle oubliée rappelle incontestablement qu’en l’espace de quelques films, Bob Clark révolutionnait le monde du cinéma en explosant le cadre conventionnel du genre pour y imposer ses propres lois. Black Christmas est le parfait opposé de son remake : une œuvre simple mais fouillée aux mille et une idées jubilatoires traitées avec un sérieux sans faille.


Distribué par


Critique de Black christmas - Un sens particulier de la famille
Par : Chroniqueurs

Par The creeper

Au-delà de toute considération religieuse, Noël est devenue au fil du temps la fête emblématique de la célébration de la famille. Bien sûr, elle revêt un caractère particulier parce que l’on s’y offre des cadeaux mais plutôt que la simple matérialisation de rêves de gamins (les jouets listés au père Noël), ces offrandes sont l’occasion et une jolie manière de resserrer sinon de tisser des liens familiaux ou amicaux. La famille, les amis, un cercle intime que la période de noël est la plus propice à consacrer et renforcer. A cet égard, les films d’horreur prenant pour contexte les fêtes de fin d’année acquièrent un caractère transgressif voire de perversion. Et à ce petit jeu-là, le film de Bob Clark, Black Christmas (1974) se montre le plus efficace et surtout le plus dérangeant dans sa manière d’ébranler ces valeurs fondatrices et sécurisantes. Surtout connu pour son cultissime Porky’s (1982), sorte de délire pré-American Pie et avant de tomber dans le discount filmique (Karaté Dog, oui, oui ça existe !), Bob Clark aura œuvré dans le genre que nous adorons et livré Le Mort-Vivant (1974), histoire d’un soldat mort au Vietnam revenant au pays se venger de ceux qui l’entourent. Et ce Black Christmas, véritable pépite quasi oubliée et qui aura pourtant inspirée nombre de réalisateurs.

Le film met en scène une communauté estudiantine de jeunes filles passant Noël loin de leur famille dans une immense demeure située au Canada. L’ambiance est à la fête pour des demoiselles ayant reconstitué un semblant de cocon familial autour du sapin de Noël et de la figure matriarcale représentée par la propriétaire de la maison. Une harmonie de façade que des personnages masculins vont s’ingénier à perturber.

Oui, en s’inspirant des gialli de Bava ou du Psychose d’Hitchcock, Black Christmas pose les bases d’un genre, le slasher, que Vendredi 13 et consorts épuiseront jusqu’à les rendre inopérantes (et c’est pas le remake à venir de Vendredi 13 justement qui changera la donne !). Et si Halloween de Carpenter s’est clairement inspiré de ce film séminal, il ne lui doit pas tout. Big John envisageant The Shape comme l’incarnation du mal absolu s’abattant sur une ville entière (Haddonfield), élargissant le champ d’action de la menace et lui donnant une dimension mythologique. Bob Clark lui circonscrit son action à la maison, lieu d’une intimité partagée par les pensionnaires et qui sera « violée » par l’ensemble des personnages masculins et pas seulement le maniaque. Ainsi le père de la première disparue fera office d’élément perturbateur, mettant à jour une sexualité libérée et partagée par toutes (les posters dans la chambre de sa fille étant plus qu’explicites), le perso de Margot Kidder est une délurée qui n’hésite pas à chauffer un policier chargé de prendre leur déposition, mais aussi le petit ami d’une autre qui voudra garder l’enfant à naître quand cette dernière ne pense qu’à avorter. Bien évidemment, c’est le tueur se cachant dans leur propre maison qui cristallisera les dangers d’une bienséance à outrance dont les filles tentent de s’isoler, les meurtres perpétrés lui permettant de reconstituer une famille pour lui parfaite, soit intemporelle car figée dans la mort. Une constitution macabre qui prend une tournure des plus perturbantes dès lors que Billy (c’est ainsi qu’il se dénomine) passe des coups de téléphone depuis la maison même et où l’enchevêtrement des voix prises forme une caisse de résonance sur la folie à venir. La menace est déjà présente et elles n’en ont pas conscience. Une idée que Fred Walton reprendra en 1979 pour son Terreur sur la Ligne.

A l’image de nombre de productions des florissantes seventies, Black Christmas génère la peur non pas par des effets démonstratifs mais bien en utilisant la toute puissance du hors-champ et en faisant de son récit un lent et inexorable retour du refoulé. Plus fort, le film instille un malaise qui ira crescendo par le truchement d’une réalisation maîtrisée. Bob Clark va d’emblée mettre en jeu des procédés filmiques attachés à la personne de Billy qu’il reproduira par la suite mais en les appliquant cette fois-ci aux apparitions des autres personnages masculins. Une façon plutôt fine et claire de désigner la réelle menace pesant sur une féminité qui a encore du mal, en 1974, à s’exprimer et se libérer. Ce malaise, cette peur indicible, Clark la créée dès le premier plan en nous montrant la bâtisse d’un point de vue extérieur. Rien d’anormal dans ce plan large et fixe jusqu’à ce que la caméra « prenne vie ». En effet, elle se déplace vers la maison et l’on entend une respiration. Nous sommes en vue subjective, qui plus est à la place du maniaque puisqu’au lieu d’emprunter la porte, nous pénétrons de force par le grenier. En une première séquence, le réalisateur vient de nous identifier avec l’auteur d’un viol métaphorique. Autrement dit, du grand art.

Une première séquence qui, l’air de rien, va nous renseigner sur la nature intangible du danger. Bénéficiant d’un hors-champ protecteur, par la suite nous ne verrons du tueur que les mains, les pieds, une forme indéfinie et un œil. De sorte que les attaques seront toujours imprévisibles. D’autant plus que l’absence de toute musique d’accompagnement rend hermétique les spectateurs à tout conditionnement facile et réducteur. Les meurtres sont violents, rapides et les sévices toujours suggérés puisque se déroulant hors de notre vue ce qui en renforcera l’impact. On louera le jusqu’au-boutisme de Clark qui ne nous dévoilera jamais l’origine du mal, ses motivations profondes ou ne serait ce que son visage, transformant ce tueur invisible en véritable « esprit de noël ». En laissant sciemment le tueur dans l’ombre, il renforce l’abstraction d’un récit qui s’attache à mettre à l’épreuve les fondements de la communauté.

Bien plus que le « père » des slashers, Black Christmas doit être considéré comme un petit bijou de suspense et de terreur dont le rythme est constamment subordonné à la volonté du tueur.

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